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Dimanche de Pentecôte

Pentecôte C

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Si le supplice de la crucifixion en public était atroce, il faisait partie des choses qui arrivaient de temps en temps. Au cours de sa vie, tout sujet de l’empire romain pouvait avoir eu l’occasion d’en parler et peut-être d’en être été témoin.
Cette année-là, la veille de la Pâque juive, on a crucifié à Jérusalem trois individus qu’il fallait punir et oublier au plus vite, mais le tombeau de l’un d’eux a été retrouvé ouvert et vide ! Où est le corps ? Il s’agissait du dénommé Jésus, charpentier à Nazareth. Il avait fasciné les foules mais sa manière de parler de Dieu était devenue une menace pour la foi juive. Il a été crucifié, mis au tombeau et on raconte maintenant qu’il s’est montré vivant plusieurs fois à ses anciens disciples ! On ne devait plus en parler. C’est raté ! Mais la vie suit son cours. Le calendrier a ses impératifs.

Tous les ans, cinquante jours après la Pâque, les Juifs célèbrent la Pentecôte. A l’origine, cette fête marquait le retour de la vie qui renait au printemps. Puis elle a commémoré le fait historique de l’Alliance de Dieu avec son peuple sur le mont Sinaï. On ne peut oublier un événement fondateur.

Pour conforter leur fidélité au Dieu unique, les Juifs aimaient célébrer la Pentecôte à Jérusalem. Selon les Actes des Apôtres, les pèlerins sont venus, comme tous les ans, de tous les coins de l’empire. Une telle foule à accueillir demande beaucoup de travail. Pourquoi se compliquer la vie en parlant des exécutions de la veille de la Pâque ? Et pourquoi attacher de l’importance à des rumeurs d’apparitions de l’un des condamnés ? Les pèlerins sont à Jérusalem pour une fête précise dont le Temple est le centre d’intérêt. Sur ordre de Jésus, les apôtres sont aussi à Jérusalem dans une mai-son qui n’attire pas l’attention. L’adresse n’est pas signalée. Tout ceci pour souligner que, ce jour-là, à Jérusalem, Jésus n’est pas au centre des préoccupations.
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Un tremblement de terre fait du bruit. Ce jour-là, il y eut comme un tremblement de ciel. Un bruit inhabituel entendu dans toute la ville attire l’attention sur la maison occupée par les apôtres. Naturellement, la foule s’agglutine.
A l’intérieur, des langues qu’on aurait dites de feu se sont partagées sur chacun des apôtres. « Tous furent remplis d’Esprit Saint. » Ils savaient que Jésus est ressuscité mais ils n’osaient pas le dire. Aujourd’hui, ils parlent face à la foule et chacun com-prend ce qui est dit. Les pèlerins témoignent « Tous, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » Dieu, ce jour-là, fait une opération de communication massive. Tous les peuples sont informés. Jésus est vivant !
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Pour comprendre ce qui se passe, il faut revenir à la veille de la Passion de Jésus avec l’évangile de Jean. J’ai retenu quelques expressions.

« Moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur. » Quel danger menace donc les apôtres … et les chrétiens à leur suite ? Où qu’il soit dans le monde, quelle que soit l’époque où il vit, le baptisé est menacé. Les attaques peuvent être frontales ou sournoises. Le baptisé peut être attaqué parce que chrétien. Il peut aussi se laisser séduire par les facilités de la vie et attendre le bonheur parfait de l’argent, des progrès de la technique, de l’exercice d’un pouvoir, de la considération qui le pousse à soigner son apparence etc.. Vivre la foi chrétienne est risqué. Avons-nous conscience d’avoir besoin d’être aidés devant les risques qui menacent notre foi ?

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole : Dans son discours d’adieu, le Jeudi-Saint, Jésus insiste beaucoup sur la nécessité de garder sa parole. Quelle que soit notre situation dans le déroulement des siècles, Quelles que soient les circonstances que nous traversons, la parole de Dieu est un repère sur notre chemin.

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit cela à sa manière : « Ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. » Paul pense à tous ceux qui conduisent leur vie en se référant uniquement à des repères purement humains. Il continue : « Or vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair puisque l’Esprit de Dieu ha-bite en vous » Ceux qui ont reçu le baptême, la confirmation et l’eucharistie sont habités par l’Esprit de Dieu, ce qui ne veut pas dire que les sollicitations humaines ne sont plus actives.

Jésus dit : « Celui qui garde ma parole, mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » Au mouvement qui conduit le baptisé vers le Père répond le mouvement du Père vers le baptisé. Il vient avec son Fils. Pour faire quoi ? Ils se feront une demeure !
Quand des gens achètent une maison, ils trouvent toujours qu’il y a des transformations à apporter mais ils savent qu’il ne faut pas toucher aux murs porteurs. Quand le Père et le Fils viennent habiter une vie humaine, ils s’y installent avec leur projet mais sans toucher à ce qui structure cette vie particulière : le sexe, l’âge, le tempéra-ment, les aptitudes en tel ou tel domaine.
C’est l’Esprit Saint qui prend la direction du chantier pour harmoniser dans la vie du baptisé ce qui est de Dieu et ce qui est de l’homme.

« Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » L’Esprit Saint guidera vos décisions et vos décisions seront cohérentes avec ce que je vous ai enseigné. Dans tous les aléas de la vie, il ouvre un chemin

Viens, Esprit Saint en nos cœurs
et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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