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Fête de la Sainte Famille A -29 décembre 2013

Sainte Famille  -A-

Ces derniers temps, les médias ont communiqué les résultats inquiétants, d’une en-quête concernant le niveau des élèves en France. On a évoqué toutes sortes de rai-sons, l’organisation du temps scolaire et des programmes, les conditions de vie des enfants à la maison. On a peu parlé des capacités de concentration de l’enfant. Et pourtant, il y aurait à dire !

- 1) J’ai entendu à la télé le témoignage d’un professeur qui a travaillé dans une Zo-ne d’Education Prioritaire. Toutes les trois minutes, il devait faire une pirouette intel-lectuelle pour rappeler aux élèves qu’il était là et qu’il leur parlait. Sans arrêt, l’atten-tion des élèves décrochait.
- 2). J’ai pu observer le comportement d’un adolescent dans un groupe d’adultes. Il a suivi un peu ce qui se disait mais bien vite il a sorti de sa poche un appareil électro-nique et s’est lancé dans un jeu. Il lui arrivait de sourire tout seul devant son écran. Repris quelquefois par son entourage, il remettait son appareil dans sa poche pour le ressortir sans tarder. Il se sentait bien ailleurs.
L’industrie des médias vante les bienfaits des jeux vidéo : ils aident les enfants à se concentrer. En jouant, ils apprennent à perdre. Les fabricants soulignent aussi la né-cessité du contrôle des parents, ce qui suppose qu’ils soient présents. Mais que veut dire le mot parents aujourd’hui ?
- 3) Combien d’enfants partent à l’école le matin avec une boule au ventre. La ten-sion entre les parents est forte pour toutes sortes de raisons. L’enfant enregistre tout ce qu’il voit et entend mais il n’a pas les mots pour dire sa souffrance. Il va subir sa journée dans l’inquiétude.
Dans de telles conditions, l’enseignant peut bien parler à l’enfant de l’accord du parti-cipe passé conjugué avec le verbe avoir. Peu lui importe que Louis XIV soit avant ou après Napoléon. Il est tenaillé par d’autres questions autrement plus angoissantes. Dans une société qui enregistre et encourage la désorganisation de la famille à quoi peut servir n’importe quelle réforme de l’école ?

Devant ces situations, deux pistes de recherche me paraissent importantes : 1), la sta-bilité de la famille égratignée par les exigences de l’entreprise et 2), la capacité de la famille à remplir son rôle d’éducation.

- 1). Dans notre société, la priorité absolue est donnée au développement ou à la sur-vie de l’entreprise. C’est une urgence nationale. Tous les personnels doivent être dis-ponibles. Il faut assurer le rendement et les services. Ce qui entraîne parfois les parents dans des horaires de travail impossibles. Si on arrive à caser les enfants, il reste que bien souvent il y a une rupture de relations entre les enfants et les parents qui se trouvent dépossédés de leurs responsabilités d’éducateurs.
On m’a cité, ces temps-ci, le cas d’une avocate qui a lâché son métier pour se consa-crer à ses enfants. Il faut pouvoir le faire mais c’est courageux.

L’enfant ne peut être construit que dans un cadre stable. Comment embaucher des gens qui ont du mal à fixer leur attention ? En ne tenant pas compte de la vie de fa-mille, l’entreprise se stérilise elle-même.
Qu’elle ajoute à ses soucis financiers le souci de la vie des familles peut paraître hors sujet. Ne serait-ce pas quand même une question à poser avant que les égratignures ne deviennent des plaies ?
Cela dit, il faut saluer les familles qui réussissent à donner du temps à leurs enfants. Le Pape François dit ceci : « Il est très important de « perdre du temps » avec ses enfants et de jouer avec eux. » L’enfant s’investit dans le jeu. Il apprécie que ses pa-rents s’intéressent à ce qui est important pour lui.
- 2). L’éducation affective des adolescents. On parle du drame que vivent tant d’a-dolescentes enceintes. Comment se fait-il qu’on ne parle jamais du comportement des garçons ? Dans notre société, il n’est pas convenable, semble-t-il, de parler d’autre chose que de préservatifs !
L’éducation affective est une question sensible ; personne n’est plus malin qu’un au-tre. Qu’il s’agisse de jeux vidéo ou de sexe, il s’agit toujours d’essayer de contrôler les pulsions. Et dans ce domaine aussi on peut saluer les parents qui dialoguent avec leurs enfants et les personnes qui suivent une formation pour se consacrer à ce travail de formation dans le milieu scolaire. Elles ne sont pas assez nombreuses.

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En célébrant la Sainte Famille, nous ne regardons pas une famille à qui Dieu aurait é-vité les ennuis. Au hit-parade des épreuves familiales, Joseph et Marie sont en bonne place. Assurer une vie équilibrée aux enfants est aussi une urgence nationale.

Pour finir, j’évoque un souvenir. Au pied d’un pilier de cette chapelle, un vieux mon-sieur m’a fait, il y a quelques années, cette confidence : « Quand j’étais jeune, j’ai demandé à St Joseph de m’aider à choisir celle qui serait mon épouse et la mère de mes enfants. Je me suis marié, j’ai eu des enfants et des petits enfants.
Et récemment, ma femme m’a dit : « Tu sais, quand j’étais adolescente, j’ai demandé à St Joseph de m’aider à choisir celui qui serait mon époux et le père de mes en-fants. » Fonder une famille demande le temps de la réflexion et pourquoi pas le temps de la prière ? Mais est-ce un projet qui habite le cœur des jeunes générations ?

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Paul dit : « Et par-dessus tout qu’il y ait l’amour ». Et il énumère la tendresse, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le support mutuel et le pardon.
Dans la vie de couple, il y a des moments heureux. Chacun est heureux de recevoir. Et il y a des moments où apparaît l’exigence du don de soi.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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