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Fête du Corps et du Sang du Christ -2 juin 2013

Fête du Saint Sacrement – C-

Dans les trois lectures de ce dimanche : 1). Il est question de pain, de repas. 2).Ces repas sont partagés le soir.

- Le repas dans le texte de la Genèse. En ce temps-là, (en Palestine, environ 2000 ans av. J.C.) chaque tribu de nomades avait son roi et ce roi avait un souci majeur : s’assurer l’accès aux puits de la région. Question de vie ou de mort pour les troupeaux ! Des alliances, toujours provisoires, s’organisaient pour neutraliser les prétentions abusives de tel ou tel. Un jour, Loth, neveu d’Abraham, se trouva pris dans un fouillis de luttes tribales. Etant dans le camp des vaincus, il fut fait prisonnier et perdit tous ses biens. Averti, Abraham mobilisa ses troupes, anéantit la tribu des ravisseurs, délivra son ne-veu et ramassa un copieux butin. Vite fait, bien fait ! En revenant chez lui, il croise la route de Melchisédech.

Ce Melchisédech est un homme unique en son genre, sans ancêtres et sans descen-dants ! Un homme sans généalogie, serait aujourd’hui un homme sans existence léga-le. Il est présenté ainsi : « Melchisédech, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin. Il était prêtre du Dieu Très-Haut. Son nom se traduit « Mon roi est justice ». Le mot Salem désigne la paix. La justice et la paix sont les marques d’un règne béni de Dieu.

Pour célébrer la victoire d’Abraham, Melchisédech prend l’initiative d’une offrande de pain et de vin. Humainement, cette offrande peut être considérée comme un geste de réconfort à l’égard de soldats exténués après un combat. Mais cette offrande est celle d’un prêtre et elle est assortie d’une double bénédiction :
Melchisédech bénit Abraham par le Dieu Très-Haut et il bénit le Très Haut qui a don-né la victoire à Abraham.
Il donne ainsi un contenu religieux, à la démarche d’Abraham qui, sans s’en douter, a accompli la volonté du Dieu Très-Haut.

- Le repas dans le texte de Luc. Quelque 2000 ans plus tard, Jésus veut prendre du recul avec ses disciples. C’est raté ! Les gens découvrent la manœuvre et le rejoi-gnent. Jésus les accueille, parle du royaume de Dieu et guérit les malades, mais « le jour commençait à baisser. » Les gens vont-il rentrer chez eux l’estomac vide ? Les apôtres ont vu le danger et trouvé la solution : renvoyer la foule ! Autrement dit, la foule aura marché à la recherche de Jésus pour finalement se trouver piégée.
Jésus refuse la proposition des apôtres. Il ne bricole pas une solution de dépannage : « Faites-les asseoir. » Jésus veut un vrai repas.
Oui ! Les provisions disponibles sont ridicules : cinq pains et deux poissons, mais quand Jésus prend dans ses mains les petites choses de notre vie, quand il les offre à son Père, elles changent. Il y a à manger pour tout le monde ! Mais la nuit est deve-nue plus noire !

- Le repas dans le texte de Paul. Quelque 30 ans plus tard, Paul transmet ce qu’il a reçu : « La nuit même où il était livré le Seigneur Jésus prit du pain, puis ayant rendu grâce, il le rompit et dit : Ceci est mon corps qui est pour vous. »
Dans les heures qui viennent, Jésus va connaître la déchéance humaine la plus totale. Il se donne en nourriture à ses apôtres pour « proclamer sa mort jusqu’à ce qu’il vienne. »
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A chacune de nos eucharisties. Le prêtre offre du « pain fruit de la terre et du travail des hommes. »
Pas de blé sans terre cultivée ; pas de pain sans le travail des hommes.
Le pain est une nourriture. Des hommes se battent pour survivre. D’autres meurent de faim et d’autres meurent de trop manger.
Le pain offert est une action de grâce. En retour, recevoir dans notre main un pain offert à Dieu nous oblige à vérifier la qualité de notre relation avec lui et avec ceux qui nous entourent.
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Ces repas se déroulent le soir.
- Le soir, c’est la fin du jour. Chacun peut faire le bilan de ce qu’il a vécu : ce qui a marché, ce qui a été difficile, ce qui a été imprévu. Une prière de l’Eglise dit ceci : « Nous te bénissons, Seigneur, pour ce jour que tu nous as donné ; et nous te sup-plions de nous pardonner pour le mal que nous avons commis. » (L.H. Jeudi soir 3ème sem.)
- Le soir, c’est aussi le début de la nuit. Il y a la nuit pour faire la fête et la nuit des insomnies pour cause de souffrances ou de soucis.

En fin de journée, nous avons donc
- un repas d’action de grâce avec Abraham, au retour d’une victoire,
- un repas pour prendre des forces avant une marche de nuit, raconté par Luc,
- et le dernier repas de Jésus évoqué par Paul. Après avoir passé en faisant le bien, Jésus va affronter sa dernière nuit sur terre. Elle sera terrible. Il fait don de sa vie et, en même temps, il donne à ses disciples la force de rester unis à lui dans toutes les nuits qu’ils auront à traverser.
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Ce dimanche nous donne l’occasion de réveiller en nous deux aspects de l’eucharis-tie : l’Eglise nous donne des mots pour remercier Dieu et Jésus nous donne la force d’affronter les nuits qui nous attendent.

Ces trois repas nous inciteraient à célébrer l’eucharistie le soir. Or habituellement, elle est célébrée le matin. Pourquoi ? Tout simplement parce que Jésus ressuscite un matin. Dans le calendrier chrétien, le dimanche est le premier jour de la semaine.
Jésus est présent aux nuits de notre histoire. Une aurore suit chaque nuit.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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