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Mercredi des Cendres

SAINT ANDRÉ DE CRÈTE

DONNE-MOI UN CŒUR BRISÉ

Le Christ s’est fait petit enfant, il s’est uni à ma chair. Volontairement, il a assumé notre nature tout entière, sauf le péché. Il te montre ainsi, ô mon âme, l’immensité de son amour.
Le Christ s’est fait homme. Il a appelé au repentir bandits et prostituées. Repens-toi, ô mon âme, car voici que s’ouvre la porte du Royaume et qu’y pénètrent les publicains et les adultères au cœur transformé.
Le précurseur de la grâce habitait le désert. La Judée et la Samarie venaient à lui pour confesser leurs péchés et, de tout cœur, recevoir le baptême. Toi seule, ô mon âme, tu n’as pas imité leur conversion.
Le Christ redressa le paralytique et lui fit prendre son grabat. Il ressuscita le fils de la veuve, guérit le serviteur du centurion. Puis, rencontrant la Samaritaine, il te révéla par elle, ô mon âme, l’adoration en esprit.
Il purifia les lépreux, rendit la vue aux aveugles, redressa les boiteux. Il guérit, par sa seule parole, sourds et muets, ainsi que la femme courbée, t’offrant ainsi, âme misérable, les prémices de ton salut.
Christ, le Verbe incarné, annonce aux pauvres la Bonne Nouvelle. Il guérit malades et infirmes, il s’assoit à la table des publicains, et fréquente les pécheurs. Il lui suffit d’effleurer de la main la fille de Jaïre pour rappeler son âme déjà envolée.
Le publicain fut sauvé, la prostituée devint chaste, tandis que son orgueil perdait le pharisien.
Le publicain disait : pardonne-moi ; la prostituée prend pitié. Mais le pharisien se rengorgeait en rendant grâce.
Zachée était un publicain et pourtant il fut sauvé. Mais Simon le pharisien s’indigna, quand Celui qui donne toute grâce accueillit la prostituée. Celle-ci, imite-la, mon âme, dans sa confiance.
Ne t’enferme pas dans le désespoir, ô mon âme. Sois l’émule de la Cananéenne ; tu connais sa grande foi, tu sais comment elle obtint du Seigneur que, de sa parole puissante, il guérît son enfant. Comme elle, du fond du cœur, appelle : "Christ, Fils de David, sauve-moi".
Compatis, sauve, aie pitié, Fils de David, toi qui d’une parole as libéré les possédés. Que j’entende, comme le bandit sur la croix, ta voix aimante : "En vérité, je te le dis, tu seras avec moi en paradis".
L’un des deux bandits crucifiés avec toi t’insultait, l’autre te reconnaissait comme Dieu. Tous deux cependant subissaient la même torture. Comme au bandit plein de foi qui confessait ta divinité, à moi aussi, Miséricordieux, ouvre ton Royaume de gloire.
La création te vit crucifié et fut dans l’effroi. Montagnes et rochers, d’horreur se sont fendus. La terre s’ébranla, l’enfer fut dépouillé, tandis que la lumière en plein jour s’enténébrait devant toi, Dieu crucifié.
N’exige pas de moi les fruits du repentir, car mes forces sont épuisées. Mais donne-moi un cœur brisé, donne-moi la pauvreté en esprit, pour que je te les offre en sacrifice agréable, ô toi qui seul nous sauve.
Ô mon juge, tu me sondes et tu me connais. Tu vas venir avec les anges pour juger l’univers. Regarde-moi alors avec amour, Jésus ; fais-moi merci, à moi qui ai péché sans mesure.

Le Canon d’André de Crète - Neuvième

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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