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Mercredi des Cendres.

Mercredi des Cendres}



Lecture : Joël 2,12-18

1 Parole du Seigneur adressée à Joël, fils de Petouël :
12 Dès maintenant, oracle du SEIGNEUR, revenez à moi de tout votre cœur avec des jeûnes, des pleurs, des lamentations.
13 Déchirez vos cœurs, non vos vêtements et revenez au SEIGNEUR, votre Dieu : il est bienveillant et miséricordieux, lent à la colère et plein d’une bonté fidèle. Il regrette le malheur.
14 Qui sait, peut-être aura-t-il encore du regret et après lui laissera-t-il une bénédiction, offrande et libation pour le SEIGNEUR, votre Dieu.
15 Sonnez du cor à Sion, sanctifiez-vous par le jeûne, annoncez une réunion sacrée,
16 rassemblez le peuple, convoquez une assemblée sainte. Groupez les vieillards, réunissez les adolescents et les enfants à la mamelle. Que le jeune époux quitte sa chambre, la jeune épouse son pavillon.
17 Qu’entre le porche et l’autel pleurent les prêtres, ministres du SEIGNEUR. Qu’ils disent : « SEIGNEUR, aie pitié de ton peuple ; ne fais pas de ton patrimoine un opprobre pour que les nations se moquent d’eux ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » 18 Le SEIGNEUR déborde de zèle pour son pays, il a pitié de son peuple. 19 Le SEIGNEUR répond à son peuple : « Eh bien ! je vais vous envoyer le blé, le moût et l’huile fraîche. Vous en serez rassasiés. Jamais plus je ne ferai de vous un opprobre parmi les nations.

A propos de ce texte :

L’auteur du livre de Joël (dont le nom ne signifie rien d’autre que ‘Yahvé est Dieu’), est introduit ici comme le "fils de Petouël" et quelqu’un à qui Dieu s’adresse pour transmettre sa parole, comme prophète, donc. Ce sont les seules informations connues le concernant et elles ne mènent pas très loin, dans la mesure où le père n’est pas plus connu que le fils. L’anonymat de l’auteur n’altère en rien la valeur du texte dont on retient la profondeur et la puissance poétique.

Le nombre très limité d’allusions historiques ne permet pas de dater avec certitude le texte de Joël. Mais l’Histoire avec un grand H s’efface derrière le texte. De l’œuvre, on retient un message atemporel, destiné à tous, toujours et partout.

Ce livre se présente comme une collection de messages prophétiques. Les divers éléments de cette collection se rejoignent dans l’expression d’un thème commun, celui du "Jour du Seigneur", jour où l’existence se trouve renouvelée par la puissance créatrice du Seigneur.

Mais nous sommes cependant conscients qu’emboîter le pas au Christ nous permet de progresser sur le chemin de la Vie et de l’espérance. Lui s’est mis en marche avec une force et une lucidité stupéfiantes vers la "catastrophe" de la Passion, pour être lui aussi le jouet de forces de mort et de destruction dont il sera finalement vainqueur. Après ce constat de dépouillement, écoutons l’appel du Seigneur :
Deux grands thèmes : le dépouillement de l’homme et le jour du Seigneur.
Souvent nous dissocions les deux : important de découvrir les interférences entre les deux qu’on ne peut dissocier : le dépouillement pour lui-même n’a pas de sens et le Jour du Seigneur demande une préparation, une disposition.
Joël est le prophète qui annonce le salut de l’homme, du peuple même s’il commence par des oracles de malheur.
Le but final n’est-il pas le bonheur de l’homme accueillant l’amour de Dieu et vivant dans cette relation d’amour ?

C’est bien du cœur qu’il s’agit, c’est au cœur de l’homme que le Seigneur donne rendez-vous : « revenez à moi de tout votre cœur ». C’est un Dieu d’amour qui nous appelle, miséricordieux, lent à la colère, plein d’une bonté fidèle.
« Revenez à moi ». Voilà l’essentiel : entendre cet appel du Dieu de miséricorde. Renouveler la confiance en Dieu riche en fidélité : tout n’est pas perdu malgré la situation !
Et nous voici devant un appel vibrant du Seigneur : debout, en route, levez-vous, laissez-vous ressusciter, revenez à moi… Il n’est jamais trop tard pour se convertir, pour changer de direction, pour se remettre en route vers Dieu et donc aussi faire un retour sur soi, entrer en soi-même, (comme le fils cadet de la parabole du Père miséricordieux) pour essayer d’accorder nos pas aux pas du Seigneur et à ceux de nos frères et sœurs en humanité. Mais c’est à la conversion du cœur que le Seigneur appelle, une conversion tout intérieure qui permettra de redécouvrir qui est celui qui nous libère : Dieu bienveillant et miséricordieux, lent à la colère et plein d’une bonté fidèle, comme il s’est présenté à Moïse au chapitre 34 de l’Exode. Cet appel sonne non pas comme un châtiment mais comme le scintillement d’une aube nouvelle sur nos ruptures et nos désordres…
Oui, voilà donc, au milieu de toute catastrophe, ce que crie le prophète : « Reviens à Dieu ! Décide-toi sur l’essentiel : décide-toi à être libre et lucide sur toi-même face au Seigneur ! Lui ne cesse de te tenir sous son regard, de t’aimer et de t’espérer ! ».
« Déchirez(vos cœurs et non vos vêtement » : il s’agit selon Cole dans Commentaire de la Bible d’une tournure de phrase sémitique : « elle ne défend ni ne condamne les signes extérieurs de la piété mais elle les place dans leur véritable perspective ».

V 19 : L’abondance promise s’oppose à la privation et au vide évoqués au début du livre de Joël. Voici l’invitation à contempler une nouvelle création, signe que le don de Dieu est toujours actuel et renouvelé. Le Dieu d’Israël, notre Dieu, ne peut être qu’un Dieu qui renouvelle sans cesse son alliance, qui redonne la joie de vivre.
Selon Joël, la venue du Jour du Seigneur se manifeste entre autres par l’effusion de l’esprit prophétique sur toute chair.

Que retenir pour nous en ce début de carême ? Sans doute devons-nous chercher des moyens d’entrer dans cette démarche telle que ceux que la liturgie nous propose, des gestes personnels mais ceux –ci doivent exprimer la conversion du cœur et notre désir de vivre pleinement l’Evangile et les béatitudes à la suite de Jésus qui monte à Jérusalem. Sans cela nous risquons le formalisme sans cœur, en l’absence d’amour de Dieu et de nos frères.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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