Baptême du Seigneur

Baptême du Seigneur

2ième lecture Tite 2,11-14 ;3,4-7

Un peuple entièrement donné au bien
11 « Car le Dieu Sauveur vient de manifester son don à toute l’humanité.
12 Il nous enseigne à rejeter la vie sans Dieu et les désirs propres de ce monde, et à mener dans le temps présent une vie de sobriété, de justice et de sainteté.
13 C’est ainsi que nous devons attendre ce que nous espérons, la manifestation en Gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ. 14 En donnant pour nous sa propre vie, il voulait nous racheter de toutes fautes, et purifier ceux qui devenaient son peuple, un peuple entièrement donné au bien.
15 Voilà ce que tu diras et prêcheras, avec insistance et avec autorité. Que personne ne se moque de toi. »
Toujours prêts à faire le bien}

1. « Tu leur rappelleras la soumission aux chefs et aux autorités. Qu’ils obéissent et soient toujours prêts à faire le bien.
2 Qu’ils soient pleins de compréhension et d’amabilité avec tout le monde au lieu de critiquer et de se quereller.
3 Nous aussi, nous avons été de ces gens qui ne réfléchissent pas et n’en font qu’à leur tête, des égarés, esclaves de leurs passions et courant après le plaisir. Nous étions pleins de méchanceté et d’envie, nous étions insupportables et ennemis les uns des autres.
4 Mais voilà que s’est manifestée la bonté de Dieu, notre Sauveur, et son amour pour les humains,
5 Car ce n’est pas à cause de nos mérites et de nos bonnes œuvres qu’il nous a sauvés, mais par pure miséricorde.
Et ce fut le bain de la seconde naissance, avec le renouveau de l’Esprit Saint
6 qu’il a largement répandu sur nous grâce à Jésus Christ notre Sauveur.
7 Après avoir été ainsi relevés par sa grâce, nous espérons l’héritage, c’est-à-dire la vie éternelle. »

A propos de cette lecture

Il est presque certain que ce texte n’est pas de la main de Paul mais d’un de ses disciples bien dans sa ligne théologique et donc un disciple fidèle.
La parole que la liturgie nous fait entendre aujourd’hui reprend la méditation paulinienne lue à la messe de l’aurore du jour de Noël (Tite 2/11-14) et celle du jour (Tite 3/4-7). L’apôtre nous invite à célébrer la gratuité de l’amour de Dieu, la philanthropie de Dieu qui est miséricorde.
La péricope de ce dimanche comporte deux résumés ; les versets 2,11-14 et 3,4-7 démontrent qu’une vie de bonnes œuvres répond à l’attente de Dieu désirant nous partager sa grâce, son amour, son salut. Le premier sert de conclusion sur les devoirs de certaines catégories de chrétiens : un peuple entièrement donné au bien, le second conclut par un exposé parénétique : toujours prêts à faire le bien.

La grâce de Dieu s’est manifestée à la naissance de Jésus homme-Dieu : dans le Christ elle est le don de Dieu bien concret qui a pour but le salut de l’humanité ; elle est la révélation que l’homme est aimé de Dieu et appelé à redevenir semblable à son Dieu.
Dans quel but ? Pour le salut, c’est à dire pour que nous soyons pleinement homme, image et ressemblance de Dieu.
Par conséquent, la vie chrétienne dans tout ce qu’elle comporte est tout simplement le fruit de ce salut manifesté en Jésus-Christ : « le don sauveur manifesté à toute l’humanité. Dieu en son Fils se donne tout entier à l’humanité. » Cette vie est appelée à se manifeste selon une morale en conformité avec Celui qui l’habite. Pour « Lui devenir semblable » notre vie doit être transformée, elle doit abandonner tout manque de respect envers Dieu et envers l’homme, toute recherche mondaine et concrètement vivre en homme raisonnable cad décentré du « moi égoïste » pour se référer au seul Jésus-Christ.
C’est un long chemin qui s’ouvre au croyant, il le conduira à rejeter le péché et les passions déréglées pour vivre en homme raisonnable juste et religieux. En cela l’Evangile fait vivre dans la patience et la persévérance, à attendre-espérer. Il ouvre ainsi une perspective d’avenir qui fait déjà voir la gloire de Jésus-Christ. C’est cette perspective d’éternité qui fonde notre avenir et c’est en fonction de celui-ci que nous vivons les valeurs évangéliques et que nous faisons tout le bien que le Seigneur attend de nous.
Cothenet dans Feu Nouveau écrit : « dans un souci d’inculturation, Paul montre ainsi que l’Evangile reprend les valeurs du monde grec en les transformant par la foi au Christ sauveur qui, par le don radical de sa vie , nous permet d’être purifiés de nos fautes et de devenir un peuple « ardent à faire le bien. »
C’est au point de départ une initiative gratuite et gracieuse de Dieu qui veut le salut de tous les hommes en les rachetant de toutes leurs fautes et les justifiant en vue d’en faire son peuple. Tel est le projet de Dieu pour son peuple.

Quelle est cette grâce dont le croyant est comblé ? C’est l’Esprit qui est à l’œuvre et qui nous apprend à vivre « avec modération, dans la justice et la piété » telle que l’Esprit le suggère.
v. 4-7 : « La thèse fondamentale de Paul qui prêche le salut universel, non par les œuvres de la Loi mais par la foi, est plusieurs fois évoquée (2,11 et 3,5-6). Tous les hommes sont sauvés par la grâce de Dieu qu’ils accueillent dans la foi. Voilà l’enjeu fondamental des épîtres de l’apôtre aux Galates et aux Romains. Le mystère pascal est par excellence le geste sauveur de Dieu. Il a ressuscité Jésus qui s’est livré pour nous sur l’autel de la croix. L’homme est appelé à participer à ce mystère : mourir et ressusciter avec le Christ. Cette participation est sacramentellement vécue dans le baptême appelé le bain de la régénération (3,5). Le monde ancien et inaugure le monde nouveau. L’homme est appelé à vivre ce passage que le don de l’Esprit Saint lui rend possible, (2,12 et 3,5-6). Gatzweiler dans Feu Nouveau

Le baptême, sacrement de la nouvelle naissance, est le changement qui est opéré en nous par l’Esprit Saint : « il nous a sauvés » est l’œuvre de Dieu, de son amour agissant en nous. Le salut opéré par la nouvelle naissance dû au bain vivifiant de l’Esprit est le fruit uniquement de sa miséricorde. Ce renouveau opéré par l’Esprit est qui demeure en nous, est don fait par Dieu grâce à Jésus-Christ.
Notre salut est dû aux trois personnes.

V7 : « Le plein Evangile comporte non seulement le don du Fils de Dieu pour notre justification mais aussi le don de l’Esprit Saint qui fait de nous ses héritiers appelés à jouir du salut éternel » Stibbs dans Nouveau Commentaire Biblique. Et c’est dans le Christ que se manifestent la tendresse et l’amour de Dieu à l’égard des hommes. Le baptême de Jésus nous dit qu’il est (et nous à sa suite) l’amour de Dieu. Dieu nous dit : « Mon amour » et il peut le dire car lui seul possède la philanthropie, la tendresse véritable pour l’homme. Aujourd’hui encore, nous ne pourrons jamais découvrir cette philanthropie de Dieu qu’à travers nos amours et nos tendresses humaines. C’est à cette aventure que Dieu nous invite lors de notre baptême. Ce message, dit l’apôtre, il nous faut le dire, et le redire et l’exprimer avec toute notre conviction. Dieu, en s’incarnant, ne s’est pas emparé de traits humains qu’il n’avait pas pour se rendre plus attrayant ! Ce qu’il a pris de nos vies humaines, c’est la pauvreté, la confiance, l’humilité, l’amour, la patience… Notre vie de baptisés ne devrait-elle pas, elle aussi ; laisser transparaître quelque chose du mystère de la philanthropie de Dieu ? Ne chante-t-on pas que l’avenir est à la tendresse ?

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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