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Epiphanie

6 janvier 2013
Epîphanie

En évoquant la nuit et la lumière, le prophète Isaïe et l’apôtre Paul peuvent guider notre lecture de l’Evangile.
- Revenu d’exil, le peuple de Dieu est découragé devant l’ampleur du travail qui l’at-tend. Il n’a que des questions sans réponse. Tout le pays est à reconstruire. Le pro-phète Isaïe dit ceci : « Debout Jérusalem ! Resplendis ! Regarde ! L’obscurité re-couvre la terre (…) mais sur toi se lève le Seigneur et sa gloire brille sur toi. »

- Quelques siècles plus tard, Paul ne se posait pas de questions. Il avait la réponse. Pour sauver la foi juive, il fallait supprimer les chrétiens. Mais ce qu’il croyait être lumière n’était que ténèbres. Un jour, il dit : « Par révélation, (Dieu) m’a fait con-naître le mystère du Christ. » Une lumière venue d’ailleurs a changé sa vie.
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Collectivement ou individuellement, nous refaisons l’expérience du peuple de Dieu. Ce qui ne change pas, c’est que le déclic qui annonce une bonne nouvelle se déclen-che dans la nuit.
Un jour, un enfant fit cette découverte : « La lune est plus utile que le soleil parce qu’elle éclaire quand il fait nuit, tandis que le soleil éclaire quand il fait jour. » Au-trement dit, nous n’avons pas besoin du soleil quand il fait jour.
Nous raisonnons comme cet enfant. Quand tout va bien, Dieu ne sert à rien puisque il fait jour dans nos affaires. Mais quand la nuit de la crise s’impose partout, l’évangile devient une lumière intéressante.
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Les bergers de Bethléem sont les premiers témoins du déclic qui fait apparaître une lumière nouvelle. Une nuit, ils sont interpellés par un message étrange. « Aujourd’hui vous est né un Sauveur. (…). Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Un sauveur sur la paille ! Qui peut croire une stupidité pareille ?! Les bergers ont dit : « Allons voir ! » Ils ont vu et ils ont raconté.
Si le Sauveur était né dans un palais avec, comme on dit, une petite cuillère en argent dans la bouche, les anges n’auraient pas dérangé des bergers. D’ailleurs, l’entrée du palais leur aurait été interdite.
Aujourd’hui, riches et pauvres se disputent la Une de l’actualité. Est-ce que nous condamnons les riches, en souhaitant, peut-être secrètement, être à leur place ou bien est-ce que nous nous dérangeons pour aider les pauvres à survivre ?
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Pour ne pas rester enfermé dans les frontières de son peuple, Dieu a élargi son hori-zon en se manifestant à des non-juifs. En Orient, des savants observaient les étoiles. Une nuit, un astre nouveau apparut. Dans leur logique, ce signe dans le ciel, pouvait être l’annonce de la naissance d’un roi.
Beaucoup ont pu voir cet astre sans se sentir concernés mais quelques uns ont voulu en savoir davantage. Les chemins de quelques chercheurs se sont croisés. Ils arrivent à Jérusalem, capitale de la Judée, et posent naïvement la question : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Tout naturellement la réponse les conduit au Palais du roi Hérode le Grand qui prend l’information très au sérieux. Les chefs des prêtres et tous les scribes sont convoqués et interrogés. Réponse : il faut aller à Bethléem !
Les mages reprennent la route, mais les prêtres et les scribes n’ont pas bougé. Pour-quoi ? On peut imaginer trois raisons qui nous interrogent.

_ - 1). Ils savent parler de Dieu. Mais leurs mots ne sont pas des portes qui ouvrent un chemin. Ce sont des outils qui leur permettent de contrôler le quotidien du peuple. Ils n’ont pas de relation personnelle avec Dieu. Ils n’ont pas besoin de lui. Ils ont leur lumière et ils s’en servent pour dominer leurs concitoyens.
Est-ce que nous servons Dieu ? Est-ce que nous nous servons de lui ?

_ - 2). Dieu n’a pas respecté les règles de la bienséance. Puisque les prêtres et les scri-bes sont responsables de la foi du peuple, Dieu aurait dû les avertir en priorité. ( Mais auraient-ils compris le message ?) Il serait maintenant humiliant pour eux de tenir compte d’informations transmises par des incroyants.
Notre Eglise nous a appris des choses sur Dieu. Acceptons-nous que des incroyants ou des fidèles d’une autre religion nous disent des choses nouvelles sur notre Dieu ?

-_ 3). Un roi vient de naître, dit-on ! Mais aucune naissance n’est attendue au palais d’Hérode. Ce nouveau roi ne peut être qu’un concurrent. Aller vers lui pour lui ren-dre hommage, c’est prendre parti contre Hérode qui a déjà massacré quelques mem-bres de sa famille pour se maintenir au pouvoir. Il est urgent d’être prudent !
De quelle manière sommes-nous paralysés par le pouvoir, par la peur ?
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A Bethléem, le berger est en première ligne. A Jérusalem aussi. Devant Hérode, les prêtres et les scribes citent le prophète Michée : « De toi (de Bethléem, en Judée) sortira un chef qui sera le berger d’Israël mon peuple. »

__En ce temps-là, les bergers étaient les plus méprisés au plus bas de l’échelle sociale. L’opinion publique les tenait pour malhonnêtes et voleurs. Que Jésus soit visité par des bergers et qu’on lui promette un avenir de berger, n’est-ce pas une provocation ?
Le berger de Bethléem va-t-il connaître une promotion ?
Le berger du peuple de Dieu va-t-il connaître le mépris ?
Jésus apportera sa lumière à tous les méprisés. Sur la croix, il accueillera dans son pa-radis le larron qui a fait la vérité sur sa vie. Au pied de la croix, un païen, officier romain, reconnaîtra, en ce crucifié, le Fils de Dieu.
Dans la nuit, les mages ont entrepris une marche à l’étoile. Chacun peut rester chez soi avec ses certitudes. Chacun peut prendre la route et risquer la découverte.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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