Ephésiens 1,17-23

Ephésiens 1, 17-23

Eloi Leclerc – dans « le Père Immense

« Après avoir béni le Père de notre Seigneur Jésus-Christ pour son grand Dessein d’amour, Paul nous montre maintenant comment ce projet conçu de toute éternité s’est réalisé dans notre histoire d’homme pécheurs, grâce à la puissance salvifique de Dieu qui s’est déployée dans le Mystère du Christ mort et ressuscité.
Paul rend grâce tout d’abord à Dieu pour la foi et la charité de ses destinataires :
Ayant appris votre foi dans le Seigneur Jésus et votre charité à l’égard de tous les saints, je ne cesse de rendre grâce à votre sujet et de faire mémoire de vous dans mes prières » Eph 1,15-16
Mais Paul voudrait qu’ils entrent plus à fond dans la connaissance du Dessein de Dieu, qu’ils en prennent toute la dimension et se laissent saisir parle grand souffle d’espérance qu’il nous apporte :v 17 : « Daigne le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de la gloire, vous donner un esprit de sagesse et de révélation, qui vous le fasse vraiment connaître ! Qu’il illumine les yeux de votre cœur et vous fasse voir quelle espérance vous donne son appel, quels trésors de gloire renferme son héritage parmi les saints et quelle puissance extraordinaire il déploie en faveur de nous les croyants, selon la vigueur de sa force... » (Ep 1,17�19).
Et quelle est cette puissance extraordinaire ?Paul entre ici dans le vif de son sujet. Cette puissance de Dieu est celle « qu’il a déployée en la personne du Christ, quand il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait siéger à sa droite dans les cieux... » (Ep 1,20).
La pensée de Paul semble ici s’envoler, comme si lui�même était emporté, aspiré par le souffle de vie, parla force ascendante qui a arraché Jésus à la mort et l’a élevé au plus haut, au sommet de toute la création :Dieu, écrit�il, « fa élevé bien au�dessus de toute Principauté, Puissance, Vertu, Seigneurie, et de tout autre nom qui se pourra nommer, non seulement en ce monde�ci, mais dans le monde à venir. Il a tout mis sous ses pieds, le plaçant au sommet de tout. Il a fait de lui la Tête de l’Église qui est son Corps :l’Église est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble de sa plénitude » (Ep 1,21�23).
Quand on lit ce passage de la Lettre aux Éphésiens, on est frappé par le dynamisme et l’ampleur de la vision que Paul a de la résurrection de Jésus. Il voit en celle�ci l’irruption et le déploiement, dans notre histoire, de la toute-puissance de Dieu : une toute-puissance de vie, victorieuse de la mort et créatrice d’une humanité nouvelle et d’un monde nouveau, conformément au Dessein originel de Dieu. Et l’expression première de cette humanité nouvelle, c’est le Christ ressuscité, élevé en gloire et tout rempli de la plénitude de Dieu, mais c’est aussi l’Église naissante, dont il est la Tête : elle est son Corps. Il vit et grandit en elle, en lui communiquant sa propre vie divine.
Ainsi, dans la puissance et la gloire du Christ ressuscité, Paul contemple l’accomplissement du Dessein du Père, ce grand Dessein d’amour, à la fois créateur et divinisant. Car, en Jésus glorifié, c’est notre humanité tout entière qui se trouve déjà transfigurée, divinisée, bref accomplie.

Dans cette élévation du Christ, il ne s’agit nullement, bien sûr, d’une montée spatiale, mais d’une libération et d’une transfiguration spirituelles. Le Christ ressuscité inaugure la grande transformation du monde. Dans sa glorification, il anticipe, par une transformation totale de son être, la destinée ultime de (humanité et du monde. En lui, l’humanité se voit libérée de tous ses enfermements sur elle�même, ouverte pleinement à la communion divine, au grand amour créateur et divinisant.

Et les prémices de cette humanité, c’est l’Église des saints, Corps du Christ : croissance de (Homme�Dieu dans l’histoire. Le thème de l’Église apparaît ici (Ep 1,22�23), pour la première fois, dans la Lettre aux Éphésiens, et en liaison étroite avec la souveraineté du Christ ressuscité.
Ce thème de l’Église va occuper une place importante dans la suite de la Lettre. Il n’est pas accidentel dans la pensée de Paul. Il est au cœur de son expérience du Christ ; et cela, dès sa première rencontre de jésus ressuscité, sur le chemin de Damas. Paul persécutait alors les premiers chrétiens. Et c’est au moment où il allait mettre la main sur certains d’entre eux, qu’il s’est heurté à la réalité du Christ ressuscité, vivant dans les membres de son Église. Ce fut un éblouissement qui le renversa complètement, au moral comme au physique : « Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait « Saul, Saut pourquoi me persécuter ?" � "Qui es�tu, Seigneur ?" » demanda�t�il. Et la voix de répondre : « Je suis Jésus que tu persécutes... » (Ac 9,4�5). Cette rencontre du Christ ressuscité, vivant et souffrant dans ses membres, fut déterminante dans la formation de la pensée théologique de Paul et de ses disciples. Elle fut vraiment une expérience pascale qui lui fit découvrir le Christ ressuscité dans sa dimension plénière, à la fois personnelle et ecclésiale, au cœur même de l’histoire des hommes et du monde. »

D’Eloi Leclerc – dans « le Père Immense »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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