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Naissance de St Jean-Baptiste


Naissance de saint Jean Baptiste

Dans le couple de Zacharie et d’Elisabeth, un enfant n’était plus attendu. Ils a-vaient passé l’âge. Et voilà que, contre toute attente, une naissance est annoncée. Le père en a le souffle coupé. Il en perd la parole.
Il la retrouve après la naissance quand, du fait de sa responsabilité de chef de famille, il doit dire le nom de l’enfant. Il s’appellera Jean, ce qui veut dire : celui en qui est la grâce. L’entourage s’étonne. Personne dans la famille n’a jamais porté un nom pareil. Mais « son nom est Jean ».

Le voisinage se pose une question : « Que sera cet enfant ? » Si, en présence de chaque enfant qui vient ne naître, on peut se poser cette question, personne ne l’exprime ouvertement parce que personne ne connaît la réponse.

Chaque enfant est unique, avec une vocation qui doit l’épanouir dans le monde où il se trouve. Jean a eu une place originale dans le plan de salut de Dieu. Pour essayer de la décrire, j’imagine une comparaison, à partir de ce qui se passe dans notre monde, autour de deux thèmes : préparer le terrain et laisser la place.

Préparer le terrain. Un élu se dit qu’une autoroute rendrait service pour désen-claver sa région. Un jour, il lance l’idée. Il faut du temps pour qu’elle apparaisse intéressante. Vient le moment d’examiner la faisabilité, de prendre contact avec les communes concernées et d’étudier le financement.
L’autorité compétente prend alors la décision et lance les procédures pour libé-rer les terrains nécessaires et convaincre les irréductibles. Après les appels d’of-fre, les grosses machines arrivent. Le chantier dure plusieurs années et, un jour, les officiels coupent le ruban.
Avant d’ouvrir l’autoroute, il a fallu préparer le terrain.

Le projet de Dieu de faire alliance avec l’humanité est gigantesque. Une alliance nécessite l’adhésion deux libertés. Il a donc créé l’homme libre et il doit tenir compte de l’usage que les hommes font de leur liberté. Quand c’est nécessaire, il suscite des témoins qui deviennent et restent des repères : tel le roi David, « un homme selon mon cœur » dit Dieu

Après quelque 18 siècles de préparation (depuis Abraham), Dieu a jugé que le mo-ment était venu d’envoyer son Fils pour qu’il partage la condition humaine. Il revenait à Jean de finaliser la préparation de sa venue.
En fait, la vie de Jean Baptiste résume l’histoire de l’Ancien Testament. Plus précisément, il est le dernier de tous les prophètes qui ont détecté et dénoncé les dérives du peuple pour qu’il retrouve les chemins de l’Alliance en pratiquant le droit et la justice.
Jean Baptiste est, auprès de ces hommes qui sont totalement distraits des choses en Dieu, celui qui éveille en eux la préoccupation de l’essentiel en face de l’ur-gent. Il les dérange dans leur installation et suscite, de leur part, cette première bonne volonté par laquelle ils sont capables de connaître le Christ. Rien de sé-rieux ne se fait dans la précipitation.
Finalement, Jean a désigné celui qu’on attendait depuis si longtemps.

Laisser la place. Sur l’autoroute, les travaux sont terminés ; les derniers engins ont quitté le chantier et les dossiers vont aux archives. Dans les voitures qui circulent sur l’autoroute, on écoute la radio sans s’intéresser à ce qui s’est passé avant. Si la loi de Moïse a été oubliée bien des fois par le peuple, elle a été une étape incontournable.
Jean Baptiste a été comme le trait d’union entre l’Ancien et le Nouveau Testa-ment. Sa manière de vivre étonnait. Sa parole rejoignait les attentes d’un peuple fatigué de la pression qu’exerçaient sur lui les spécialistes de la Loi. Il a eu du succès. Il aurait pu se laisser prendre par le désir d’imposer sa manière de lire la Loi de Moïse et laisser Jésus dans les coulisses de l’Histoire.

Quand Jésus inaugure son ministère, Jean se retire : « Au moment d’achever sa route, Jean disait : « Celui auquel vous pensez, ce n’est pas moi. Mais le voici qui vient après moi et je ne suis pas digne de lui défaire ses san-dales. »
Ces paroles disent à la fois la proximité qui existe entre Jean et Jésus et aussi la distance. Jean s’en tient à la vocation qui a été la sienne.
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Il est l’héritier d’une longue histoire marquée par la fidélité et par la trahison. Le peuple de Dieu, façonné par la Loi de Moïse, a été un signe de la présence du Dieu unique au milieu des autres nations. Il lui est arrivé aussi de faire écran chaque fois qu’il s’est laissé aller à s’aligner sur la manière de vivre des pays voisins.
Jean n’a pas fait écran ; il a conduit ses disciples vers Jésus.
L’Eglise est aussi l’héritière d’une longue tradition de fidélités et de trahisons. Jean Baptiste lui rappelle sa vocation qui est celle de tout chrétien : préparer le terrain et laisser la place.

Tout disciple de Jésus peut connaître la tentation d’attirer l’attention sur sa pro-pre personne. Au lieu de conduire vers Jésus, il peut lui arriver de faire écran.

Préparer le terrain, c’est d’abord se laisser façonner par sa vocation pour ne pas dénaturer le message. Un verset de psaume (118, 109) dit ceci : « A tout instant, j’expose ma vie. » Qu’elle soit évangélique ou pas, notre vie laisse une trace.

D’autres ont témoigné avant nous ; d’autres le feront après nous. Laisser la pla-ce, c’est savoir se retirer le moment venu. On ne devient jamais propriétaire de sa mission.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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