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Gloire au Père , au Fils, au Saint Esprit

18 mai 2008
Sainte Trinité – A-

Ex. 34, 4-6, 8-9 2 Cor. 13, 11-13 Jn. 3, 16-18

Pour célébrer la fête de la Trinité, la liturgie nous propose trois lectures.
Le livre de l’Exode nous parle de Dieu.
L’évangile de Jean nous parle de ce Dieu qui a envoyé son Fils.
et St Paul nous parle de Jésus, de Dieu et de l’Esprit Saint.
Ces trois lectures nous parlent aussi des hommes.
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Dans l’Exode, les Hébreux ont révélé qui ils étaient, un peuple à la tête dure.
Ils ont su admirer la puissance de Dieu quand il les a fait sortir d’Egypte mais engagés dans la traversée du désert, ils n’ont pas manqué une occasion de se révolter à chaque difficulté.
Un jour, ils ont été pris par le doute. Moïse, leur chef, est monté sur la montagne pour rencontrer Dieu mais cela fait si longtemps qu’il est parti qu’on se demande s’il va revenir. Aucun peuple ne peut exister sans Dieu. Puisqu’on est sans nouvelle de ce Dieu absent, il est peut-être inexistant. On va en fabriquer un dont on pourra contrôler les déplacements. Ce sera le veau d’or.
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Dans l’évangile de Jean, Jésus est en discussion avec Nicodème. C’est un pharisien sérieux. Il croit en Dieu mais ce qu’il découvre de la personnalité de Jésus le trouble. Jésus lui révèle en effet que Dieu est Autre que ce qu’il imagine. Pour le connaître, il faut traverser une seconde naissance qui est accordée à celui qui croit en lui, Jésus.
La présence de Jésus change la connaissance que l’on peut avoir de Dieu. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique.
Le problème de la foi s’est déplacé. Pour connaître et servir Dieu, il faut croire en Jésus, un charpentier sorti de Nazareth !
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A Corinthe, les chrétiens sont naturellement chamailleurs et chicaniers. St Paul les invite à s’encourager pour devenir parfaits. La grâce de Jésus Christ qui les a conduits à aimer Dieu les fera vivre d’un amour répandu par le Saint Esprit. Ils vivront alors dans la communion et donc dans la paix.

Trois lectures, trois situations.
Que peuvent-elles nous apprendre ?

Dans aucun texte du Premier ou du Nouveau testament, on ne trouve le mot Trinité mais on trouve au fil des pages, et au fil de l’Histoire, un souci de Dieu de se faire connaître. Il écoute et il parle.

Un mot à la mode aujourd’hui, c’est bien le mot dialogue. On en parle partout et à tous les niveaux de responsabilités parce que, partout et à tous les niveaux, il est difficile voire même impossible. Chacun tenant à son idée, on cherche alors la solution dans les rapports de forces.

Le livre de l’Exode met donc en présence Dieu et Moïse.
Pour qu’un dialogue soit possible, il faut que les deux partenaires se connaissent en vérité. Quelle est la vérité de Dieu ? Quelle est la vérité du peuple ?
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C’est quand nous sommes blessés en profondeur que nous révélons qui nous sommes au plus intime de nous mêmes. Quand il voit ce qui se passe au bas de la montagne du Sinaï, Dieu a de quoi être fou de rage.
Le peuple qu’il a choisi, qu’il a fait sortir d’Egypte, qu’il conduit vers la terre promise aux ancêtres, préfère maintenant confier sa destinée à un veau. Qu’il soit en or n’est pas rassurant !

Or c’est à l’occasion de cette rupture de relations décidée par le peuple que Dieu révèle quelque chose de ce qu’il est. Au lieu d’enregistrer la rupture et de chercher ailleurs un autre peuple plus docile, Dieu fait un aveu : il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère plein d’amour et de fidélité. »
Réaction inattendue, merveilleuse et très étonnante. Avant que l’homme soit sur terre, qui pouvait-il aimer et contre qui pouvait-il se mettre en colère ? L’aveu de Dieu pose question.
Il faudra des siècles d’aventures et de reniements humains pour découvrir un peu plus de la nature de ce Dieu, pour découvrir la profondeur de son aveu et le réalisme de sa fidélité.
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Dans l’évangile, saint Jean révèle la source de ce souci de Dieu, de dialoguer, de faire alliance. Il a un Fils qu’il aime. Son amour pour les hommes qui ont toujours la tête dure l’a poussé à leur donner ce Fils unique.

Toute rupture avec Dieu borne notre horizon, nous renferme sur nous-mêmes et donc nous rend malheureux car nous sommes créés pour l’échange et le dialogue.
A la limite, on pourrait dire que ce qui intéresse Dieu c’est notre péché. Il s’y intéresse non pour nous condamner mais pour le détruire. Quand les hommes seront délivrés de leur péché, le dialogue avec Dieu sera vrai et l’Alliance sera parfaite et les hommes vivront en paix.
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C’est le chemin que Paul ouvre devant les Corinthiens toujours aussi rugueux. Dieu n’est pas un monstre froid boulonné sur son socle. Par nature il est relation. Il est amour et a chargé son fils de nous le faire savoir.
Jésus a révélé la vérité de son dialogue avec son Père et il a cherché tout au long de sa vie publique à nous introduire dans ce dialogue. Rejeté par tous, condamné à la croix, il a révélé ce qu’était un Dieu plein d’amour. Sur la croix il n’en a voulu à personne. Il n’a eu que des paroles de pardon.

Si nous cherchons une vie fraternelle, il ne faut pas se tromper d’adresse : « Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ! »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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