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Sainte Marie , Mère de Dieu

« Galates » 4:1-7 (Jérusalem)

1Or je dis : aussi longtemps qu’il est un enfant, l’héritier, quoique propriétaire de tous les biens, ne diffère en rien d’un esclave.
2 Il est sous le régime des tuteurs et des intendants jusqu’à la date fixée par son père.
3 Nous aussi, durant notre enfance, nous étions asservis aux éléments du monde.
4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi,
5 afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale.
6 Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père !
7 Aussi n’es-tu plus esclave mais fils ; fils, et donc héritier de par Dieu.

A propos de cette lecture.

Lorsque les temps furent accomplis, lorsque vint la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la Loi, pour que nous recevions l’adoption filiale.
Nous avons trop souvent une conception du temps comme un perpétuel recommencement : les saisons se suivent et les années recommencent. Il nous semble que pratiquement rien ne change dans nos vies ou, que si peu de choses bougent.
De ce fait, elles risquent de perdre beaucoup de leur saveur, contenue d’une manière cachée. Une telle image du temps, semblable à un perpétuel recommencement, risque de nous rendre la vie ennuyeuse et ne jamais nous permettre de nous sortir des moments difficiles. Une conséquence de la vie cyclique qui recommence sans cesse, caricaturée par le « métro-boulot-dodo », c’est de tourner en rond sans aucune perspective d’avenir consistant.

Paul nous dit ici : au contraire la vie va vers un continuel accomplissement, on n’est jamais arrivé au bout, il y a toujours ‘un plus loin’ car elle va vers la réalisation finale du projet de Dieu. Celui-ci se réalise par étapes. Nous venons d’en vivre une très importante en célébrant le Mystère de L’Incarnation. Après bien des essais de dialogue avec l’humanité, voilà l’irruption de Dieu dans l’histoire des hommes, l’incarnation de Dieu, la venue du Christ dans notre chair pour rejoindre l’humanité, la révéler à elle même et la relancer sur le chemin d’éternité. Si Dieu envoie son Fils c’est justement pour sortir l’humanité de ce lassant recommencement : « afin de délivrer, de racheter les sujets de la Loi… », les rendre enfin libres de la liberté des enfants de Dieu.

C’est son Fils que Dieu envoie ; Jésus, formé par la Loi, c’est-à-dire dans le peuple et par la religion de l’Ancien Testament. Cette Loi, tout à fait positive dont le temps était écoulé, nous devions être rachetés de son joug pour recevoir la plénitude de la vérité divine.
Vrai homme, Jésus peut sauver, et apprendre aux hommes non seulement comment vivre la relation à Dieu mais aussi comment être ce que nous sont réellement, « tu n’es plus esclave mais fils » v.7. Nous sommes entres dans une relation toute nouvelle avec Dieu : d’esclaves craignant, peureux nous devenons des fils de Dieu à la suite de Jésus. C’est dans ce dessein, pour vivre ce nouvel état qu’il envoie dans nos cœurs l’Esprit. C’est l’Esprit de ce Fils qui nous est donné, qui est mis dans nos cœurs pour que nous puissions à la suite du Fils et à son image vivre notre relation avec Dieu, une relation filiale grâce à l’Esprit qui nous fait sans cesse crier « Abba, Père ». Maintenant nous devenons capables de nous tenir devant Dieu, en vis à vis comme des fils et audace suprême : de lui dire « Abba » c’est pour le prouver Dieu nous a donné l’Esprit.
Telle est notre condition d’homme et aussi notre grandeur de fils de Dieu par la liberté que nous acquiert Jésus Christ, réalisée par son Esprit.
Telle est la lumière qui nous illumine pour cette année qui s’ouvre : nous sommes des fils et filles de Dieu, illuminés par l’Esprit du Christ.
Pour montrer comment nous sommes fils, Dieu a d’abord engendré son Fils unique qui sera le premier-né, à l’image duquel nous sommes tous engendrés.
Telle est la nouvelle relation que Christ vient instaurer dans un bouleversement total.
Nous devons voir là une disposition fondamentale du plan de salut qui a été au centre des réflexions sur le Christ dans les premiers siècles de l’Église : Dieu nous sauve en se faisant l’un de nous. Puisque le salut n’est pas autre chose que passer en Dieu, nous ne sommes sauvés que si Dieu vient nous rejoindre et entre dans notre existence réelle.
C’est la même chose pour l’Église. Elle n’est pas là pour “donner quelque chose” ou “s’intéresser” à telle ou telle catégorie de personnes. L’Église ne peut transformer un groupe humain en lui révélant Dieu, que si elle accepte de partager les conditions de vie et de porter la croix de ce groupe humain. Tant que ce choix n’a pas été fait, ne parlons pas de nouvelle évangélisation : les bureaux et les imprimés ne sauraient remplacer l’Esprit de Jésus, qui ne tombe pas d’en haut mais se lève de l’intérieur, de notre vie nouvelle.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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