Accueil > Prier avec nous > Commentaires 1ére lecture > Dédicace de la Basilique du Latran

 

Dédicace de la Basilique du Latran

2ième lecture : I Corinthiens 3/9b-11.16-17

5 Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Et qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi, et chacun d’eux selon ce que le Seigneur lui a donné.
6 Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance.
7 Ainsi donc, ni celui qui plante n’est quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance : Dieu.
8 Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur.
9 Car nous sommes les coopérateurs de Dieu ; vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu.
10 Selon la grâce de Dieu qui m’a été accordée, tel un bon architecte, j’ai posé le fondement. Un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il y bâtit.
11 De fondement, en effet, nul n’en peut poser d’autre que celui qui s’y trouve, c’est-à-dire Jésus Christ.
12 Que si sur ce fondement on bâtit avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille,
13 l’œuvre de chacun deviendra manifeste ; le Jour, en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c’est ce feu qui éprouvera la qualité de l’œuvre de chacun.
14 Si l’œuvre bâtie sur le fondement subsiste, l’ouvrier recevra une récompense ;
15 si son oeuvre est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu.
16 Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
17 Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, celui-là, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous

A propos de cette lecture :

Le texte liturgique de ce jour commence au verset 9b et pour bien le comprendre relisons les quelques versets qui précèdent. On y voit en effet que les Corinthiens avaient discuté entre eux pour savoir, de Paul ou d’Apollos qui était le plus important, celui qui plante ou celui qui arrose. Et Paul à la manière de Jésus élève la discussion pour nous faire découvrir que « les serviteurs par qui nous avons embrassé la foi » sont ouvriers avec Dieu, « coopérateurs de Dieu » et que nous sommes « le champ de Dieu, l’édifice de Dieu ».

Après l’image du champ, il prend celle de l’édifice : vous êtes l’édifice de Dieu, la réalisation, l’œuvre, la merveille de Dieu.
Une merveille dans laquelle il Paul est ouvrier, il a sa part mais c’est « selon la grâce » qu’il a pu mener à bien cette œuvre, c’est Dieu avec lui qui a pu poser un tel fondement. Paul Il s’en réjouit car c’est un don gratuit qu’il a pu mettre à profit pour une telle construction.

C’est lui, Paul, qui a posé le fondement lors de sa première visite et un autre a bâtit dessus. Ils sont plusieurs à avoir œuvré pour la construction de la communauté de Corinthe. Ce qui est en question c’est l’Eglise, le nouveau Corps du Christ.
De fondement il ne peut y en avoir d’autre que le Christ et c’est lui qui donne non seulement la nature de la construction mais aussi sa solidité. Tout autre fondement ne donnerait pas ce fruit, l’ Eglise qu’on découvre à Corinthe.
C’est la parabole de l’arbre et de son fruit : un figuier ne peut produire que des figues.
Ce qui est bâti sur cette fondation peut être quelque chose de durable comme l’or, l’argent, les pierres précieuses ou de périssable comme le bois, le foin ou la paille.

Pour les fondements il n’y a de vrais que le Christ, tout autre fondement ne produirait certainement pas l’Eglise. Si la fondation est construite sur le Christ elle n’a rien à craindre
Mais c’est au Jour du jugement que sera révélée « dans le feu » la véritable valeur des fondations et sera manifestée la qualité de l’œuvre que chacun aura construite sur la fondation qu’est le Christ.
Le feu illumine, mais aussi il brûle, il purifie. C’est le symbole de l’action de Dieu,
A la Pentecôte c’est sous la forme du feu que Dieu se manifeste à ses disciples. (Ac 2,3). C’est Lui qui a l’initiative, qui est le Maître d’œuvre et brûle le cœur de tous ceux qu’il touche pour en faire des membres vivants de son Corps.
Le feu révèle la qualité du travail accompli comme pour l’or passé au creuset.

V16 « ne savez-vous pas ? » Paul fait appel à une évidence dont les chrétiens de Corinthe sont conscients. Cette évidence c’est tout simplement qu’ils sont le nouveau temple de Dieu qui n’a plus rien à voir avec le temple de Jérusalem mais comme dit Pierre en 1 P2,5 : « 5 Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ. 6 Car il y a dans l’Ecriture : Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui se confie en elle ne sera pas confondu. »

"Paul fait valoir ici que le privilège d’être Sanctuaire revient à toute communauté du seul fait qu’elle se trouve fondée en Christ et que l’Esprit Saint habite en elle. Il effectue ainsi une transposition hardie du mode de représentation traditionnel au terme duquel le Temple, qui avait succédé au Tabernacle du désert, était le lieu de la résidence mystérieuse du Dieu toujours en marche et que le peuple avait appris à connaître lors de ses pérégrinations au désert, le lieu de sa shekina. Désormais l’Esprit tient lieu de shekina et toute communauté est Temple du fait même que Dieu se rend mystérieusement présent en elle à travers lui. »1

Si la communauté chrétienne est bien le nouveau temple annoncé par le Christ, « un temple se dilatant sans cesse dans une croissance infinie » (Card Daniélou) c’est parce que Jésus avait annoncé en Jean « détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai . Il parlait du temple de son corps »

L’interdépendance des chrétiens entre eux, leur solidarité spirituelle, la nécessité de la participation de chacun pour aboutir au Christ plénier, Paul les présente souvent sous l’image du corps dont le Christ est la tête. Ici, il utilise la comparaison de l’édifice dont le Christ est le fondement.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>