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Dimanche de prière pour l’unité -

BENOÎT XVI

L’EGLISE, "CORPS DU CHRIST"

Nous trouvons la racine la plus profonde de cette surprenante désignation de l’Eglise dans le Sacrement du corps du Christ. Saint Paul dit : "Parce qu’il n’y a qu’un pain, à plusieurs nous ne sommes qu’un corps".
Dans l’Eucharistie elle-même, le Christ nous donne son Corps et nous fait devenir son Corps. C’est dans ce sens que saint Paul dit aux Galates : "Vous tous ne faites qu’un dans le Christ Jésus". A travers tout cela, Paul nous fait comprendre qu’il n’existe pas seulement une appartenance de l’Eglise au Christ, mais également une certaine forme d’égalisation et d’identification de l’Eglise avec le Christ lui-même. C’est donc de là que dérive la grandeur et la noblesse de l’Eglise, c’est-à-dire de nous tous qui en faisons partie : du fait que nous soyons des membres du Christ, presque une extension de sa présence personnelle dans le monde. Et de là découle, naturellement, notre devoir de vivre réellement en conformité avec le Christ. C’est de là que dérivent également les exhortations de Paul à propos des divers charismes qui animent et structurent la communauté chrétienne. On peut tous les reconduire à une source unique, qui est l’Esprit du Père et du Fils, sachant bien que dans l’Eglise il n’y a personne qui en soit dépourvu, car, comme l’écrit l’Apôtre, "chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous". Il est cependant important que tous les charismes coopèrent ensemble pour l’édification de la communauté et ne deviennent pas, en revanche, des motifs de déchirement. A ce propos, Paul se demande de manière rhétorique : "Le Christ est-il donc divisé ?". Il sait bien et nous enseigne qu’il est nécessaire de "garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a appelés à une seule espérance, de même il n’y a qu’un seul Corps et un seul Esprit".
Bien évidemment, souligner l’exigence de l’unité ne signifie pas soutenir que l’on doit uniformiser ou niveler la vie ecclésiale selon une unique façon d’agir. Ailleurs, Paul enseigne : "n’éteignez pas l’Esprit", c’est-à-dire laisser généreusement place au dynamisme imprévisible des manifestations charismatiques de l’Esprit, qui est une source d’énergie et de vitalité toujours nouvelle. Mais s’il existe un critère auquel Paul tient beaucoup, c’est l’édification mutuelle : "Que tout cela serve à la construction". Tout doit concourir à construire de manière ordonnée le tissu ecclésial, non seulement sans interruption, mais également sans fuites, ni déchirures. On trouve ensuite une lettre paulinienne qui va jusqu’à présenter l’Eglise comme l’épouse du Christ. Cela reprend une antique métaphore prophétique, qui faisait du peuple d’Israël l’épouse du Dieu de l’alliance : cela pour dire à quel point les relations entre le Christ et son Eglise sont intimes, que ce soit dans le sens où celle-ci est l’objet du plus tendre amour de la part de son Seigneur, que dans le sens où l’amour doit être réciproque et, donc, que nous aussi, en tant que membres de l’Eglise, nous devons faire preuve d’une fidélité passionnée à Son égard.
En définitive, c’est donc un rapport de communion qui est en jeu : celui pour ainsi dire vertical entre Jésus Christ et nous tous, mais également celui horizontal, entre tous ceux qui se distinguent dans le monde par le fait qu’ils "invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ". Telle est notre définition : nous faisons partie de ceux qui invoquent le nom du Seigneur Jésus Christ.

AUDIENCE GÉNÉRALE Mercredi 22 novembre 2006

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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