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Homélie du 17ème Dimanche du T.O. -C-

St Joseph des Champs - 29 juillet 2007
17ème Dimanche du T.O. -C-
Genèse 18, 20-32 - Colossiens 2, 12-14 - Luc 11, 1-13

En invitant Abraham à quitter Ur en Chaldée, son pays d’origine, vers 1800 avant J.C., Dieu lui a fait quelques promesses : une terre, une descendance innombrable.
Mais ne pouvant lui donner d’enfant, Sara, son épouse, l’invite à avoir une descendance avec Hagar, sa servante égyptienne. Elle lui donne un fils, Ismaël.
Mais Dieu maintenait ses promesses à Abraham : « Je veux te faire don de mon alliance entre toi et moi, je te ferai proliférer à l’extrême. » (17, 2)
« Ta femme Sara va enfanter un fils et tu lui donneras le nom d’Isaac. » (17, 19)

Abraham s’inquiète. D’accord pour Isaac mais que deviendra Ismaël ? Alors qu’Isaac n’est pas encore né, Ismaël a déjà 13 ans (16, 16 ; 17, 1)
Réponse de Dieu : « Je le bénis, je le rends fécond, prolifique à l’extrême ; il engendrera douze princes et je ferai sortir de lui une grande nation. Mais j’établirai mon alliance avec Isaac que Sara te donnera, l’année prochaine, à cette date. » (17,20) .
Ismaël et Isaac bénéficieront donc des mêmes promesses. Ils seront tous deux à la tête d’une grande nation mais l’Alliance est réservée à Isaac. Que peut ajouter l’Alliance à la Promesse ?

Peut-être ceci : Par la descendance d’Abraham, Dieu veut introduire un peu de sa divinité dans l’humanité et la descendance d’Abraham introduira un peu d’humanité dans la divinité de Dieu. Cette alliance aura son accomplissement dans l’incarnation du Fils de Dieu,

« Alliance » ne veut pas dire vie facile. Abraham participera au combat de Dieu pour restaurer l’humanité… avec des moments heureux et des moments douloureux.
Et voilà peut-être une clé de lecture pour aborder le récit d’aujourd’hui

Abraham somnolait à l’entrée de sa tente et voilà que trois hommes se présentent. Abraham secoue son monde pour accueillir ces inconnus qui annoncent à nouveau la naissance d’Isaac. (18,14)
A la fin de la réception, Abraham fait un bout de route avec ses visiteurs et le Seigneur dévoile la mission que ses deux compagnons ont à accomplir : enquête sur la vie des gens de Sodome et Gomorrhe.

Dieu qui entre en concertation avec Abraham avant de prendre une décision dramatique, voilà le premier effet de l’alliance : Il lui semble qu’il faut détruire les deux villes, mais il veut vérifier.
« Comme elle est grande la clameur qui monte de Sodome et de Gomorrhe. (…) Je veux descendre pour voir si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu’à moi. »
Mis dans la confidence, Abraham réagit. Loth, son neveu, habite Sodome.

Ce récit nous fait découvrir que la prière n’est pas une activité intemporelle. Elle s’enracine dans des événements qui nous concernent ou ne nous concernent pas directement. Les victimes innocentes en Palestine, au Liban, au Darfour, en Irak, en Afghanistan ou ailleurs ont-elles une place dans notre prière ? Abraham nous invite à élargir l’horizon de nos prières.

Nous découvrons la prière du dernier moment. Deux des trois visiteurs sont déjà en route vers Sodome. Le dossier est lourd mais il n’est jamais trop tard pour parler à Dieu. Il arrive que nos prières soient des plaidoiries audacieuses pour des causes désespérées.

Nous découvrons la prière pour ceux dont personne ne parle jamais à Dieu.
Nous arrive-t-il de prier pour les gens dépravés de notre époque. Ce qu’ils font est souvent horrible. Qui s’inquiétait de la conversion des gens de Sodome ? Il nous arrive de chanter à l’église : « Prions pour ceux qui meurent et ceux qui font mourir. » Quand nous chantons cela, mettons-nous derrière ces mots des visages d’aujourd’hui. Est-ce une simple formule poétique ?

Nous découvrons l’objectivité de la prière d’Abraham. il ne dit pas que les gens de Sodome sont des enfants sages, mais il laisse entendre à Dieu que dans la pire des villes, il peut y avoir des gens parfaitement innocents. Il aimerait bien que Dieu ne regarde pas seulement ce qu’il y a de mauvais dans cette ville.

Nous découvrons l’audace et l’habileté d’Abraham. La prière est un cœur à cœur avec Dieu, mais il arrive que ce cœur à cœur ait une poussée de température. Le récit nous raconte un dialogue de marchands de tapis. Jusqu’où ne pas aller trop loin ?
Abraham sonde l’étendue de la miséricorde de Dieu. Dieu sonde la persévérance d’Abraham.

Nous découvrons les motifs de la prière d’Abraham. Il a (peut-être !) de la pitié pour les gens de Sodome ; il est soucieux aussi de la réputation de Dieu. Est-il capable de faire la différence entre des innocents et des coupables ?
Nous n’avons pas de mérites à faire valoir mais nous pouvons demander à Dieu de prendre soin de sa propre réputation.

Nous retrouvons ce souci dans le Notre Père : « Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. » Souvent notre vie n’est pas un modèle mais nous pouvons demander à Dieu de prendre soin de sa réputation aujourd’hui.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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