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Fête du Baptême du Seigneur. Isaïe 42,1-4.6-7

Baptême du Seigneur

1ère lecture : Esaïe 42/1-4.6-7 Premier chant du serviteur du Seigneur

1 Voici mon serviteur que je soutiens ,
mon élu qui a toute ma faveur.
J’ai fait reposer sur lui mon esprit ;
aux nations, il proclamera le droit.
2 Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton,
il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.
3 Il ne brisera pas le roseau qui fléchit,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,
il proclamera le droit en vérité
4 Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas,
jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre,
et que les îles lointaines
aspirent à recevoir ses lois.
5 Ainsi parle Dieu, le Seigneur,
qui crée les cieux et les déploie,
qui affermit la terre et ce qu’elle produit ;
il donne la vie au peuple qui l’habite,
et le souffle à ceux qui la parcourent :
6 Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ;
je te saisis par la main, je te façonne,
je fais de toi l’alliance du peuple,
la lumière des nations :
7 tu ouvriras les yeux des aveugles,
tu feras sortir les captifs de leur prison,
et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres.

A propos de cette lecture :

« Voici un des innombrables textes célèbres du deuxième Esaïe, le prophète de l’Exil chargé d’ouvrir les yeux de l’espérance à Israël prostré et incrédule.
Le deutero –Isaïe va des chapitres 40 à 55, il est divisé en deux grandes parties : les ch. 40 à 49 centrés sur le peuple en exil à Babylone, avec l’évocation de Cyrus, et les ch. 49 à 55 qui concernent uniquement la restauration future .
C’est dans cette section que nous trouvons les quatre chants du Serviteur de Yahvé.
Le chapitre 42 est composite : il débute par le premier poème du Serviteur (1-7).
Les autres chants du serviteur suivront : 49,1-6 ; 50,4-11 ; 52,13-53,12.
Le premier chant est une présentation du Serviteur et de son œuvre.
La première partie (v.1-4) présente un personnage qui reçoit le titre de « serviteur » et « d’élu » et auquel on attribue une mission. Les deux titres se retrouvent tels quels dans le Psaume 89/4 attribués cette fois à David.
On peut se demander s’il s’agit d’une personne ou du peuple de Dieu « considéré dans sa pureté cad dans son petit reste personnifié, les pauvres » ? Il semble, selon les exégètes, qu’on peut identifier le peuple et le Serviteur.
« Celui-ci a les traits individuels indiscutables et irréductibles, il s’oppose même parfois à une interprétation collective. Ce serviteur est un personnage d’allure prophétique, appelé comme Jérémie dès le sein de sa mère (49,1) Yahvé l’a modelé à sa guise (42,6) ; rempli de l’Esprit de Yahvé (42,1), le Serviteur est un disciple instruit par Dieu (50,4-5) pour porter la vraie religion . »J. Riga
La mission de ce serviteur est clairement définie (v.1.3-4) : il est l’élu sur qui repose l’Esprit du Seigneur, en lui, il accomplira sa mission en douceur.
Il doit faire apparaître le droit. Si l’on regarde ce qui est dit au v.7 on a quelques précisions sur ce droit qui ne consiste pas à promulguer un code, fût-il nouveau, mais tout simplement à rétablir la justice en commençant par ouvrir les yeux des opprimés. Le Serviteur va tout simplement reprendre les Paroles du Seigneur afin de remettre la justice au cœur du peuple de Dieu, selon ses commandements.
Il est évident que, pour les aveugles et ceux qui sont dans les ténèbres, la justice et le droit que le serviteur établira ne se réduisent pas à la casuistique des tribunaux.
Tous les aspects des droits de l’homme, même ceux qui touchent la conscience profonde de l’être seront rétablis. Et cette œuvre sera réalisée avec douceur et respect et dans la conviction que l’espoir n’est jamais perdu.
Une telle œuvre sera possible grâce à l’esprit que le Seigneur donne au serviteur pour réaliser son dessein. On pressent déjà que sa mission dépasse celle d’un prophète. Sa mission, de faire régner le droit et l’esprit de Dieu comme instrument dans les mains de Dieu, dessine un personnage royal messianique, en effet les titres « serviteur » et « élu » nous situent déjà dans cette perspective royale.
v.2 Contrairement aux faux prophètes, il n’élèvera pas la voix, il n’utilisera pas la force mais la douceur toute divine qui encourage au lieu de briser et décourager. Seule la douceur peut provoquer la conversion vraie et profonde.

v.6 Dieu s’adresse au Serviteur avec la tendresse et la douceur du créateur, celle qu’il avait lorsqu’à l’origine il façonna l’homme.
Ainsi, Israël a été façonné au cours des âges et Dieu continue de considérer et de façonner son Serviteur avec la même sollicitude et tendresse en vue de l’Alliance. « Alliance du peuple et Lumière des nations, « le Serviteur sera comme un nouveau Moïse, il sera médiateur de l’Alliance nouvelle entre Dieu et le peuple,mais son ministère ne sera pas limité. Il aura un rôle universel. » J. Riga
Celui qui est l’Alliance, la Lumière des nations ouvrira les yeux du peuple. Telle sera sa mission : une lumière dans les ténèbres, afin de libérer son peuple des prisons qu’il s’est fabriquées. Il ne s’agit pas ici de l’annonce d’un nouveau Moïse, intermédiaire entre Dieu et les hommes, car le Serviteur sera l’Alliance du peuple, médiateur de l’Alliance.
« Le salut et l’espoir prennent corps dans l’image d’une figure royale qui réalise enfin sa mission.
Que l’auteur de ce chant pense à Cyrus, le roi perse qui ouvrira la porte de la liberté aux exilés, ou au peuple d’Israël lui-même, comme le fait la traduction grecque de la Septante, nous retrouvons les images d’Esaïe 11. »
_ Les qualifications si généreuses attribuées par Esaïe à Cyrus, le conquérant, s’expliquent par le fait que sa mission de libérateur est vue dans le cadre du projet de Dieu.
Dans le prolongement de la catéchèse chrétienne la plus primitive, la liturgie voit dans le Christ l’incarnation accomplie de cet oracle. Jésus de Nazareth est ce serviteur par excellence. Il se garde de toute propagande tapageuse, il ne classe pas une fois pour toutes les gens, tant ceux qui sont écrasés que ceux qui l’écraseront. Il vient guérir ceux qui se savent malades, ouvrir les yeux de ceux qui reconnaissent leur aveuglement, il vient inaugurer le jugement de Dieu, invitant chacun à se situer déterminer personnellement dans ou hors de face à sa lumière. A nous, les baptisés, il nous est fait cette confiance d’être des libérateurs, de mettre debout celles et ceux pour qui la vie semble un tunnel sans fin. Si cette tâche nous paraît, pour l’instant et pour diverses raisons impossible, rendons grâce au Seigneur simplement pour la confiance qu’il nous fait.

J.M. ASURMENDI, Cah. Evangile 52, p.13
2 Th. MAERTENS, Guide de l’Assemblée chrétienne, Tome I, p. 365-366

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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