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Vigile pascale- Luc 24,1-12

SAINTE NUIT DE PAQUES � C 2010.

Luc 24, 1�12.

Tout a commencé avec la foi des femmes. Peut�être parce que la foi des femmes a ceci de particulier qu’elles laissent le cœur l’emporter sur la raison... La femme sait, de nature si j’ose dire, que la vie ne se confond pas avec le `faire’, elle sait que l’être est au�delà et que tout n’est pas achevé quand bien même on ne peut plus rien faire !
La femme est, par nature encore, du côté de l’enfantement ! Cette Nuit, les femmes enfantent. Elles laissent là tout ce qu’elles avaient apporté pour vénérer un mort. Elles repartent en courant annoncer aux disciples une parole nouvelle et inouïe : la résurrection du Vivant !

Elles sont trois : on ne pourra pas dire quelles ont eu des visions ! Malgré leur peine, elles ne manquent pas de réalisme : `Qui nous roulera la pierre ?’ (Marc 16, 3) Mais tout cela est sans importance : elles sont attendues par deux messagers vêtus de lumière. Ce sont eux qui feront la première profession de foi pascale : `Pourquoi cherchez�vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité...’

Le tombeau est vide et la recherche du corps de Jésus est maintenant sans objet : il y a mieux à faire que de se retourner avec nostalgie vers un passé révolu. Mieux vaut constater que les prédictions de Jésus sont maintenant réalisées et repartir auprès des Onze et des frères pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de Pâques. Les apôtres eux�mêmes ne les croient pas : `Ces propos leur semblèrent délirants’, leur souffrance était trop lourde à porter. Et Pierre lui�même, venu cependant constater que le tombeau est vide, s’en retourne chez lui `tout étonné...’ (Luc 24, 12) sans plus !

La première annonce pascale ne se fait pas en fanfare, mais dans le calme et la discrétion de l’aube ; ainsi bien souvent, lorsque naît la foi chrétienne, elle est d’abord une petite flamme fragile qu’il faut préserver soigneusement avant qu’elle ne se fortifie et puisse résister au souffle des vents impétueux. Ainsi la foi des nouveaux baptisés de cette nuit de Pâques.

La scène du tombeau vide nous rappelle que la foi se vit toujours dans la pénombre, qu’elle est une confiance qui doit sans cesse se renouveler, qu’elle n’est jamais de V ordre de l’évidence ou de la preuve, qu’elle est tout autant une affaire de cœur que d’intelligence.

Les femmes cherchent sa tombe comme les hommes cherchent une réponse aux questions qui leur serrent le cœur
Pourquoi la mort ? Pourquoi l’homme ? La vie, que l’on rêve si belle, est questionnée par la mort. Quel est le sens de la vie s’il faut mourir ? Quel est le sens de l’amour s’il meurt un jour... La question demeure sans réponse.
Ce n’est pas parce qu’on a la foi qu’on ne s’interroge pas ! La foi, c’est le doute qu’on assassine quotidiennement.
Sœurs et Frères, comme le cierge de Pâques dans la nuit et la lumière que les baptisés reçoivent pour leur marche à la rencontre du Seigneur qui va venir, la foi est cette petite lumière qui nous permet de nous orienter et de traverser la cité des hommes jusqu’à (ultime Rencontre avec `Celui qui ne connaît pas de couchant !’ (Exultet)

Frère Michel

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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