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Fête de Pentecôte -Actes 2, 1-11

Actes 2.1-11

« Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle, Partes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. »

A propos de cette lecture :

La Pentecôte était pour les Juifs l’une des plus grandes fêtes de l’année. A cette occasion, comme pour la fête de la Pâque, beaucoup de Juifs venaient en pèlerinage à Jérusalem de tous les pays entourant la méditerranée.
Fête agraire, à l’origine, la Pentecôte était devenue fête des prémices de la moisson, et progressivement, dans les derniers siècles de l’Ancien Testament, elle avait été reliée aux étapes de l’histoire d’Israël. On avait pris l’habitude d’y célébrer le don de la Torah, la Loi, sur le mont Sinaï.
Comme au Sinaï (Exode 19, 16-19 ; 20, 18), on retrouvait les mêmes éléments : le vent, le bruit, le feu qui orchestrent la venue de l’Esprit Saint. C’est le souffle de Dieu qui avait déjà été donné à son peuple et particulièrement aux prophètes leur pour leur mission de porte-parole de Dieu.
Au livre de l’Exode, il est écrit qu’au Sinaï : « tout le peuple voyait les voix, les tonnerres, la voix du cor et la montagne fumante ; le peuple vit, il frémit et se tint à distance. » Certains midrash font remarquer, selon Charpentier dans Cahier Évangile 20, que le texte ne dit pas du tonnerre mais des tonnerres, disant que la voix de Dieu, telle qu’elle était prononcée, se divisa en 70 voix, 70 langues pour que toutes les nations puissent comprendre.

Cette Pentecôte juive célébrait comme un aboutissement, une plénitude, le couronnement de l’Alliance au Sinaï. Mais elle devait encore trouver son vrai aboutissement et son sens final. Car tout n’était donc pas terminé : « comme Moïse était monté vers la nuée pour rapporter au peuple la Loi de Dieu, le Christ était monté au Ciel pour répandre l’Esprit de l’Alliance nouvelle ». Cette Loi du Sinaï, il était venu l’accomplir en révélant, à ses contemporains, le Dieu qui les avait appelés, et en leur signifiant comment la Loi se résumait dans l’unique commandement de l’Amour de Dieu et des frères qu’il avait vécu lui-même jusqu’à l’extrême. Tel fut le Don par excellence que Dieu fit à son peuple dans son Fils unique et telle fut la conclusion de la nouvelle Alliance au soir du jeudi lors de la Cène et au sacrifice de la croix.

Le matin de Pentecôte après la Résurrection de Jésus, le peuple faisait mémoire du don de la Loi, lors de l’Alliance au Sinaï et de toute l’aventure qui l’avait constitué Peuple de Dieu. Neuf jours s’étaient écoulés entre l’Ascension et la Pentecôte, neuf jours durant lesquels l’Église primitive était en prière. (C’est là l’origine de la pratique d’une neuvaine ; la neuvaine la plus importante est celle qui nous prépare à la fête de la Pentecôte et durant laquelle nous supplions Dieu de nous donner son Esprit.) Quand survint « un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent. » Comme hier, au Sinaï, le fracas du tonnerre faisait trembler la montagne et signifiait la présence de Dieu. Et une sorte de feu, ‘comme des langues’, se pose sur chacun. Ce n’est pas seulement la maison qui est touchée, remplie, mais chacun de ceux qui sont présents, sont touchés, remplis de l’Esprit Saint.
Le récit insiste, disant que la maison fut toute « remplie » de l’Esprit, ensuite, ce sont les apôtres qui en furent « remplis. » Les disciples, qui vivaient jusque là repliés sur leurs souvenirs, et dans la peur de représailles de la part des autorités, « prennent soudain feu » au contact de l’Esprit. Délivrés de leurs craintes et de leur timidité, ils se mettent à raconter autour d’eux la merveilleuse histoire qu’ils viennent de vivre avec Jésus Christ.
Finalement, c’est toute la foule, venant des quatre coins du monde connu à l’époque, qui entend proclamer les merveilles de Dieu ; comme une étincelle allume un feu dans une maison, le propage jusqu’à atteindre et embraser dehors la foule présente. La maison des apôtres est trop petite, elle ne peut rester fermée sur elle-même, sur le peuple d’Israël, elle doit s’ouvrir aux dimensions du monde
« Au Sinaï, selon les légendes juives, Dieu avait proposé les commandements dans les diverses langues du monde, mais Israël seul les avait acceptés. Aujourd’hui, Dieu répare cet échec. Luc part d’un phénomène connu, le « parler en langue » des premières Eglises, mais il transforme l’expérience en un « parler en d’autres langues ». Revue Signes .
Nous n’avons pas de meilleur récit pour comprendre qui est l’Esprit, et le souffle qu’il insuffle, et les bouleversements qu’il opère et quelle marque il grave dans le cœur de ceux qu’il touche.

Aujourd’hui, la Parole de Dieu a traversé le temps et nous as rejoints parce qu’un matin de Pentecôte douze êtres humains, enfermés dans leur maison, en ont franchi le seuil pour annoncer l’Evangile.
La Pentecôte, c’est la naissance d’une parole, la naissance de l’Église universelle.
Chacun les entendait dans sa propre langue… Cette expression répétée trois fois (v. 6.8. 11) nous indique que nous avons ici une des clés de ce récit. Le miracle de la Pentecôte ne réside pas tant dans le fait que les apôtres, d’origine palestinienne, se mettent à parler des langues étrangères, que dans le fait que tous ces étrangers entendent dans leur propre langue proclamer les merveilles de Dieu : c’est là le signe de la Pentecôte. Bien d’autres textes du Nouveau Testament font allusion au “don des langues” (Ac. 10,46. 19,6 ; 1Co. 12 ; 14, 2-19) mais ici est posé par Dieu lui-même le fondement de toute évangélisation : ceux qui sont appelés à la foi n’ont pas à renoncer à leur langue ou à leur culture pour entrer dans l’Église, comme devaient le faire les prosélytes juifs. Bien au contraire, c’est dans toutes les langues et toutes les cultures que Dieu veut être loué et béni ; ainsi sera rendue visible la diversité des membres dans le Corps du Christ (1Co. 12,12-13), rendu visible aussi le rassemblement par Jésus et son Esprit de tous les enfants de Dieu dispersés (Jn. 11,52). « l’Eglise chrétienne ne sera plus rivée à une langue, que ce soit l’hébreu des ancêtres, l’araméen parlé par Jésus et les premiers apôtres, ou le grec des auteurs inspirés du NT. Les langues et les cultures de tous les peuples sont données par l’Esprit aux apôtres et par eux à l’Eglise. L’économie de l’Esprit ne s’accommode plus de la suprématie d’une langue ou d’une culture sur les autres : elle les assume toutes.
Pas plus qu’il ne sera désormais nécessaire de se faire juif pour jouir des privilèges de l’Alliance, il ne faudra adopter la langue et les usages d’un peuple plutôt qu’un autre : il suffira d’entendre ce que dit l’Esprit et de suivre ses suggestions ». Dupont dans Ac. des Ap. Lect Divina 4.
Le mouvement de la mission universelle est amorcé et les frontières éclatent déjà puisque tous ceux qui sont là, des étrangers, les entendent, comprennent et accueillent la Bonne Nouvelle. Il est donné à chacun de manifester l’Esprit et d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité.
Tout au long de son histoire l’Église est tentée d’oublier ce signe de la Pentecôte en imposant sa langue et sa culture aux peuples nouveaux, comme aux milieux nouveaux qu’elle évangélise. Mais tout au long de son histoire aussi, l’Esprit Saint la met en garde contre cette tentation en suscitant des apôtres pénétrés de l’esprit de la Pentecôte.
Ce matin-là, l’Esprit leur ouvre grandes les portes du monde : des hommes nouveaux sont en train de naître. Avec ces gens tellement différents surgissent les premiers germes de l’Eglise. Tout aurait pu s’arrêter là, mais ce serait compter sans l’Esprit. Si la Parole de Dieu a franchi les frontières de la Palestine, elle passera aussi celles du temps
Nourrie du feu de l’Amour, de tant de générations d’hommes et de femmes bien divers, alimentée de leurs expériences ecclésiales et portée par leur foi, la Parole Vivante du Ressuscité nous rejoint dans notre aujourd’hui.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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