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Fête de la Sainte Famille C

1 Jean 3,1-2 ;21-24

A propos de cette lecture.

_v.1﷓3 « Ce que nous serons. »
Nous avons ici un texte fondamental du Nouveau Testament, tellement que Jean Lui même en est tout émerveillé. Il est comme incapable de s’exprimer et de décrire alors il nous invite à voir par nous même.
L’expérience de Dieu, de son amour, personne d’autre ne peut le faire à notre place.
« Voyez », dit﷓il, « voyez quel amour le Père nous a donné, puisque nous sommes appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes ». L’appel que Dieu nous adresse est constamment considéré dans l’Ecriture comme étant tout à fait effectif ; mais sur ce point, Jean ne laisse subsister aucun doute. Nous ne sommes pas, seulement appelés enfants de Dieu, nous le sommes réellement. C’est quelque chose de tellement fort qu’il en résulte que le monde ne nous connaît pas, le monde ne peut pas imaginer de quoi il s’agit. L’idée que le monde a et ce que nous vivons dans le christianisme, sont deux choses incompatibles. C’est une réflexion qui revient fréquemment dans les écrits de Jean.
Il ne faut pas s’étonner du fait que le monde ne connaisse pas les croyants, ne les comprenne pas, car il n’a pas connu le Christ non plus. Ce n’est pas une affaire de connaissance, de même pour l’amour dont Dieu nous aime.
Du point de vue strictement grammatical le pronom (l’a) devrait renvoyer au Père, mais il est impossible de ne pas penser qu’il n’y ait là une allusion à Christ. Si Jean reconnaît la réalité actuelle de notre filiation divine, il n’est pas moins conscient du fait que le meilleur est encore à venir.
Voilà ce qu’on trouve résumé en une seule phrase : Grand Amour- Père- Don-Enfants de Dieu- appelés et nous le sommes

« A ceux qui le reçoivent il donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu. » Jn 1,12
Cette transformation n’est pas un acquis personnel mais l’œuvre de Dieu en nous.
L’initiative vient bien de Dieu, notre seule action est tout simplement de « recevoir », de nous laisser faire, de devenir par l’opération, l’action de Dieu.
Voilà où se situe notre effort : accepter de se recevoir d’un Autre.
Un oui qui va très loin, c’est toute une vie qui s’ouvre à la Vie de l’Autre.
Cf. Ct. : Le bien-aimé vient et revient près de sa bien aimée et l’invite à le suivre ; dont on connaît les hésitations, voire les résistances et les refus. Nous nous y retrouvons bien : chaque fois le don de Dieu nous est donné ! Nos refus font partie de cette transformation, de la découverte de la miséricorde de Dieu et de sa manière de nous parler, de ne cesser de nous inviter. Dieu nous rejoint au cœur de nos refus et les fait éclater ou fondre

v. 1 « Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don »
Comme St Benoît nous invite à écouter, Jean nous invite à voir. C’est un appel à voir, à prendre la mesure de la réalité de l’amour dont nous sommes bénéficiaires, englobés.
Ce voyez est d’autant plus important que l’unité du texte porte sur le péché, qui s’achève sur le « non voir » v.6 « quiconque pèche ne le voit ni ne le connaît. »
L’amour qui nous est donné est tellement grand et fort qu’on risque de ne même pas le voir. L’évidence est telle, qu’elle voile toute la réalité profonde : quand une réalité est trop grande on ne la voit pas. On est tenté de dire ce n’est pas pour moi, ou alors tourner le dos comme des enfants dépités. On s’en va déçu, triste !
Or justement c’est à des pauvres, pour des pauvres que cet amour est destiné. Ce sont eux les privilégiés. Sans cet « esprit de pauvre » nous n’avons pas accès au Royaume dans lequel les pauvres de cœur sont les bienheureux. C’est la clé pour entrer dans le Royaume et découvrir de quel amour nous sommes aimés.
Nous avons tous besoin d’être aimés : de Dieu mais aussi de nos frères et sœurs.
C’est le drame sans doute le plus grand : croire qu’on n’est pas aimé.

v.20 Mais parfois cette assurance fait défaut aux chrétiens. Notre cœur nous condamne.

v. 21 Jean ne désire pas que les chrétiens trouvent cette situation normale et s’en accommodent. Quelque chose de meilleur nous est destiné. Les promesses de Dieu sont telles qu’il n’y a aucune raison de rester dans l’incertitude. Nous pouvons donc avoir de l’assurance devant lui. Du moment que nous lui appartenons, nous n’avons rien à craindre.

v. 22 La relation avec ce qui précède ne saute pas aux yeux. Apparemment, la réponse à la prière n’est pas la conséquence du fait que notre cœur ne nous condamne pas. Mais l’assurance est commune aux deux, et une prière exaucée ne peut qu’accroître une telle confiance. C’est lié à l’obéissance. Le temps des deux verbes « garder » et « faire » marque la continuité. Ce n’est pas un accès d’obéissance de temps à autre qui rend notre prière efficace, mais c’est une vie tout entière caractérisée par l’obéissance. Il est en outre question de faire ce qui lui est agréable, ce qui va plus loin que la simple observance des commandements. Cela fait penser aux paroles du Seigneur dans le Sermon sur la Montagne. Nous retrouvons le même souci d’avoir l’esprit de Jésus, la même conviction qu’il ne suffit pas de s’en tenir à la lettre de la loi.

v.23 Son commandement est maintenant défini en termes de foi et d’amour. Le singulier peut vouloir indiquer qu’une seule chose est nécessaire. Il n’y a pas de liste interminable de pénibles exigences. D’autre part, la foi et l’amour sont si étroitement liés qu’on peut les considérer comme une seule et même chose. Nous croyons au nom de son Fils Jésus﷓Christ. Le nom représente la personne tout entière. C’est la foi en tout ce que Jésus est et fait.
La deuxième partie du commandement veut que nous nous aimions les uns les autres. L’importance de l’amour et la responsabilité que nous avons les uns envers les autres, sont deux des grands thèmes de cette épître. Il nous faut aimer selon le commandement qu’il nous a donné. Le fait que cette expression s’ajoute à la mention du commandement au début du verset, met l’accent sur le fait que notre comportement n’est pas indifférent à Dieu.

v. 24 Après le singulier du v. 23, le commandement, Jean reprend le pluriel, ses commandements. Chacun de ceux qui les gardent demeure en Dieu, et Dieu en lui. Cette relation de présence réciproque est un autre thème caractéristique de l’épître. Comment pouvons﷓nous nous en rendre compte ? Par l’Esprit qu’il nous a donné.
L’Esprit est donné (et non mérité), et c’est lui qui donne l’assurance.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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