Phil 4,6-9

2ième lecture : Philippiens 4/6-9

Suggestion : en lien avec les deux autres lectures
lire Romains 11/1-6

6 Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute occasion, par la prière et la supplication accompagnées d’action de grâce, faites connaître vos demandes à Dieu. 7 Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ. 8 Au reste, frères, tout ce qu’il y a de vrai, tout ce qui est noble, juste, pur, digne d’être aimé, d’être honoré, ce qui s’appelle vertu, ce qui mérite l’éloge, tout cela, portez-le à votre actif. 9 Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi, observé en moi, tout cela, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

A propos de cette lecture :

La thèse traditionnelle veut que Paul ait écrit cette lettre aux Philippiens quand il avait les cheveux blancs. Or, la vieillesse, est très souvent le moment de la vie où l’on retrouve l’essentiel, où l’accessoire se décante.
Paul a connu une vie difficile où il a connu beaucoup de souffrances tant physiques que morales, cependant il écrit : « ne soyez inquiets de rien. » L’on reconnaît ici l’un des messages essentiels du Christ. Il nous faut exorciser l’angoisse. Même si l’inquiétude est inscrite dans notre nature, il reste vrai que la foi en Christ ressuscité est une arme efficace contre l’angoisse.
Le Christ est toujours proche de ceux qui le cherchent, de ceux qui l’appellent, de ceux qui le prient. Vivre dans la foi, c’est conserver la sérénité. Autre chose est de subir les événements parce qu’il n’y pas d’autre solution, autre chose de les assumer dans la liberté de l’amour vécu. Ne pas se faire de soucis n’est pas une invitation à l’insouciance mais à ne pas sombrer dans la hantise du lendemain, c’est une invitation à se libérer des soucis qui risquent d’entraver la liberté du disciple.
Cette exhortation trouve son illustration dans la parabole des oiseaux du ciel et de lys des champs. (Mt 6,25-34). Une telle sérénité est le fruit de l’abandon à la providence qui va bien au-delà de nos prévisions.
R. Guelluy disait : « Le choix fondamental auquel chaque chrétien est invité est celui-ci : vouloir nous réaliser par nous-mêmes et arriver à être contents de nous, ou faire confiance à Dieu en étant contents de lui quelles que soient nos limites. Faire confiance envers et contre tout à l’affection divine, et notamment dans nos épreuves et nos fautes, c’est faire dans le présent, œuvre d’éternité. C’est cheminer dans la paix vers la définitive rencontre ».
La foi dans le Seigneur qui vient est une arme efficace contre l’angoisse et à celle-ci Paul en ajoute une seconde : la prière. Paul ne fait pas de distinction : tous les genres de prière y passent : supplication, action de grâce et en toute circonstance.
Il ajoute : « n’oubliez pas l’action de grâce » n’oubliez pas de dire merci, c’est ainsi que vous verrez mieux ce que Dieu vous donne. A force d’oublier de dire merci on oublie ce qu’on a reçu.
C’est la prière qui leur apportera une paix qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer en renouvelant leur attachement au Christ et leur faisant mieux saisir que leurs épreuves sont à vivre à la lumière de celles du Christ.
Paul nous invite à un optimisme sans illusions mais fondé sur la certitude de l’espérance qui ne peut pas tromper ceux qui sont dans le Christ.

Nous sommes appelés à un optimisme solide fondé sur la certitude de l’espérance chrétienne qui ne peut pas tromper étant basée sur le don de l’Esprit St qui nous constitue enfants adoptifs du Père et cohéritiers du Christ.
Dès ici bas nous participons à sa vie, prélude de la récompense éternelle dont l’Esprit St constitue les arrhes. Le Christ vient en nous sans cesse, en attendant le jour où il nous prendra avec lui. Cette perspective donne à l’espérance chrétienne une fermeté inébranlable et apporte à celui qui sait comprendre une joie qui persiste même au milieu des épreuves et dont le Seigneur nous a promis que personne ne pourra nous la ravir.

« Par la prière, faites connaître vos demandes ». En d’autres termes, « vous avez des soucis, partagez-les avec Dieu ! ». Il faut oser empoigner cette promesse du Christ : « Je serai avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin ». Paul ajoute que la supplication doit être accompagnée d’action de grâce. Il ne faut pas oublier de dire merci ! L’Apôtre va encore plus loin, il demande de « porter à notre actif tout ce qui est juste, noble, digne d’être aimé ». Toutes ces vertus païennes, il faut les pratiquer. Il nous est demandé de collaborer, sans arrière-pensée et sans illusions à tout ce qui est vrai.

Le Christ nous a confié la Vigne. L’important est de porter le fruit que Dieu attend de chacun et de son Peuple.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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