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Baptême du Christ.

Baptême de Notre Seigneur

Isaïe 40, 1...11 Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7 Luc 3, 15-22

Notre époque est marquée par une forme de violence particulièrement meurtrière. Quand elle se manifeste quelque part dans le monde, nous plaignons les victimes et… nous continuons de gérer notre quotidien.
Quand la violence atteint ceux qui nous sont proches, l’émotion nous ébranle. Combien de familles, en France et dans le monde, ont découvert brutalement que leur vie était brisée et que l’avenir n’avait plus de sens ! Dans ces moments-là, notre capacité de raisonnement tourne à vide. Exprimer son émotion réduit sa capacité de destruction. Mais la vie doit continuer. Il y a un temps pour l’émotion et un temps pour la décision.

Le peuple de Dieu était moins individualiste que nous. Le destin de l’individu avait moins d’importance que celui du peuple. Quand il relit son histoire, le peuple de Dieu peut facilement faire la liste des humiliations et des massacres qu’il a endurés avant d’échouer dans l’anonymat d’un exil qui s’éternise. Abandonné par son Dieu, il n’a plus aucun avenir.

Une voix audacieuse et inattendue se fait entendre : « Consolez, consolez mon peuple ; parlez au cœur de Jérusalem. » Il ne s’agit pas seulement de sécher des larmes. Le cœur, dans la Bible, n’est pas le siège des émotions ou des sentiments. C’est dans le cœur que se prennent les décisions qui donnent une orientation à une vie.
En survolant les événements, on peut dire ceci : Au fil du temps, Dieu s’est désintéressé du peuple qu’il a construit. Pire ! Il s’est fait l’allié de ses ennemis en leur donnant la victoire. En fait, Dieu a laissé son peuple supporter le désastre qu’il a lui-même organisé par sa mauvaise conduite. Arrive le moment où l’homme redevient capable de faire attention à la Parole de Dieu… qui remet les choses en ordre.

Un avenir nouveau est ouvert mais le passé a laissé des traces. Le peuple garde à vie la cicatrice des épreuves qu’il a traversées. Elles font partie de son histoire. C’est avec ses cicatrices qu’il doit se reconstruire un avenir.
Dans un environnement de ruines, une voix s’élève : « Voici votre Dieu. » Ce Dieu qui, dans les temps anciens, s’est construit un peuple, n’a rien perdu de sa puissance et il a des projets pour lui. « Voici le fruit de son travail avec lui et devant lui son ouvrage. » Adossé à ses exploits passés, Dieu reprend la situation en main, à condition que le peuple accepte de se laisser conduire. « Comme un berger, (Dieu) fait paître son troupeau. »
*
Dans l’évangile de Luc nous voyons effectivement le peuple qui bouge. Il ne va pas au Temple mais sur les bords du Jourdain pour écouter un individu qui s’appelle Jean. Il leur fait du bien en les secouant. Ne serait-il pas le Christ, c’est à dire celui qui a reçu l’onction de Dieu pour diriger le peuple ?
Ebranlés, certains envisagent de changer de vie. Ils s’en remettent à Jean qui les en-fouit dans l’eau du fleuve et les en retire. Plongés désormais dans l’étude de la Loi, ils vont vivre autrement.

Jean est conscient de l’importance de la démarche que sa parole provoque et des limites de son ministère. « Moi je vous baptise dans l’eau ; il vient celui qui est plus fort que moi.(…). Lui vous baptisera dans l’Esprit et le feu. »

Évidemment, Jean Baptiste ne connait pas tous ces gens qui viennent vers lui. Il a pu être surpris de voir dans la file son petit cousin, Jésus, qui attend son tour pour être baptisé. Que vient-il faire ici ?
Si Dieu a envoyé son Fils sur terre partager la condition humaine, il ne peut pas être un homme en général, un apatride, homme-de-partout-et-de-nulle-part. Il doit être inséré dans un peuple qui a une histoire. Déjà, huit jours après sa naissance, il a été circoncis. Il est devenu un juif. Ce sont ses parents qui ont pris la décision. Aujourd’hui, il se présente pour être baptisé. Il entre dans la foule de ses compatriotes. Il vient, non pas pour être purifié par la Loi mais pour la purifier. (Gal. 4,4)

« Après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle descendit sur Jésus et il y eu une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie. » Pour rejoindre Dieu, il faut suivre Jésus en étant présent là où la vie nous a conduits.

Autrefois, le pape Pie XI déclarait que les ouvriers seraient les apôtres des ouvriers. Le Pape François invite chaque baptisé à rejoindre la périphérie de l’humanité. Jésus ne sauve pas le monde en l’effleurant du bout des doigts.
Le chrétien de tous les temps est plongé dans l’Esprit-Saint par son baptême et sa confirmation pour être plongé dans un monde qui n’a pas les mêmes repères. Il peut s’y noyer. Pour surnager, il écoute la Parole de Dieu et se laisse former par elle.
Dans sa lettre à Tite, Paul dit ceci : « Dieu nous a sauvés non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde ».
Devant l’ampleur de la tâche et la complexité des situations, le baptisé peut s’adresser au Christ, en disant par exemple : « Avec ce que je suis, fais ce que tu peux. »
D. Boëton

Hymne après l’Epiphanie

Dieu s’est fait homme. Désormais Où resplendit la charité
Sa face humaine dans la nuit Le cœur bientôt reconnaîtra
Ne brille plus qu’au feu secret Dans la ténèbre ou la clarté
De notre vie. Que Dieu est là.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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