Accueil > Prier avec nous > Homelies > Solennité de St Joseph

 

Solennité de St Joseph

Solennité de Saint Joseph

Ben Sira 15, 15-20 Mt 1, 16…25

Durant sa vie de garçon, Joseph, comme tout bon juif, a envisagé de fonder une fa-mille. Il pensait avoir trouvé sa future épouse en la personne de Marie, une jeune fille très bien de Nazareth. Le projet ayant pris tournure, les fiançailles ont été célébrées. Et voilà que Joseph se rend compte que Marie est enceinte. Le ciel lui tombait sur la tête ! Comment sortir d’une situation pareille ? Il envisageait de la répudier secrètement quand l’ange du Seigneur le rassura. Marie ne l’avait pas trompé. Elle était enceinte de l’Esprit Saint et lui, Joseph, devenu prématurément chef de famille, était choisi pour assurer la sécurité de son épouse et l’éducation de l’enfant.
Avec une telle garantie venue directement du ciel, Joseph pouvait partir confiant dans la vie… et penser que tout désormais se passerait sans problème.
Partir confiant dans la vie, certainement ! Ne pas avoir de problèmes, il se trompait.

Alors que le temps de la naissance approche, un édit signé à Rome oblige chaque citoyen de l’Empire à s’inscrire dans le lieu de sa naissance. Cela fit bien du monde sur les routes et dans les lieux d’accueil. Joseph partit pour Bethléem avec son épouse.
Arrivés sur place, la naissance devient imminente et tous les lieux d’accueil sont
saturés. Après avoir frappé inutilement aux portes de Bethléem, il échoue dans une grotte. Finalement la naissance s’est bien passée. Opportunément, des bergers sont venus … et repartis ! Et le jeune couple se retrouve seul avec le bébé.
*
Comme tous les ans, au mois de mars, nous sommes invités à regarder dans cette chapelle une icône de St Joseph. C’est la reproduction agrandie d’un détail d’une représentation de la Nativité.
Joseph est assis, les jambes semi-allongées, les pieds bien posés sur le sol. Visiblement, il est fatigué. Son visage est soucieux ; des rides barrent son front : « Et main-tenant qu’est-ce qu’on fait ? » De sa main droite, il tend l’oreille comme pour guetter une réponse du ciel. De sa main gauche, il tient son bâton prêt à partir. Pour aller où ?
Joseph est un juif pieux. A la synagogue. Il écoute régulièrement la Parole de Dieu et chante les psaumes. Mieux que nous sans doute, il en connaît quelques-uns par cœur.
*
Une question a été posée aux résidents de cette Maison de Retraite : Dans la situation où il se trouve, quels sont les versets de psaumes qui ont pu venir à l’esprit de Joseph ? Un choix a été proposé et trois versets ont été retenus. Ils encadrent l’icône.
* (Ps 142, 1). « Seigneur, entends ma prière ; dans ta justice écoute mes appels, dans ta fidélité réponds-moi. » Joseph a besoin de secours.
* (Ps 130, 8). « Le Seigneur te gardera au départ et au retour, maintenant et à jamais ». Visiblement, il y a eu comme des ratés dans le déroulement des événements.
*(Ps 118, 33). « Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder j’aurai ma récompense. » La foi de Joseph n’est pas ébranlée.

J’ai retenu ce dernier verset qui exprime la foi de Joseph. Un bébé couché dans une mangeoire d’occasion ! Ce n’est pas possible que Dieu se désintéresse de cette situation. Il se trouve, que dans la liturgie de l’Eglise, ce verset accompagne un texte de Ben Sira (6ème Dim. TO –A).

Ce Ben Sira était maître de Sagesse à Jérusalem. Entre 200 et 175 avant J.C., il ras-sembla l’essentiel de son enseignement dans un livre écrit en hébreu. Cinquante ans plus tard, à Alexandrie en Egypte, son petit fils traduit en grec le livre du grand-père. Pourquoi ?

Il veut faire connaître la Loi de Moïse aux jeunes générations juives résidant en Egypte. Imprégnées de culture grecque, elles sont séduites par les idoles. Connaître la Loi leur permettrait de faire le bon choix sur le marché de toutes les idées qui circulent. Ben Sira affirme clairement la liberté de l’homme et sa responsabilité : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. »

Rester fidèle, Joseph le voulait. Mais nous, sommes-nous en capacité de vouloir ?
* Qui peut dire qu’il n’est pas influencé par le matraquage de tout ce qui est raconté par les canaux d’informations les plus divers ?
* C’est du temps perdu d’essayer de trouver un compromis entre le bien et le mal. Les plus clairvoyants essaient de discerner ce qui est bien dans le marché des propositions d’où qu’elles viennent.
* Il y a des situations où ce qu’il faut faire est clairement repérable. Il y en a d’autres où le flou brouille toutes les pistes. L’homme est alors démuni et pourtant, il y a une issue. Joseph était dans cette situation.

L’année jubilaire que nous traversons nous invite à découvrir la Miséricorde de Dieu. Les soucis de St Joseph et la réflexion de Ben Sira nous invitent à préciser notre regard sur la Miséricorde. Dieu n’écarte pas de notre chemin les ennuis pour nous rendre la vie facile. Sa Miséricorde dialogue avec notre liberté : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. »
Quelles que soient nos difficultés, Dieu continue de nous accompagner, de nous relever. Le choix nous appartient.
Joseph, embarqué dans des situations sans issue n’a pas démissionné de sa responsabilité. Après bien d’autres aventures (la fuite en Egypte !) il a pu rejoindre Nazareth et reprendre son activité de charpentier.
Que la Parole de Dieu nous habite ! « Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder j’aurai ma récompense ? (Ps 118, 33). Que St Joseph nous accompagne dans les méandres de notre vie !
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>