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Fête de la Sainte Famille A -Colossiens 3, 12-21

Colossiens 3, 12-21

12 Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience.
13 Supportez-vous les uns les autres, et si l’un a un grief contre l’autre, pardonnez-vous mutuellement ; comme le Seigneur vous a pardonné, faites de même, vous aussi.
14 Et par-dessus tout, revêtez l’amour : c’est le lien parfait.
15 Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance.
16 Que la Parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse : instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec pleine sagesse ; chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l’Esprit.
17 Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père.
18 Épouses, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur.
19 Maris, aimez vos femmes et ne vous aigrissez pas contre elles.
20 Enfants, obéissez en tout à vos parents, voilà ce que le Seigneur attend de vous.
21 Parents, n’exaspérez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent.

A propos de cette lecture :

L’incarnation de Jésus ne pouvait contourner ou faire fi de l’expérience d’une vie de famille. C’est dans le milieu familial, soumis à Marie et Joseph que Jésus a grandi en sagesse, en taille sous le regard de Dieu et des hommes. Lc. 2, 51-52. Sa famille ne fut pas exempte des conditions et des exigences que connaît toute famille.
Dans ce temps de Noël, la liturgie nous invite à contempler la famille, les bienfaits mais aussi les exigences que celle-ci entraîne. La famille se trouve au cœur de la Bible. Dès le début, la première connut déjà les problèmes de relation interpersonnelle, tant au niveau du couple (Adam-Eve) qu’ à celui des enfants (Abel –Caïn) et, plus tard, entre parents-enfants.

Pourquoi parler de ‘sainte famille’, de celle de Marie, Joseph et Jésus ?
L’Eglise nous la présente, comme la condition indispensable à l’insertion de Jésus parmi les hommes. La situation dans une famille est « incontournable » pour Jésus qui veut être pleinement homme et, parfaitement de notre humanité dans la vie de tous les jours, comme tous les hommes. Toutes les péripéties de la vie ne furent pas épargnées à la sainte famille : on peut noter la fuite et la vie d’immigrés en Egypte, le retour incertain au pays, la peur du successeur d’Hérode, le déplacement à Nazareth…
_ La famille de Marie et Joseph vivait de l’amour indicible de Dieu : le cœur de chacun était revêtu de tendresse, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. C’est au cœur d’une telle famille, rayonnante de l’amour de Dieu, que Jésus va grandir. L’amour qu’il reçoit de son Père lui viendra par Marie et Joseph ses parents, non seulement de manière artificielle en faisant semblant, mais dans la réalité de la vie quotidienne comme aussi dans les dures réalités rencontrées.

Ce dimanche, la liturgie nous rappelle que les relations fraternelles au sein d’une communauté comme les relations mari-femme et parents-enfants, peuvent recevoir et bénéficier d’une lumière évangélique pour qu’elles soient harmonieuses. Cela n’est possible, dit Paul dans sa lettre aux Colossiens, que parce qu’ils ont été « choisis par Dieu […] ses fidèles, ses bien aimés ». C’est là que se trouve la source de la tendresse, de la bonté… Il est loin de leur donner une leçon de morale mais il leur révèle ce qu’ils sont et ont à vivre « que dans vos cœurs règne la paix du Christ »
Aujourd’hui, à nous qui sommes par le baptême « revêtus du Christ et par là même de sa bonté, de sa tendresse, de sa patience, de son humilité et de sa douceur, Paul rappelle ce que nous sommes et avons à vivre « que dans vos cœurs règne la paix du Christ »

Pour Paul le centre de l’histoire c’est le Christ qui doit devenir progressivement le centre de la vie de chaque chrétien, de chaque communauté puisqu’il est vivant en chacune d’elle. C’est à partir de : « vous avez revêtu l’homme nouveau, celui qui, pour accéder à la connaissance, ne cesse d’être renouvelé à l’image de son créateur » (3:10) que toute la vie change et est radicalement bouleversée : vous avez revêtu une nouvelle nature et il précise que ce changement est en train de s’accomplir : « ne cesse d’être renouvelé ».
Il justifie le motif pour lequel on doit avoir des sentiments de compassion : tout simplement « 12 puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience. »
Relevons quelques mots significatifs du texte : agissez comme le Christ, faites de même, que dans vos cœurs règne la paix, vivez dans l’action de grâce, la parole du Christ habite dans vos cœurs, la reconnaissance au nom du Seigneur Jésus-Christ ».
Le croyant est habite par le Christ et toute sa vie en est transformée, même et surtout la vie de famille.
Pour nous parler de la vie de famille, Paul pense d’abord à la famille des chrétiens. Ce qui vaut pour l’Eglise de Dieu, pour la communauté chrétienne vaut pour la famille humaine qui en est une petite cellule : vivre en bonne intelligence, s’accepter différents, ne pas chercher à dominer l’autre, savoir se pardonner avec délicatesse. Bref, s’aimer tel que l’on est. Dieu ne nous aime-t-il pas tels que nous sommes ?
« Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonnés, faites de même » : l’exercice du pardon est le fondement nécessaire à une relation d’amour authentique, « par-dessus tout cela qu’il y ait l’amour ».
Enfin, l’action de grâce et la louange se portent garants de l’ouverture du cœur qui permet de vivre cet appel à l’unité dans la charité. Nous sommes soumis les uns aux autres comme les membres d’un même corps sont dépendants. Nous formons le corps du Christ.

« Comme toujours chez Paul le réalisme de la grâce commande le déroulement de la vie chrétienne. Puisque les fidèles sont aimés de Dieu, ils doivent en communauté répondre à l’amour premier du Seigneur, cet amour plein de miséricorde qui s’est manifesté spécialement dans le pardon des péchés (2/13). … Les dernières recommandations concernent la vie liturgique de la communauté. On y trouve le même souci que dans I Co. 14 s’associer les uns et les autres à ces réunions où l’on écoute ensemble la Parole du Christ, où l’on s’exhorte mutuellement à découvrir la volonté concrète du Seigneur, et où l’on chante sa reconnaissance dans des hymnes….
Dans la lecture il faut mettre en valeur l’effort, plus ou moins accentué, de christianiser les motivations et c’est bien dans ce sens qu’il faut rechercher l’actualisation de textes portant la marque de leur temps et des contraintes sociales d’alors. … Enfants/parents : à l’obéissance des premiers doit correspondre le doigté pédagogique des seconds qui chercheront à doser les exigences avec les possibilités de leurs enfants ». Cahier évangile-E. Cothenet

En cette fin d’année, pensons à rendre grâce pour tout le cas que Dieu nous a manifesté à travers l’affection que l’on nous a témoignée au long des jours écoulés.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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