Accueil > Prier avec nous > Homelies > Fête du Christ Roi

 

Fête du Christ Roi

23 Novembre 2014

34ème Dimanche du T.O. –A- Christ-Roi (TOL)

Le contrat entre Dieu et son peuple est simple : le peuple observe la loi et, de son cô-té, Dieu lui assure la prospérité. A la suite d’infidélités répétées, le peuple finit par être chassé de son pays pour se retrouver en exil en Chaldée (Irak du sud). Cependant, quoi qu’il arrive, Dieu n’abandonne pas son peuple. Un jour, il quitte son temple en ruine pour reprendre contact avec son peuple en ruine. Il s’adresse à Ezéchiel, un prêtre, lui aussi en exil.

Le texte d’Ezéchiel, lu aujourd’hui, clôture l’année liturgique. En le situant dans le contexte de l’époque, il marque la fin d’un système politique. Le roi était chargé de prendre soin du peuple de Dieu. Le sceptre qu’il recevait le jour de sa prise de fonc-tion (tout comme la crosse de nos évêques) était une idéalisation du bâton de berger. Avec son bâton, il empêche les brebis de s’égarer et les défend contre les attaques des bêtes sauvages.

Il y eut de bons et de mauvais rois. Les meilleurs ont connu quelques dérives qui é-taient comme une tache dans l’Alliance. Cela ne peut durer. A ce moment de l’His-toire, le roi aussi est en exil. La royauté a fait son temps et maintenant va commencer une ère nouvelle dans des conditions catastrophiques. Les brebis sont dispersées ; elles ne vont pas bien et personne ne s’en occupe. Dieu prend les choses en main.

« Me voici contre les bergers. Je m’occuperai de mon troupeau à leur place… Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis et je veillerai sur elles. »
Premier travail : rassembler les brebis ; ensuite regarder le carnet de santé de chacune. Enfin, examiner comment fonctionnent les relations dans le troupeau rassemblé. Il ne faut pas que les plus solides bousculent du flanc et de l’épaule les plus faibles pour avoir l’herbe la meilleure et l’eau la plus limpide.

²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²
En regardant l’histoire de l’humanité à travers les siècles, les historiens peuvent épingler des situations de catastrophe absolue suivies de redressements coûteux. Ce va-et-vient entre dérives et redressements aura une fin. Le texte de Matthieu présente la fin de l’histoire des hommes, la dernière goutte de l’avenir. L’Histoire finira, comme elle a commencé, par un jugement. Tout jugement consiste à décortiquer une situation, à séparer le vrai du faux. Il faut noter ce verbe, « séparer »
- Au tout début du livre de la Genèse (1,4) il est écrit « Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière des ténèbres »
- Le texte de Matthieu dit ceci : « (Le Fils de l’homme) séparera les hommes les uns
des autres comme le berger sépare les brebis des boucs. » Les uns vivaient dans la nuit et les autres dans la lumière. Ce jugement ne sera pas la fin du monde mais la fin d’un monde et le commencement d’un monde où tout sera vécu dans la clarté.

Dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, Paul présente Jésus, ce Fils de l’Homme, tel qu’il est depuis sa résurrection. « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui sont endormis(…) c’est dans le Christ que nous recevrons la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. »

Matthieu nous présente ce retour : « Le Fils de l’homme viendra dans sa gloire et tous les anges avec lui. » Au tribunal, c’est un homme glorieux qui préside. Le rite est solennel. Toutes les nations sont convoquées mais ce jugement ne sera pas un jugement de masse basé sur la nationalité, la culture, la race ou la religion.

Au jour du jugement, passeront devant lui ceux qui l’ont suivi en vérité, ceux qui l’ont suivi en trichant un peu ou beaucoup, ceux qui l’ont suivi sans le savoir, ceux qui l’ont suivi et abandonné, ceux qui n’ont jamais entendu parler de lui, ceux qui l’ont combattu de bonne foi ou avec la haine au cœur.

Chacun peut dire des choses sur l’image qu’il a de lui-même et sur l’image qu’il veut donner à son entourage. Il y a notre visage et le masque que nous donnons à voir qui finit par nous tromper nous-mêmes. Nous découvrirons qui nous sommes, qui nous avons été.

Sur son siège de gloire, Jésus reste marqué par son histoire humaine. Il est né pauvre, refoulé dans la périphérie de Bethléem. Ses parents ont connu l’exil. Il a gagné sa vie dans un village ignoré dans l’empire romain et méprisé en Palestine. Il a passé en faisant le bien et il est mort, jeune, rejeté par son peuple.
La question qu’il posera à chacun ne sera pas : « Qu’as-tu pensé ? » mais « Qu’as-tu fait, qu’as-tu négligé de faire ? Comment t’es-tu fait proche du déshérité ? »

Un psaume dit ceci « Les hommes droits siègeront en ta présence. » (139, 14)
Se trouveront à la droite de Jésus tous ceux dont les actions auront répandu comme un parfum des Béatitudes : les services qu’ils ont rendus étaient désintéressés ; ils ont respecté le droit et la justice ; la justesse de leurs projets leur a valu de recevoir des coups ; ils ont répondu mais sans avoir de haine au cœur.

Qui est capable de durer dans la droiture dans notre monde si tordu ? Jésus a été cet homme. Pour siéger en sa présence, il nous invite à le suivre.
Ayant exercé sa miséricorde envers ceux qui ont accepté de faire la vérité sur leur vie, Jésus remettra à son Père un monde propre et sa mission sera accomplie. Paul le dit ainsi :
« Quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils,
lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis
et ainsi Dieu sera tout en tous. »
D.Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>