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Fête du Corps et du Sang du Christ

2ième lecture : I Corinthiens 11/23-26

A propos de cette lecture :

Ce texte évoque la manière dont la première communauté chrétienne célébrait l’Eucharistie. Elle se célébrait très souvent dans la maison d’un membre de la communauté, au cours d’un repas.
Paul écrit à la communauté de Corinthe, au moment où constate des désordres :
« vos réunions vous font plus de mal que de bien » v.17. Face aux problèmes que connaît la communauté, il l’interpelle vivement sur le non-sens des célébrations eucharistiques qui semblent en contradiction avec ce que le Christ a institué.
Comment lui qui n’a pas participé à la dernière cène peut-il dire : « je vous ai transmis ce que j’avais reçu et qui venait du Seigneur » ? Paul se coule entièrement dans la tradition chrétienne et se plait à le rappeler avec force. Pour lui il n’est pas nécessaire d’avoir été présent, le témoignage des apôtres est assez fort et sa rencontre personnelle avec le Seigneur fut assez intime et dans la ligne de la tradition pour qu’il puisse affirmer : « je transmets ce que j’ai reçu ».
« Je vous ai transmis ce que j’ai reçu de la tradition ».Le vrai sens de la tradition nous est donné ici par Paul. La tradition, c’est le trésor que Christ a confié à ses apôtres pour le transmettre à toute l’Eglise afin qu’elle en vive et, tout particulièrement, l’eucharistie pour laquelle il leur a dit » faites ceci en mémoire de moi ».
Paul veut inviter les Corinthiens à célébrer l’eucharistie dans l’esprit voulu par le Seigneur en rappelant deux choses importantes. L’Eucharistie ne nous appartient pas ; comme Paul, nous l’avons reçue pour la transmettre à notre tour. En second lieu, le dernier verset de la péricope souligne que la célébration de l’Eucharistie ne consiste pas uniquement à faire mémoire de la Pâque du Seigneur mais, avant tout, à proclamer le Seigneur de Pâque. Chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons à cette coupe, nous annonçons la Bonne Nouvelle de la mort libératrice du Seigneur, dans l’attente de sa venue. Célébrer l’Eucharistie, ce n’est pas seulement entrer dans un rite, c’est relever le défi porté par ce rite.
Plus haut Paul écrivait : « ni la femme ni l’homme ne disposent de leur corps » (7,4-5) et « les deux deviennent une seule chair, mais celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit ». (6, 16-17)
Communier au Corps du Christ c’est donc proclamer par notre vie le mystère pascal du Christ donnant sa vie pour rassembler tous les hommes dans l’unité. Ce n’est pas de tout repos !
« La tradition a le mérite de rappeler à quel point l’eucharistie se tient à la charnière de la vie historique de Jésus – « la nuit même où il était livré » et de l’expérience ecclésiale, centrée sur la présence active du Ressuscité auprès d’une communauté déjà affectée par des divisions résultant aussi bien des ambitions personnelles que des injustices sociales » Blanchard dans Feu Nouveau n°4 p. 32.
Paul a accueilli le trésor de la tradition de la part de ceux qui en avaient été témoins au moment où le Christ prononçait ces paroles et les vivait dans sa chair. S’il rappelle avec autant de force c’est pour faire comprendre toute la mesure de l’Eucharistie qui n’est pas intemporelle ni purement spirituelle, car elle est le centre de la vie de l’Eglise qui est avant tout communion. Elle est aussi un élément fondateur et constitutif de l’Eglise et de toute communauté chrétienne : elle la constitue dans sa dimension salvatrice et eschatologique .
Il est alors impensable de participer encore aux repas sacrificiels. Quel sens cela aurait-il ? On ne peut communier au Corps du Christ, boire à la coupe de l’Alliance et prendre part aux sacrifices.
C’est la tradition reçue qui nous fait saisir toute l’ampleur de l’eucharistie : elle nous rappelle que la célébrer c’est communier au Christ et aux sentiments qui l’habitaient dans son geste d’offrande. Il s’agit de la célébrer dans l’esprit qui habitait le Christ au moment où il allait être livré.
« La nuit où il était livré ». L’eucharistie est liée directement à la Passion du Seigneur, au don qu’il fit de lui-même pour rassembler tous les hommes en un seul Corps et communier au mystère de son don et de sa totale abnégation.
Communier c’est faire corps ensemble dans le Christ, au-delà de nos différences !
« Paul a déjà expliqué très clairement au ch.10 le sens et les conséquences du fait que nous mangions le même pain, le corps du Christ, et que nous buvions à la même coupe, le même sang du Christ : tous nous ne sommes plus qu’un dans le Christ. Nous vivons de sa vie, de son unique vie » G. Gaide – Paroles sur le chemin, p. 139
Les divisions de la communauté ne sont-elles pas en contradiction avec Celui qui les rassemble pour célébrer son mémorial. ? Celui qui divise est désormais vaincu « par le sang de l’Agneau » Ap 12,11

C’est vrai que le sacrement de l’unité révèle encore mieux les divisions qui déchirent la communauté de Corinthe (et les nôtres) mais en vue de leur donner une issue. C’est pour l’unité des membres que Christ a donné sa vie.
« Il le rompit » C’est le même corps du Christ qui est partagé entre tous et qui nourrit chacun des membres. Sa mort est pour la communauté source de vie, d’amour et d’unité justement pour aller au-delà de tout ce qui divise. Son corps rompu et partagé entre tous est force de communion et de réconciliation entre tous les membres. « Faites ceci en mémoire de moi ».
« Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ». Le sang du Christ qui purifie de toutes les divisions, réalise la nouvelle Alliance et rassemble dans une même communion Dieu et son peuple ; d’une manière si forte et sans cesse renouvelée par Lui que désormais son peuple (enrichi de cette Alliance) est capable de faire l’unité qui est, sans cesse, à refaire avec Lui chaque fois que nous en faisons mémoire.
L’unité qui est signe des temps messianiques, ne signifie pas la disparition de l’altérité mais trouve en elle, dans le Christ, un chemin de communion possible et nouveau.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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