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Fête du Saint-Sacrement.

Fête du Saint Sacrement – C-

D’après les historiens, Paul a probablement vécu au temps de Jésus. Il a suivi avec succès une solide formation de pharisien à Jérusalem. Il a pu entendre parler de la condamnation de Jésus et, en ce cas, il a pu approuver son exécution comme plus tard il approuvera la lapidation du diacre Etienne.
Il se donnait beaucoup de mal pour neutraliser la rumeur chrétienne. Un jour, contrarié dans son projet d’aller arrêter des chrétiens à Damas, il a été retourné dans ses convictions par Jésus ressuscité. Il a suivi alors une formation chrétienne.
Dans le texte lu aujourd’hui, il rappelle aux Corinthiens ce qu’il a lui-même reçu des apôtres. Au cours d’un repas, la veille de sa mort, Jésus a repris le rite juif de la fraction du pain et lui a donné un sens nouveau : « Ceci est mon corps. » A la fin du repas, il prit la coupe de vin et leur dit : « Ceci est mon sang. »

Redécouvrons ce que dit une prière Eucharistique (N°3) : « Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Eglise et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton alliance. Quand nous serons nourris de son Corps et de son Sang et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. »

Remarques. Jésus a donné sa vie librement. A ceux qui acceptent de le suivre, il se donne. On aurait pu imaginer autre chose que la fraction du pain mais c’est cela qu’il a fait. Pouvait-il faire mieux ? La veille de sa mort, Jésus nous invite à accueillir sa propre vie dans notre humanité. Il nous donne sa capacité de rester fidèle à son Père quoi qu’il arrive.
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Comme Jésus l’a demandé, les disciples refont chaque premier jour de la semaine (le dimanche) ce qu’il a demandé. Après la Pentecôte, les souvenirs de ce qu’ils ont vécu prennent une couleur particulière, un sens nouveau. Ils sont éclairés par la lumière de la Résurrection. Pour fêter l’Eucharistie, l’Eglise nous propose aujourd’hui de regarder deux événements qui peuvent enrichir notre réflexion sur l’Eucharistie. Le premier est raconté par Luc.
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C’était un peu comme maintenant. Les gens avaient dans la tête beaucoup de questions et d’inquiétudes. Ils suivaient ceux qui pouvaient ouvrir un chemin d’espérance. Il y avait des foules, non pas dans les rues mais sur les routes.
Ce jour-là, environ 5.000 hommes ont suivi Jésus. Comme le jour commence à baisser, les apôtres ont le bon réflexe. Pas de magasin à l’horizon et donc il est temps de renvoyer les gens chez eux. Mais Jésus n’a pas l’air de se rendre compte de la situation : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » L’inventaire est vite fait : cinq pains et deux poissons. Jésus s’entête : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. » Gérer une foule quand la nuit vient demande du temps, mais Jésus ne veut pas bricoler une solution de dépannage. Il veut un vrai repas. On mange assis.

« Jésus prit les cinq pains et les deux poissons. » Il les bénit. Chacun a largement ce qui lui faut et il reste de quoi remplir douze paniers. Quand les petites choses de notre
vie passent par ses mains, elles se transforment.

Remarques. Jésus n’a pas lancé de cartons d’invitation. Il n’a convoqué personne. Est venu qui a voulu. Cette foule est habitée par les attentes et les soucis les plus divers. Chacun est là avec son désir (peut-être obscur) et sa capacité d’ouverture. Comment vivre ? Vivre, c’est quoi ? Le repas fini, chacun retourne vers son quotidien, à son pas, dans la nuit, dans la sécurité et la sérénité.
- L’Eucharistie s’adresse à ceux qui sont travaillés par un désir qui les met dans une situation inconfortable. Habités par la vie de Jésus, les disciples connaissent des situations qui sont des impasses. Les moyens dont ils disposent sont ridicules par rap-port aux besoins. L’Eucharistie donne la force de marcher, de continuer d’avancer quand on ne sait pas trop où on met les pieds.
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En remontant plus loin dans la Bible, au livre de la Genèse, il se trouve quelques lignes qui éclairent encore l’Eucharistie.
Au temps d’Abram, souvent pour des questions de pâturages, les tribus étaient facilement en guerre les unes contre les autres. Un jour, Loth, le neveu d’Abram, fut victime d’une incursion. Il fut capturé et ses troupeaux confisqués.
Averti par un fuyard, Abram organisa une riposte et remit les choses en ordre. En rentrant chez lui, il est abordé par un personnage étrange, Melkisédek. A la fois prêtre et roi, il fait apporter du pain et du vin qu’il présente au Dieu Très-Haut. Habituellement, ce sont des animaux qui sont offerts avant d’être consommés.
Sa déclaration est une double bénédiction. « Béni soit Abram ! Béni soit le Dieu Très-Haut ! » Il ne parle pas en son nom mais au nom du Dieu Très-Haut qui est aussi le Dieu d’Abram.

Remarques. Cette histoire nous rappelle que notre union au Christ ne nous met pas à l’abri des conflits. Au contraire, Jésus nous invite à prendre notre part, selon nos moyens, dans les luttes pour mettre au pas les tyrans et rétablir la justice.
Les combats que nous livrons pour rester humains ou développer notre humanité lais-sent des traces (fatigues, blessures). L’Eucharistie refait nos forces et célèbre la victoire de la vie sur la mort.

Conclusion. Quand nous allons à la messe, essayons de mettre un nom sur les petites choses que nous apportons au Seigneur. Et quand nous retournons dans la nuit du monde, demandons au Seigneur qu’il nous donne son regard pour discerner les injustices et réagir.
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D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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