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Fête de la Sainte Famille

Sainte Famille - C-

Au Livre de Samuel, Anne, l’épouse d’Elcana, vient présenter son jeune enfant Sa-muel au Temple de Silo. Elle ne veut pas orienter elle-même l’avenir de son fils. C’est à Dieu de lui tracer un chemin.
Dans l’évangile de Luc, Jésus a été élevé par Joseph et Marie. A l’adolescence, lors de son premier pèlerinage à Jérusalem, il fait un choix de vie : « être chez son Père. » Il prend ses distances vis-à-vis de ses parents tout en restant soumis.
L’enfant est au centre de ces deux récits.
Elcana et Anne, Joseph et Marie ont été comme tous les couples. Ils n’ont pas vécu dans un monde de rêve.

Regards sur la famille aujourd’hui.
Elle est immergée dans une société où les possibilités techniques ne cessent de se
développer. Tous les claviers qui font des clics lui sont familiers. On dit que les jeunes enfants ne savent plus jouer. Ils savent manipuler.
Dans ce monde perfectionné, un sentiment d’insécurité s’est insinué. L’avenir se dé-robe. Si un citoyen ose entreprendre quoi que ce soit, il se trouve introduit dans un
labyrinthe de règles administratives qui le paralysent. Ce qui est humain se détériore.

Dans ce monde si complexe, on aurait pu penser que la famille restait un repère soli-de, Il n’est est rien. L’institution de la famille a toujours existé et la famille a toujours été fragile et menacée. Elle est toujours le lieu de grandes joies et de grandes
souffrances. Il y a toujours eu des accidents de parcours.

Aujourd’hui, quand on parle de la famille on ne sait plus de quoi on parle. La façon de dire qu’une famille est traditionnelle, conduit à penser qu’elle est vieux jeu.
En déstructurant l’institution familiale, la société fait de l’autodestruction. La solidité d’une société, et donc son avenir, dépend de la solidité de la famille. Un homme, une femme, des enfants.

Se marier, c’est comme conduire une voiture. C’est interdit aux gamins et réservé aux adultes..Pétrifiés par le présent, paralysés par une peur de l’avenir qui ne dit pas son nom, les jeunes qui vivent en couple peuvent-ils avoir le projet de fonder une fa-mille ? Qu’on soit ou non chrétien, fonder une famille est un acte courageux de foi et d’espérance.

Dans toute société, il y a des personnes âgées, des adultes, des jeunes, des
adolescents, des enfants et des tout jeunes bébés. Ce sont les adultes qui s’occupent, prennent soin des aînés et des jeunes générations. Il y a dans la société des structures qui s’occupent des uns et des autres : les écoles, les mouvements toutes sensibilités, les associations toutes catégories.

Dans son encyclique « Laudato si » le pape François évoque le rôle central de la famille (N°213).
« Je veux souligner l’importance centrale de la famille parce qu’elle est le lieu où la
vie, don de Dieu peut être convenablement accueillie et protégée contre les
nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d’une croissance humaine authentique. Contre ce qu’on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie. »

Regards sur les enfants.
Dans une famille, les enfants participent à la vie commune selon leur âge et leurs
capacités. En famille, on apprend à respecter l’évolution de chacun. Les parents disent volontiers : « On a élevé nos enfants de la même façon, les règles étaient les mêmes pour tous, mais chacun a développé le tronc commun de manières diverses. »

Tout ce que les enfants vivent à l’extérieur de la famille peut être source d’
enrichissement, d’épanouissement ou moyen d’embrigadement. Après avoir participé à ceci ou cela à l’extérieur, l’enfant, jusqu’à un certain âge, revient dans sa famille. Naturelle-ment, il raconte ce qu’il a fait, ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu et les parents approuvent, encouragent ou rectifient. Heureux sont les enfants quand ils sont écoutés par leurs parents ! La famille est le point d’ancrage de toute éducation. Un enfant qui n’a pas ce point d’ancrage devient un enfant de la rue et un enfant des médias.
*
Le pape François écrit ceci :
« Dans la famille, on cultive les premiers réflexes d’amour et de préservation de la vie, comme par exemple l’utilisation correcte des choses, l’ordre et la propreté, le respect pour l’écosystème local et la protection de tous les êtres créés.
La famille est le lieu de la formation intégrale où se déroulent les différents aspects, intimement reliés entre eux, de la maturation personnelle.
Dans la famille on apprend à demander une permission avec respect, à dire merci comme expression d’une juste évaluation des choses qu’on reçoit, à dominer
l’agressivité ou la voracité et à demander pardon quand on cause un dommage.
Ces petits gestes de sincère courtoisie aident à construire une culture de la vie
partagée et du respect pour ce qui nous entoure.

Il m’arrive parfois de dire à tel ou tel enfant : « Tu as de la chance d’avoir des frères et sœurs. Avec eux, tu apprends deux choses qui te serviront toute ta vie où que tu sois et quoi que tu fasses. Tu apprends à défendre ta place. Tu n’as pas à être toujours par derrière. Tu apprends à exister en t’opposant. Mais tu apprends aussi à partager, à écouter, à respecter l’autre, à intégrer ce que tu entends et à en tenir compte. »
Dans la famille, chacun s’exerce à se situer dans la complexité des relations sociales avec ses exigences de justice… et de miséricorde !
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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