Ephésiens 4,1-16


Ephésiens 4:1-13

Je vous y exhorte donc dans le Seigneur, moi qui suis prisonnier : accordez votre vie à l’appel que vous avez reçu ; 2 en toute humilité et douceur, avec patience, supportez-vous les uns les autres dans l’amour ; 3 appliquez-vous à garder l’unité de l’esprit par le lien de la paix. 4 Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance ; 5 un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; 6 un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous, et demeure en tous
7 À chacun de nous cependant la grâce a été donnée selon la mesure du don du Christ. 8 D’où cette parole : Monté dans les hauteurs, il a capturé des prisonniers ; il a fait des dons aux hommes. 9 Il est monté ! Qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi descendu jusqu’en bas sur la terre ? 10 Celui qui est descendu, est aussi celui qui est monté plus haut que tous les cieux, afin de remplir l’univers. 11 Et les dons qu’il a faits, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et catéchètes, 12 afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, 13 jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude.

Paul est en prison, sans doute durant sa captivité romaine de 61 à 63, où il a appris les magouilles et les grenouillages dans la communauté de Colosses à 200 km d’Ephèse, à qui il a déjà écrit pour mettre les choses au point.
La lettre aux Ephésiens reprend les mêmes thèmes mais sous un mode solennel et contemplatif.
Dans un milieu où sévissait l’occultisme des religions à mystère, pratiquants des rites secrets, l’apôtre rappelle le mystère du Christ, sa prééminence absolue, l’universalité de son salut destiné tant aux nations païennes qu’aux juifs, l’urgence d’une connaissance adulte du Christ et l’abolition du vieil homme au profit de la croissance de l’homme nouveau.
Pour Paul l’élévation du Christ dans les hauteurs est indissociable de son abaissement, de sa descente jusqu’au plus bas de la terre.
Pour s’être « vidé de lui, en se laissant élever de terre sur une croix, il a été élevé au plus haut que tout : c’est en cela qu’il a été proclamé Seigneur » Phil 2
« Tout Fils de Dieu qu’il était, par l’expérience de sa passion, il a fait l’apprentissage de la plus totale disponibilité » Hebr 5,8-10
« Il est capable de sympathiser avec les ignorants et les égarés, puisqu’il s’est lui –même enveloppé de fragilité » Heb 5,2
« En ce qu’il a souffert lui-même, mis à l’épreuve il est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés » Héb 2,18

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Pour cela au verset 8, Paul s’appuie sur le verset 19 du psaume 68 qui fait allusion à la conquête de la ville de Jérusalem par David.
Paul s’inspire de cette interprétation juive parlant de Jésus est monté au ciel, mais en vue de donner aux hommes, les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs, l’Esprit qu’il avait promis et qui assureraient sa mission. Ce don du Seigneur Ressuscité assure son Eglise d’hommes et de femmes qui poursuivront son œuvre libératrice.

Paul veut montrer aux destinataires de sa lettre que Dieu ne cesse de donner à son Eglise tout ce dont elle a besoin pour bien remplir sa mission, pour que se construise le Corps du christ : et pour cela il fait don aux croyants des différents ministères : apôtres, évangélistes…à travers lesquels chacun travaille à la construction du Corps unique.
Ce qui se construit n’est pas simplement un temple, c’est le Corps du Christ ou l’Homme parfait.

L’apôtre reprend la même réalité déjà exprimée dans la lettre aux Philippiens : « Le Christ s’est fait obéissant pour nous, jusqu’à la mort, et la mort sur une croix. Aussi Dieu l’a-t-il exalté en lui donnant le nom au-dessus de tout nom ». Il est monté …qu’est-ce que cela veut dire ? Sinon qu’il est aussi descendu jusqu’au plus bas de la terre !
_ Célébrer l’Ascension du Seigneur, c’est célébrer l’ultime étape du mouvement de l’Incarnation du Fils de Dieu, chemin de révélation de l’Amour infini et vivifiant du Père pour nous. Mais c’est également faire mémoire de l’appel dont nous sommes l’objet de la part du Seigneur. « Désormais dans le sein du Père, apparemment absent de notre histoire, il a besoin de nous pour faire grandir son Corps qu’est l’Eglise. Sommes-nous disposés à ajuster nos disponibilités diverses pour une prise en charge fraternelle de la croissance du Corps du Christ ? »
_ Célébrer l’Ascension, ce n’est pas nous arrêter à une page de l’agenda du Christ ressuscité. C’est rendre grâce au Seigneur qui nous appelle à contribuer tous ensemble à l’édification d’une vraie communauté témoins de la Vie reçue du Ressuscité.
Le début de notre péricope l’explicite merveilleusement
V4. "accordez votre vie "
A la discorde, à l’hérésie qui existent dans la communauté d’Ephèse et menacent l’Eglise, Paul oppose les sources de l’unité- présence agissante de l’Esprit du Christ et du Père et l’activité convergente des ministères. Cette unité se réalise dans le dynamisme d’une croissance.
Il s’agit de vivre en conformité non avec des règles mais avec l’appel et celui qui nous a appelés. Finalement c’est vivre dans la cohérence, dans l’unité.
La vocation du chrétien : c’est un appel à vivre dans une communauté profondément unie, qui vit dans l’humilité, la douceur, la patience, le support mutuel en vue de l’ unité. Celle-ci n’est pas le fruit de nos efforts mais voulue et réalisée intimement par l’action de l’Esprit.
Il ne s’agit pas de considérations humaines, mais l’importance est d’ordre théologique des motivations. C’est l’Esprit qui est la source de l’unité du Corps.

L’unité du Corps ( v 4) : c’est l’unité du corps du Christ appelé à accomplir tout l’univers : corps écclésial, corps cosmique.
L’unité de l’Esprit est dans le même registre. Le pneuma est l’élément divin qui pénètre tout le cosmos pour en assurer la cohésion. Il ne s’agit pas d’un esprit impersonnel mais de l’Esprit de Dieu qui habite dans le temple ecclésial comme source de l’unique espérance. Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême

V5 : Un seul Seigneur : Kyrios : le Christ dans sa gloire de ressuscité, intronisé comme maître du monde. La foi confesse l’action souveraine de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts : action qui s’exprime dans le baptême qui incorpore le croyant dans le Corps de l’unique Seigneur
L’insistance sur le « un seul », une seule » : rappelle la confession d’Israël.
Le fondement dernier de l’unité c’est l’unicité de Dieu-Père-Créateur qui reste présent à sa créature pour en assurer la conservation le développement

Diversité des ministères

L’originalité de ce passage c’est le fondement christologique qui est donné à la multiplicité des services dans l’Eglise. Pour comprendre référons-nous au ps 68 qui est un psaume d’action de grâce évoquant la protection que Dieu accorda à son peuple au temps de l’Exode et spécialement à la manifestation du Sinaï. Il était chanté pour la Pentecôte.
Descendant du Sinaï, Moïse avait apporté la Torah, don par excellence, source de salut.
Ici ce sont des hommes que le Christ glorifié donne et envoie pour l’édification de son Eglise.
Ce texte est certainement l’un des plus expressifs du NT sur le caractère personnel du ministère.
Selon Marc Jésus appela ceux qu’il voulait : ici le ressuscité s’empare si bien de ceux qu’il appelle qu’il les donne, eux en personne, pour le service de son Eglise.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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