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Dimanche de la Résurrection . Romains 6, 3b-11

Baptisés en Jésus-Christ

Romains 6,3b-11

Ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jésus Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ?
4 Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle.
5 Car si nous avons été totalement unis, assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection.
6 Comprenons bien ceci : notre vieil homme a été crucifié avec lui pour que soit détruit ce corps de péché et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
7 Car celui qui est mort est libéré du péché.
8 Mais si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
9 Nous le savons en effet : ressuscité des morts, Christ ne meurt plus ; la mort sur lui n’a plus d’empire.
10 Car en mourant, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; vivant, c’est pour Dieu qu’il vit.
11 De même vous aussi : considérez que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus Christ.

A propos de cette lecture.

Paul disait au ch.5 que le Christ nous montre que le péché n’avait pas pu faire obstacle à la justice de Dieu, ni au salut par la foi. Il a osé affirmer que « Là ou le péché s’était multiplié, la grâce a surabondé » 5,20, et elle nous a introduits dans l’amour tout à fait gratuit de Dieu. Comment dès lors nous positionner, quelle attitude avoir vis à vis du péché puisque nous continuons à pécher ?

Paul va rappeler ce que signifie le baptême chrétien. Le passage de l’épître aux Romains proposé par la liturgie en cette veillée pascale, est une clef d’interprétation de ce que nous sommes devenus par notre baptême, comment nous avons été transformés par le Christ.
Le baptême est le moment décisif dans l’existence du croyant. Paul le définit comme une immersion , un engloutissement dans le Christ. Le baptême est donc bien plus qu’un signe. Paul souligne de façon admirable l’essence du sacrement du baptême comme une mort au péché et une résurrection avec le Christ. C’est dans le même temps un passage de la mort à la vie nouvelle.
Par la mort du Christ, chaque baptisé a effectué un passage radical pour entreprendre le chemin d’une vie nouvelle : « si par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute puissance du Père est ressuscité d’entre les morts. »

Paul n’essaie pas d’évincer le péché ni de le rendre inoffensif. Il quitte le terrain du raisonnement et fait appel à l’expérience des hommes qui se sont attachés à Jésus-Christ.
Ceux-ci doivent être conscients qu’ils ont à concrétiser le moment où, par le baptême, ils ont été invisiblement plongés dans l’eau de la grâce. Le baptême est signe et promesse d’une vie nouvelle et donc il faut aller au-delà du rite que nous connaissons.

Le thème du passage à la vie nouvelle est primordial et entrevu déjà dans la manière par laquelle le Christ se manifeste aux femmes : elles venaient chercher le corps d’un crucifié et voilà qu’elles se trouvent face à un vivant, un ressuscité qu’elles ont peine à reconnaître et qu’elles ont mission d’annoncer vivant.

Le baptême est un point de départ , une toute nouvelle vie guidée par l’Esprit qui l’inspire. Alors commence une libération progressive de manière à aller à l’essentiel, à vivre l’Évangile. La dynamique est bien celle du baptême : il s’agit de mourir à soi, à ses revendications égoïstes pour donner en toutes choses la priorité au Christ.

Il serait sans doute bon de clarifier la notion de péché. Paul distingue « le péché .comme une sorte de puissance mauvaise personnifiée qui habite en nous – les fautes (au pluriel) par lesquelles nous trébuchons sur le chemin de la fidélité de Dieu – la transgression, c.a.d. la faute en tant qu’elle prend figure de révolte consciente contre la volonté de Dieu manifestée » De Brock.
Le baptisé est libéré du péché par le Christ qui nous emmène à sa suite dans la grande lutte contre le péché et toutes formes de mal. Paul ne dit pas que le péché est devenu inoffensif, mais il dit que le baptisé est libéré de la puissance du péché. Le baptisé est apte à affronter le péché.

Ne rien préférer au Christ :
c’est ce que nous recommande St Benoît résumant bien toute notre vie de moine et de chrétien ; le moine est un chrétien qui tente de vivre sa vie de baptisé le plus fidèlement possible dans une relation privilégiée avec le Christ.
Il faudrait même régulièrement se poser la question : ce que je fais en ce moment est-ce bien l’Esprit du Christ qui avant tout m’inspire et m’anime ?

v 6 « notre vieil homme a été crucifié avec lui pour que soit détruit ce corps de péché et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché ».
Que veut dire Paul ? « notre vieil homme » c.a.d. tout ce qui précédait, l’ancien ! Le rite du baptême au temps des premières communautés chrétiennes, consistait dans une immersion signifiant visiblement un passage de la mort à la vie et une adhésion à la mort et résurrection de Jésus.
Demander le baptême d’immersion, exprimait la volonté de pouvoir signifier par sa vie, l’ adhésion à la mort et la résurrection de Jésus.
Le baptême est le départ d’une nouvelle existence, caractérisée par la justification par la foi, une nouvelle obéissance, une nouvelle attente aussi. Paul fait un lien entre péché et mort, mais il affirme que par la mort de Jésus la puissance du péché est anéantie, brisée.
Le baptême est signe et promesse d’une vie nouvelle, pour cela il faut aller au delà du rite.

v 8-11 :
Paul va opérer un glissement qui va de l’expérience du baptême, expérience qu’on ne fait qu’une seule fois dans sa vie, glissement vers la tension qui reste entre la vraie liberté et l’appel qui conduit à cette liberté.
Le choix que l’on fait est tenable, on peut y rester fidèle parce qu’on est sous la grâce.

Ce chemin est crucifiant pour notre moi toujours en quête de reconnaissance, de satisfaction. L’enjeu est ici de reconnaître que tout germe de vie nous vient du Christ, en particulier celui de l’amour. Sur ce chemin de croix, qui traverse ce qu’il y a de plus stérile en nous : « Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi », se trouve donc une promesse de vie et de fécondité. Cette vie se trouve réalisée dans la mesure de notre accueil de « l’envoyé de Dieu » et de son Esprit, dons reçus comme tels et accompagnés de signes. Saurons﷓nous, à notre tour, accueillir au cœur des ténèbres de notre péché le Christ, l’Envoyé du Père, qui nous promet la vie nouvelle ?

Quelle bonne nouvelle pour nous baptisés ?

1. Mettre Dieu à la première place. Ne rien placer au﷓dessus de l’Amour du Christ, source de tout amour et de toute fécondité dans notre vie. Ce qui présuppose d’accueillir le Christ à la première place chez nous. Toute notre vie s’en trouvera fécondée, à commencer par nos rapports avec ceux qui nous sont le plus proches frères et sœurs, amis... Jésus ne nous demande pas de renoncer à nos affections naturelles mais il nous invite à ne pas nous y arrêter, à aller plus loin. Il s’agit de laisser habiter chacune de nos relations par la grâce divine qui nous vient du Christ. C’est à cette seule condition qu’elles pourront recevoir une véritable fécondité. La grâce ne supprime pas la nature mais elle l’accomplit c’est à dire qu’elle lui donne de pouvoir déployer toutes ses potentialités, transfigurées en vue de Dieu.

2. Redécouvrir le sens du baptême et la force sacramentelle qu’il nous procure. La création nouvelle opérée en nous par le baptême et impliquant une mort au passé du vieil homme, se manifeste dans un rapport nouveau à Dieu : la filiation

La vie nouvelle procurée par le baptême signifie vivre sous la mouvance de l’Esprit de Jésus : « La loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » (Rm 8, 2) Elle est une vie de liberté, régie par la loi de l’Esprit. Elle n’est pas esclavage, elle n’est pas indépendance mais liberté de l’Amour puisque liberté de l’Esprit. C’est bien la liberté des fils de Dieu : « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Aussi bien n’avez vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! » (Rm 8, 14﷓15)

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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