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Homélie du 18ème dimanche du TO -C-

St Joseph des champs - 5 août 2007 - 18ème dimanche du T.O. -C-
Ecclésiaste 1, 2 ; 2,21-23 - Colossiens 3, 1-5. 9-11 - Luc 12, 13-21

« Vanité des vanités, tout est vanité ! » Le mot hébreu traduit pas « vanité » évoque le souffle, la fumée, la buée, tout ce qui est aussi léger qu’insaisissable. Aujourd’hui, on pourrait traduire : Tout est bulle de savon.
Avec ses couleurs d’arc en ciel, la bulle se savon captive le regard, on veut la saisir et quand on met la main dessus, elle éclate et il n’y a plus rien.

« Un homme s’est donné de la peine ; il était avisé, il s’y connaissait, il a réussi. Et voilà qu’il doit laisser son bien à quelqu’un qui ne s’est donné aucune peine. »

Cette observation désabusée traduit une situation que l’auteur a observée à son époque. Il y avait des gens compétents qui se donnaient du mal et ce sont des gens parasites qui finalement en ont profité. Evidemment c’est scandaleux. Cette observation se vérifie à toutes les époques.

Cet homme donc, c’est n’importe qui. Il est compétent et mérite le respect. Il a réussi parce qu’il s’est donné de la peine. Il n’y a que la fin de triste : il doit « laisser son bien ».
Il n’est pas dit pourquoi. Le grand âge ? la maladie ? Une catastrophe naturelle ? Plus vraisemblablement, la mort.

Travailler, se donner de la peine est pourtant légitime.
Il est légitime que des parents aient le souci de l’avenir de leurs enfants, que les hommes aient le souci de léguer aux générations futures le fruit de leurs recherches et de leurs découvertes.

Chaque génération laisse un héritage à la génération suivante, un héritage souvent complexe avec un mélange d’échecs et de réussites.
Il est mieux de laisser derrière soi des œuvres d’art, des vaccins, des équipements collectifs, plutôt que des ruines, des épidémies, une terre polluée, une atmosphère suspecte, une dette publique invraisemblable, des prisons inefficaces et insalubres, des cimetières et des charniers qui dévorent des victimes innocentes.

Il est coupable de se faire du souci pour profiter du présent et de ne pas prendre à temps des mesures appropriées pour affronter les difficultés inévitables.
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Il y a donc des fatigues qui sont sources de vie et de développement et des fatigues inutiles et stériles et l’auteur s’interroge :
« Que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? »

Tel qu’il nous est présenté, ce texte pose trois questions.
Y a-t-il un bonheur ?
Quelle est la vraie route qui conduit à un vrai bonheur
Un bonheur qui finit au fond d’une tombe est-il un vrai bonheur ?

Quand l’auteur écrivait son texte, l’idée d’une résurrection personnelle n’avait pas encore effleuré les esprits. La résurrection concernait le peuple élu qui devait surmonter toutes les épreuves. D’où l’importance d’avoir des enfants pour assurer la continuité de la race, la survie du peuple.
Ces questions sur le bonheur taraudent l’esprit de toutes les générations qui répondent avec les idées à la mode et avec les expériences qu’elles ont traversées.

Il arrive, avec la pratique de la dérision, que des publicistes cherchent dans la Bible des idées pour vendre leurs produits mais quel est le publiciste qui s’inspirera du texte qui nous est proposé aujourd’hui ? « Acheter ce produit, c’est du vent, il ne sert à rien ! »

Tous les hommes rêvent d’un bonheur durable. Les rencontres de vacances nous font entendre des réponses variées :
Les uns voudraient un peu plus de travail, d’autres en voudraient un peu moins et d’autres un travail un peu moins clandestin.
Certains se mettent à cultiver du cannabis dans le jardin secret d’une cave ou d’un grenier pour assurer leur ration quotidienne, d’autres choisissent de vivre dans un monastère. Ils disent : « Un moine qui n’est pas heureux n’est pas un vrai moine. »

Qui aujourd’hui ose s’abstenir d’un plaisir immédiat pour la recherche d’un bonheur durable ? Où est la limite entre la recherche de la sécurité qui rend disponible et la recherche de sécurité qui rend aveugle sur la situation d’insécurité qui détruit les autres ?
Des hommes entreprennent de remuer le monde et ils remuent la terre des cimetières. Seul celui qui remue son cœur peut remuer le cœur des autres.

En la fête de saint Benoît, (11 juillet) nous lisions un passage du livres des Proverbes : « Si tu demandes le discernement, si tu appelles l’intelligence, si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor alors tu comprendras la justice, la vérité, la droiture : les seuls sentiers qui mènent au bonheur. »

L’auteur du psaume 89 a fait le même constat que l’auteur du livre de l’Ecclésiaste et il a découvert ses limites qui sont devenues une prière :
« Tu fais retourner l’homme à la poussière ; tu as dit : « Retournez, fils d’Adam !…Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœur pénètrent ta sagesse. »
Notre vie recherche-t-elle un trésor ou une bulle se savon ?

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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