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Fête du Corps et du Sang du Christ.

St Sacrement 2014

1 Corinthiens 10 :

1 Je ne veux pas vous le laisser ignorer, frères : nos pères étaient tous sous la nuée, tous ils passèrent à travers la mer
2 et tous furent baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer.
3 Tous mangèrent la même nourriture spirituelle,
4 et tous burent le même breuvage spirituel ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait : ce rocher, c’était le Christ.
5 Cependant, la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu, puisque leurs cadavres jonchèrent le désert.
6 Ces événements sont arrivés pour nous servir d’exemples, afin que nous ne convoitions pas le mal comme eux le convoitèrent.
7 Ne devenez pas idolâtres comme certains d’entre eux, ainsi qu’il est écrit : Le peuple s’assit pour manger et pour boire, puis ils se levèrent pour se divertir.
14 C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie.
15 Je vous parle comme à des personnes raisonnables ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.
16 La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas une communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ ?
17 Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps : car tous nous participons à cet unique pain.


A propos de cette lecture

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Le mot clé de ce passage est communion qui désigne l’intimité.
Pour comprendre ces quelques versets, il faut les situer dans leur contexte, celui dans lequel vivent Paul et les chrétiens : un milieu où se mêlent chrétiens et de païens, en une forte proportion.
Une question se pose à la communauté : un chrétien peut-il participer aux sacrifices rituels païens ? Peut-il manger les viandes sacrifiées aux idoles ? Que faire ?
Dans sa réponse, Paul remonte à l’origine, c.à.d. à l’appel d’Abraham, à la sortie du peuple de l’Égypte et à l’expérience du désert, pour montrer que ce qui se joue c’est encore l’épopée de l’Amour de Dieu qui sera finalement dévoilée en Jésus-Christ.
Il donne aux croyants un principe fondamental : on ne peut prendre part aux sacrifices païens car un sacrifice, dans ce faux culte, est corruption machinée par le démon.
En soi, il n’y a rien de mal dans le culte païen, puisque leurs dieux n’existent pas et que la viande qui leur est sacrifiée n’a pas subi de changement ; elle ne peut faire de mal. Mais c’est l’intention qui les anime, celle des hommes qui s’y adonnent, qui est répréhensible. C’est ce mensonge qui est démoniaque. Y participer c’est prendre part, communier à la communauté des démons, partager leurs mensonges. C’est dans la participation que se trouvent le vice, le péché.

Paul dégage de ce problème le principe de « la jalousie » du Seigneur : c.à.d. que Christ veut tout : l’offrande, le don, toute l’ouverture des siens. Il n’accepte pas le partage, ni la division du cœur.
Celui qui entre en communion avec Christ ne peut chercher d’autres liens : on ne peut être à la table du Seigneur et à la table des démons.

v.14 : L’invitation de Paul est nette, catégorique, impérative : « fuyez… » C’est sans doute la meilleure réponse aux tentations de ce genre. Si des croyants qui se croient forts et assistent aux fêtes païennes et se mêlent à elles, (même s’ils les considèrent pour ce qu’elles sont, comme sans effet, nulles), ils provoquent le scandale des faibles et les induisent en tentation. Il ne faut pas jouer avec le feu, nous dit Paul.
A ce point, Paul reproche aux Corinthiens leur égoïsme, et fait le lien avec l’eucharistie dont ils n’ont pas compris le sens, continuant d’être divisés, mêmes lorsqu’ils célèbrent le sacrement de l’unité.
Le service du Christ implique une communion sacrificielle, une sorte de participation sous le mode du sacrifice, à l’eucharistie. L’eucharistie établit un lien de communauté, une appartenance comparable à celle que revendiquent les sacrifices. Il rappelle fortement que la communion au pain est vraiment intégration au corps du Christ.

Les deux versets 16-17 mettent en valeur le type de communauté et d’appartenance qui est créé par la cène eucharistique.
v. 16 : "La coupe d’action de grâce que nous bénissons » : La coupe de bénédiction, c’est la 3e sur laquelle le père de famille prononce la bénédiction lors de la fête de Pâques. « Cette coupe n’est-elle pas communion au sang du Christ ? » Noter que la coupe est évoquée avant le pain, comme dans la Didachè, et que Paul ne dit pas : cette coupe est le sang du Christ mais, « communion au sang du Christ. »
La coupe est souvent symbole d’union et de joie. Elle est, plus largement, symbole d’un sort commun : en Mat 20 : 22 Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? ».
"La coupe d’action de grâce que nous bénissons …le pain que nous rompons » : c’est la manière de désigner l’eucharistie.
« Communion au Corps du Christ » : c’est la première fois ici que Paul applique la notion de Corps du Christ au chrétien : nos membres sont les membres du Christ et ils participent effectivement au Corps du Seigneur. Paul invite à un autre regard et donc à bien autre chose que ce que vous pensez : on prend part aux bienfaits du sacrifice du Christ, en prenant le corps et le sang du Christ on communie avec lui. Il ajoute : « votre corps est un temple du Saint Esprit. »

v. 17 : Maintenant il va plus loin, puisque c’est la communauté dans son ensemble qui est en jeu. La communauté forme un seul corps du fait qu’elle se nourrit d’une même nourriture sacrée, identifiée au corps du Christ.
Le mot clé de ce passage c’est "communion" qui désigne l’intimité.
« la multitude que nous sommes est un seul corps » exprime la réalité :
" puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps".
« La communion au corps et au sang du Christ n’est pas seulement l’union à Jésus mais le signe et l’aliment de l’unité entre les hommes » Miss. Com.
A l’eucharistie nous ne sommes pas juxtaposés les uns à côté des autres mais elle nous unit comme les grains de blés moulus ensemble font un même pain. Cette image était familière dans les premières communautés chrétiennes et exprimées ainsi par la Didachè : « comme ce pain rompu, autrefois disséminé sur les montagnes, a été recueilli pour n’en faire plus qu’un, rassemble ainsi ton Église des extrémités de la terre dans ton Royaume ».

Cette unité ne se fait pas, elle existe tout simplement, c’est l’eucharistie qui crée cette communion. Cette communion crée une solidarité entre ceux qui y participent « des liens verticaux entre chaque membre de l’Église qui participe au repas et le Christ, créent des liens horizontaux …des liens horizontaux de nature semblable entre les divers membres » J. Comblin Ass du Sgr 32.

L’eucharistie crée une communion au sang et au corps du Christ mais de type sacrificiel dans la messe. Ces deux mots évoquent le sacrifice de la Croix. Ce qui fait qu’il est difficile pour les chrétiens alors de participer au sacrifice des païens qui les unit aux démons puisqu’ils sont unis au sacrifice de Jésus.
Il y a un lien entre le vin et le pain et le sang et le corps du Christ. Ainsi c’est par la coupe du vin et le pain qu’ « En participant à l’eucharistie, les chrétiens perçoivent, à l’aide de l’image du pain, ce qui se passe en eux : le corps du Christ auquel ils s’unissent les unit entre eux. C’est ainsi que nous arrivons à l’idée de communion dans et avec le Christ » J.Comblin

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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