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Homélie du 23e Dimanche C

9 septembre 2007
23ème Dimanche du T.O. –C-

Sagesse 9, 13-18 Philippiens 9b-10. 12-17 Luc 14,25-33

Abraham ( vers 1800 avant J.C.) rendait un culte aux dieux traditionnels de son clan. Dès qu’il a pressenti dans sa vie l’intervention d’un dieu autre, d’un dieu en décalage, il a cherché à savoir à qui il avait affaire. Qui était ce Dieu inconnu ?
Et depuis ce temps-là, tous ses descendants se sont posé la question : qui est ce Dieu ?

Il faut avoir présent à l’esprit cette recherche obstinée du peuple juif pour mesurer le poids de la question de l’auteur du Livre de la Sagesse, un livre écrit vers l’an 50 avant Jésus Christ : « Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? »

A vrai dire, l’intention de Dieu (au singulier) est connue depuis sa relation avec Abraham : faire une alliance avec lui et avec ses descendants, et par lui, faire alliance avec l’humanité, la restaurer.
Dieu est comme un tailleur de pierre qui veut faire émerger un visage, d’un bloc de granit informe. Il veut dégrossir l’humanité, la rendre belle.

A l’échelle du déroulement des siècles, les juifs contemporains de Jésus ont pu repérer quelques interventions positives de Dieu : la sortie d’Egypte, les succès du roi David, la gloire de Salomon, le retour d’exil, mais ces événements heureux avaient posé bien des problèmes.
A l’échelle de sa propre vie, quel homme peut dire ce qui va lui arriver, ce que le Seigneur lui a réservé ? Comment les coups de burin que sa vie reçoit peuvent-ils contribuer à la beauté de l’ensemble ? Cela lui échappe.
*
En Jésus, Dieu a accompli l’alliance parfaite. Ce ne fut pas sans douleur. Il a franchi l’infranchissable en se faisant homme. Mais il a gardé son secret.
Il faut lui rester fidèle alors qu’il s’obstine à rester discret sur son identité.

Remarques
1. Le peuple élu n’a pas toujours compris ce qui lui arrivait. Quelquefois, il s’est posé la question : « Dieu est-il pour nous ou contre nous ? » Mais il n’a jamais douté de son existence.

2. Depuis toujours, l’homme est possédé par la démangeaison du savoir. Il cherche à comprendre le monde dans lequel il vit. Mais découvrir une réponse à une question fait apparaître d’autres questions qui relancent la recherche.
La recherche durera autant que durera l’humanité.

L’auteur du texte n’est pas un chercheur découragé. Il ne dit pas : « L’homme ne peut pas découvrir les intentions du Seigneur », ce qui serait une manière de baisser les bras et de clore toute recherche. Il pose la question : « Quel homme peut découvrir les intentions du Seigneur ? »
Chaque fois que l’homme a cru percevoir par ses propres forces quelque chose de Dieu, il s’est trouvé pris à contre-pied. Dieu échappe à toute définition.

3).Dans notre monde, il est normal de chercher à comprendre, à déchiffrer les mystères de la création. Devant la difficulté, on peut renoncer, on peut aussi s’acharner. Pourquoi serait-il anormal de chercher à connaître aussi qui est ce Dieu à l’origine de toutes choses.
La recherche des intentions de Dieu durera aussi autant que durera l’humanité
Pourquoi toutes les recherches seraient-elles passionnantes sauf celle-là ?

4. Les Douanes de tous pays font la chasse aux contrefaçons des produits de marque.
Les contrefaçons de Dieu sont multiples. Les dictatures religieuses, politiques ou commerciales savent se servir de son nom pour établir et conserver leur pouvoir.
Se mettre patiemment à la recherche du vrai Dieu, ne serait-ce pas le moyen le plus efficace de faire la chasse aux contrefaçons du visage de Dieu ?

5). Pour découvrir le monde l’homme se fabrique des outils appropriés pour mieux voir, mieux calculer, mieux entendre. Il les fait avec ce qu’il a sous la main. On ne met pas la main sur Dieu comme on met la main sur les choses de la création. Sa découverte n’est pas au bout du savoir scientifique.

On peut découvrir ce que Dieu a fait. On ne peut découvrir qui il est, si lui-même ne nous dit pas quelque chose de lui. Le texte pose une question : « Qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? » St Paul a entendu la question et répond : « Nous demandons à Dieu de vous combler de la vraie connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle. » (Col. 1,9)

Quelle porte ouvrir pour recevoir cette Sagesse ?
Au 6ème s. avant J.C. Dieu disait par Jérémie : « Vous me rechercherez et vous me trouverez. Vous me chercherez du fond de vous mêmes, et je me laisserai trouver par vous. » (Jér 29,13)

Au 4ème s., en Afrique du Nord, St Augustin était un chercheur de la vérité. Après avoir étudié les philosophies de son temps il a découvert Jésus Christ.
Il conclut : « Je t’ai aimé bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimé bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors et c’est dehors que je te cherchais. »

Que le Christ reçu dans cette eucharistie nous donne d’accueillir la Sagesse. Qu’il nous donne, sur chacune de nos routes, de devenir des chercheurs du vrai Dieu.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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