Hébreux 2, 9-11

2ième lecture : Hébreux 2/9-11

Hebreux 2:9-11 9 Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur, parce qu’il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort. 10 Il convenait, en effet, que, voulant conduire à la gloire un grand nombre de fils, Celui pour qui et par qui sont toutes choses rendît parfait par des souffrances le chef qui devait les guider vers leur salut. 11 Car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C’est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères,

A propos de la lecture :

Durant sept dimanches (ainsi nous terminerons pratiquement l’année liturgique), l’Eglise nous propose la lecture d’extraits de la Lettre dite aux Hébreux. D’un auteur inconnu, elle fut écrite avant l’an 95. (une lettre du pape Clément de Rome, mort en 95 y fait allusion), et adressée aux chrétiens de Palestine, d’où son nom « Lettre aux Hébreux ».
La lettre aux Hébreux est parole d’encouragement à des communautés qui ont perdu leur dynamisme, leur ferveur, et même leur conviction de foi semble en danger.
Les allusions aux persécutions font référence à la tiédeur des destinataires, en cette période de découragement et de stagnation qui suivit la ruine de Jérusalem. Face aux splendeurs du passé et à leur condition éprouvante les gens se demandent s’ils n’ont pas fait fausse route. On connaît le passé, mais ils sont face au présent et l’avenir est un chemin de foi. N’en voyant pas le sens, certains diront pour fuir : « mangeons et festoyons car demain nous mourrons » 1Cor 15,32, d’autres, voudront revenir à la religion des pères.
Pour nous aussi, face à l’épreuve, le danger est toujours actuel et la tentation la même : revenir au passé, pensant qu’il était meilleur.
Ici, la question est posée : quel avenir pour l’homme face à la souffrance et au mal bien présents ; qu’est ce que l’homme ?
L’auteur de la lettre aux Hébreux répond en éclairant la vocation de l’homme par l’ approfondissement du mystère du Christ.
Pour cela il cite le psaume 8, au verset 6 qui précède la péricope. « Qu’est-ce que l’homme ? tu l’as abaissé pour peu au dessous des anges, de gloire et d’honneur tu l’as couronné Tu as tout soumis à ses pieds ».
Vocation étonnante de l’homme. Pour nous faire comprendre, l’auteur reprend l’itinéraire, l’exemple du Christ. C’est la première apparition du mot « Jésus » dans le sermon. L’auteur s’est retenu de le prononcer afin de l’associer intimement au chemin d’humilité et de souffrance qui l’a conduit à la gloire.

Jésus a apporté une Alliance, un sacerdoce nouveau, bien supérieur et sans aucune comparaison avec l’ancien. Jésus a accompli sa vocation d’homme telle que le psaume le dit.
Le Fils de l’homme venant dans le monde, nouvel Adam, ne fait que renforcer cette conviction et confirmer l’homme dans sa vocation, avec toutefois ce doute c’est que de fait l’homme n’a pas la pleine puissance et est affronté à la question de la mort. Alors à quoi bon ?
Par sa vie, sa passion et sa mort il s’est fait pionnier, il a ouvert une voie à notre libération : ainsi il est le Prêtre par excellence de l’Alliance Nouvelle.
A cette lumière notre péricope éclaire notre vie, la problématique de beaucoup d’hommes aujourd’hui : quel sens donner à la vie ?
« En se faisant homme, en éprouvant notre condition humaine, en vivant dans sa chair nos épreuves, nos combats il nous introduit déjà avec lui dans sa gloire..
« Entre l’abaissement du Christ et son couronnement, l’esprit humain saisit d’abord une opposition. Les ennemis de Jésus l’ont humilié mais Dieu l’a glorifié. Cependant le regard de la foi n’a pas tardé à aller profond et à percevoir le rapport interne qui relie les deux phases du mystère. Rapport paradoxal : l’humiliation produit la glorification, la mort produit la vie, la croix est exaltation.
« En exprimant ce rapport interne, notre auteur veut montrer que le mystère du Christ constitue bien l’accomplissement de la vocation de l’homme » Vanhoye dans Ass du Sgr n°58
Faisant ainsi par sa passion et sa mort, Jésus se rend solidaire de l’humanité et nous ouvre l’accès vers le Père.
La mission du Christ ne consiste pas à emmener Israël dans d’autres frontières mais de le conduire au terme de sa vocation et de son idéal, à être pleinement ce qu’il est dans sa stature de peuple-fils de Dieu.
Pour lui ouvrir cette voie de gloire, il a fallu « que Dieu mène le Christ à sa perfection » cad que dans son humanité il devait aller jusqu’au bout, soumettre la nature humaine à une transformation radicale (mort-résurrection) pour la rendre parfaite et la conduire à Dieu.
Cette transformation il va la vivre dans la souffrance, la mort, la résurrection. Lui seul pouvait ouvrir pareil chemin à l’humanité pour la conduire à Dieu et à la gloire.
« Seul le Fils de Dieu fait homme était capable d’une pareille docilité filiale. Lui seul pouvait frayer le chemin du salut. ».

v11 : « car le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine » : telle est la solidarité qui unit le Christ aux hommes et la fraternité qu’il a voulu vivre : Jésus et les siens sont UN.
Le Christ en saisissant la condition humaine la rétablit dans sa splendeur première et la conduit au Père. Pour remplir cette mission il lui fallait prendre un chemin de souffrance et de mort et le faire déboucher sur une perfection qui vaudrait en même temps pour tous les hommes.
Puisque Christ est Fils, il est miséricordieux comme le Père. Solidaire de ses frères il est grand-prêtre. Il a la fonction de nous ouvrir l’accès au Père.
A l’exemple de Jésus, nous pouvons réellement devenir proches des autres jusqu’à accepter de souffrir avec et pour eux, et peut-être même par eux !
Emerveillés d’être enfants de Dieu, puissions devenir toujours plus humain à l’image du Christ, et fils à l’image du Fils de Dieu, du Fils de l’homme.

.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>