Accueil > Prier avec nous > Homelies > Dimanche de la Sainte Famille

 

Dimanche de la Sainte Famille

28 décembre 2014
SAINTE FAMILLE -B-

Mercredi 24 décembre dans l’après-midi.
Je me trouvais à Laval, rue de la Paix. Il y avait beaucoup de monde sur les trottoirs et une musique douce diffusait un chant de Noël (Douce nuit !).
Soudain la musique fut couverte par le bruit des voitures qui démarrèrent après la mise au vert d’un feu tricolore. Dans la file, un autobus accéléra en force. Le bruit de son moteur couvrit tous les autres bruits.
Quand il se fut éloigné j’entendis à nouveau la petite musique. Elle avait continué d’exister même quand il était impossible de l’entendre.

²²²²²²²²²²²²²²²²²²
Cette anecdote a éclairé ma lecture de la Parole de Dieu aujourd’hui. Pour célébrer la Sainte Famille, l’Église nous invite à regarder Abram et Sara, et après un saut de près de deux millénaires de regarder un vieillard, Syméon et une prophétesse âgée, Anne.

Abram et Sara faisaient partie d’un clan qui avait ses dieux. Ils en observaient comme tout le monde les coutumes et les usages. Une souffrance humiliante habitait leur vie : ils sont sans enfants. Leur regard ne peut pas se tourner vers l’avenir.
Un jour, il y eut comme un choc dans la vie d’Abram.

Un dieu inconnu prenait l’initiative de s’adresser à lui en l’appelant par son nom ! Qui est ce dieu ? Que veut-il ? Ce fut comme un ébranlement dans les repères du vieil homme. Mais le dieu est rassurant. Sa première parole est une parole de paix : « Ne crains pas, Abram, je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera très grande. »

Abram a passé l’âge de courir après les chimères. Parce qu’il n’a pas d’enfant, il sait que son avenir, c’est le vide. Il va disparaître de l’Histoire. Or le dieu est justement sorti de son silence, de son absence, pour lui annoncer non pas une naissance mais une descendance incalculable : « Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu peux. Telle sera ta descendance. »

Une petite musique totalement nouvelle et inattendue commençait à se faire entendre dans le brouhaha de l’histoire de l’humanité.
Abram écouta avec attention la parole du Dieu. Il la prit au sérieux.
« Abram eu foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. »
Les dieux de son clan n’étaient pas totalement évacués de son horizon mais ce dieu inconnu allait prendre une place de plus en plus importante dans sa vie.

²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²
Quand Dieu fait une alliance, il ne fait pas un marché où chacune des parties promet quelque chose. A Abram, il vient tout simplement annoncer une naissance. La seule chose qui est demandée : qu’Abram ait confiance. Malgré son grand âge, Sara aura un enfant.
Il nous est rappelé ainsi que l’enfant est d’abord un don de Dieu.
L’enfant, c’est l’avenir d’une famille, d’une société, du monde. Un pays sans enfant disparaît.
Spontanément, les parents mettent tout en œuvre pour assurer l’avenir de leurs enfants et les médias nous montrent tous les jours des exemples de familles en grande difficulté qui se battent pour assurer un avenir à leurs enfants.
On veut pour l’enfant des jours meilleurs.

Dieu a parlé à Abram de descendance. Sara lui donna un fils Isaac et les générations se succédèrent ; Au fil des siècles et des péripéties de l’Histoire, le visage de l’enfant espéré va se préciser. Il prendra le visage d’un messie attendu comme sauveur.

²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²²
Près de deux mille ans plus tard, un jeune couple se rend au Temple de Jérusalem pour présenter à Dieu, selon la coutume, un jeune bébé. Un vieillard se trouve là. Il ne prend pas l’enfant dans les bras de sa maman, il le reçoit et il voit en lui le Sauveur de son peuple : il tient dans ses bras l’enfant de la Promesse.

Cette petite musique de la promesse a ainsi traversé les siècles. Sa voix a été couverte bien des fois par le tintamarre de guerres, des trahisons, des relâchements et des abandons. Elle n’a jamais cessé d’être jouée. Elle a toujours profité des éclaircies pour se faire entendre.
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta Parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

La promesse que Dieu fait dépasse l’imagination. La réalisation dépasse aussi ce qu’on pouvait comprendre. Cet enfant attendu fait sauter les frontières d’Israël. Il est la lumière de toutes les nations et c’est la gloire d’Israël d’avoir porté, envers et contre tout, l’espérance.

Je retiens le mot : « Maintenant ! »
La petite musique est arrivée jusqu’à nous. Jésus est LE Sauveur attendu.
Parfois il faut tendre l’oreille pour en percevoir la mélodie. Quelquefois, couverte par un violent tintamarre d’événements qui bousculent toutes les prévisions elle est inaudible pour ne pas dire oubliée ; mais le tintamarre passe. Et la petite musique est toujours là.
Et cette petite musique, il nous est demandé de la jouer à notre tour… même quand il y a beaucoup de bruit !
*D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>