Accueil > Prier avec nous > Homelies > Dimanche de la Résurrection

 

Dimanche de la Résurrection

Pâques

1) « Le premier jour de la semaine » alors qu’il fait encore obscur en son cœur, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau ». On connaît ce qui l’y attire
Marie-Madeleine c’est celle qui cherche, l’audacieuse. Comme dit St Grégoire le Grand en parlant de M-M : « elle a commencé par chercher et n’a rien trouvé, elle a persévéré dans sa recherche et c’est pourquoi elle devait trouver ce qui s’est produit, c’est que ses désirs ont grandi à cause de son attente et en grandissant , ils ont pu saisir ce qu’ils avaient trouvé. »
Dans son angoisse, Marie-Madeleine court, vient trouver Simon-Pierre ainsi que l’autre disciple , celui que Jésus aimait et elle leur dit : « on a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l’a mis. » Elle pose la question. C’est de sa découverte de la disparition que tout va partir.
C’est elle qui a mis tout en route, qui a été à l’origine des allées et venues de Pierre et de Jean au tombeau pour le découvrir effectivement vide, avec les bandelettes et le linceul qui avait recouvert le cadavre du Christ.
Pierre constate la disparition du corps : il fait l’état des lieux sans plus, il repart avec certainement une questions ou plusieurs. L’autre disciple est un modèle : il a cru sans avoir vu le ressuscité.
En lui s’opère le passage du voir à l’adhésion pleine à Jésus ressuscité. Le spectacle des vêtements, dans l’ordre dans lequel ils sont disposés atteste que le corps n’a pas été volé, mais que Jésus s’en est allé, laissant ses habits, n’ayant plus besoin de vêtements puisqu’il quitte le monde des humains.
Marie ne se contente pas d’un tombeau vide : elle persévère dans ses recherches, elle persiste, elle reste pleurant près du tombeau, elle retourne voir pour être bien sûre de ce qu’elle a vu.
Elle n’est pas encore vivante et le tombeau lui semble bien vide du Christ. :
Nous ne lisons pas tout le texte, mais le Ressuscité lui apparaît :alors qu’elle croit que c’est le jardinier. C’est lorsqu’il l’appelle par son nom qu’elle reconnaît que c’est le Seigneur.
Reconnue par Lui elle l’appelle Rabbouni, cad « maître », elle reconnaît en lui celui qui l’a déjà
mise sur la route de la vie en lui pardonnant et la délivrant de tout ce qui la tenait enchaînée, esclave. Elle avait déjà été ressuscitée pour ainsi dire.
Marie-Madeleine va aller trouver les disciples et leur dire : « j’ai vu le Seigneur, il est vivant voilà ce qu’il m’a dit :
Elle a vu le Seigneur vivant… mais les disciples ne veulent pas croire.
Le Ressuscité ne va pas les laisser avec leur question : il ira à leur rencontre et il se fera reconnaître d’eux. Et nous connaissons la difficulté que Thomas aura de croire qu’il est bien ressuscité.
Qu’est-ce que ça veut dire la résurrection du Christ ? pour lui ? pour nous ?

Pour lui c’est la mort qui est définitivement dépossédée de sa puissance par la Vie.
Jésus est vivant, entré dans la gloire de son Père. Il est pleinement la lumière et la vie, il est le vivant, celui qui donne la vie et qui l’a donnée durant tout son séjour sur terre.
Toute la vie du Christ, ce que nous savons de sa vie publique, fut de donner la vie de multiples manières : sans cesse il relevait les hommes et les femmes de leur déchéance soit physique, morale, spirituelle. Il donnait la vie, il faisait vivre et son enseignement n’avait qu’un seul but annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour tout homme, toute femme afin de renouer les liens entre Dieu et l’humanité. Que l’homme et la femme redeviennent ce qu’ils sont : à l’image de Dieu.

C’est dans l’ Alliance, en renouant les liens entre Dieu et l’humanité que l’humanité va reprendre vie, c’est en allant à la source puiser la force de vie et d’amour dont elle a besoin pour grandir.
Il voulait tout simplement renouer le contact entre Dieu et les hommes….en révélant que Dieu n’avait pas d’autre habitation que le cœur de l’homme. C’est là désormais qu’il a pris ses quartiers.

Ce texte nous révèle donc toute une série de progressions. Notre vie ressemble à cette course au tombeau. Elle n’est pas ‘arrêtée’ mais progresse ‘par étape, par à-coups’. Et le message de la résurrection, nous n’y accédons pas une fois pour toutes ! Selon nos expériences de vie, nous en avons compris des bribes et donc, nous avons encore à nous ouvrir à d’autres aspects, d’autres compréhensions. Comment faire résonner dans le monde aujourd’hui cette Parole invraisemblable qui dit : « Je suis résurrection et vie ». Il faut ré-animer nos imaginations, ré-activer notre engagement. Ce matin, où en sommes-nous par rapport à la pierre roulée ? Dieu nous appelle à aller plus loin et à découvrir un peu plus ce que veut dire Pâques.
Et sur ce chemin de progression, nous avons besoin des autres. Marie avait besoin de Pierre, qui avait besoin de Marie et de Jean, chacun a eu besoin de l’autre… C’est comme si notre avancée ‘profitait’ de celle de l’autre, de la précédente. Ceci est valable d’une génération à l’autre mais aussi dans une même génération, d’une capacité à l’autre. Nous sommes également « au profit » de la confession et de l’action de l’autre et responsable de faire avancer l’autre, de l’attendre, de le précéder, de le pousser, de l’entraîner…
Ce matin le message de Pâques veut faire de nous des hommes et des femmes en progrès et plus solidaires, quelle victoire déjà sur la mort et les ténèbres !

Ce que Christ a réalisé durant toute sa vie nous sommes invités à mettre nos pas dans les siens.
Sa vie a abouti à l’échec, à sa disparition tellement son message était troublant et bouleversait les conceptions religieuses de son temps – c’est encore vrai pour nous aujourd’hui…
Sa résurrection est l’assurance que la voie qu’il avait prise conduit à Dieu : il a eu raison d’aimer de cette manière toute nouvelle, au - delà des interdits de la loi qui défendait de travailler le jour du sabbat, alors qu’il guérissait… et relevait les paralysés…
Sa voie d’amour toute tournée vers son Père, amour qu’il recevait de lui …qui a abouti au rejet définitif, sa résurrection nous dit non seulement qu’elle vaut la peine mais que cette voie conduit à la vie, à la résurrection, à la vie éternelle, à la gloire avec Dieu.
La résurrection du Christ n’est pas une fuite, un refuge face aux difficultés du monde
Au contraire elle donne sens à notre vie ici bas, elle oriente nos comportements, nos choix.
Contre tout fatalisme elle nous apprend l’espérance et nous encourage à vivre pleinement l’Evangile, à affronter dès maintenant les injustices et toutes les formes du mal dans la certitude que le Christ viendra la abolir un jour.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>