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Baptême de Notre Seigneur

Baptême de Notre Seigneur

Tite est d’origine grecque. Converti par Paul, il devient son collaborateur. Dans le texte d’aujourd’hui, je retiens quelques expressions :

« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. » La grâce n’est pas un produit que Dieu mettrait gratuitement à la disposition d’éventuels clients. Paul explique :
« (Jésus Christ) s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. »
La grâce de Dieu, c’est quelqu’un, c’est Jésus. Dieu, l’a donné au monde.
Une fois sur terre, Jésus s’est donné aux hommes pour les libérer de tout ce qui dans leur vie les empêche de vivre heureux ensemble.
Dans l’évangile, Luc dit qu’il est venu pour baptiser les hommes dans l’Esprit Saint, autrement dit, pour les plonger dans la vie intime de Dieu, pour les faire entrer dans sa relation avec son Père, une relation qui n’est qu’harmonieuse.
Jésus s’est manifesté pour que, se mettant à sa suite, les hommes puissent voir clair dans leur vie. Ce qui veut dire : accepter de se remettre en cause, accueillir le pardon et choisir de faire avec lui un peuple ardent à faire le bien.

Le même salut est proposé à tous les hommes mais chacun a son chemin pour l’ac-cueillir. Tout homme, quel que soit sa culture et ses responsabilités, a la capacité, dans le concret de sa condition humaine, de mener une vie en harmonie avec Dieu.
Etre sauvé, c’est donc d’abord reconnaître que notre manière de vivre est à la fois correcte et ambigüe. Dans notre vie, il y a de la bonne terre mais, (comme le dit Isaïe), il y a aussi des terres arides et des passages tortueux.
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La grâce de Dieu (Jésus) « nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas. » Je reprends les mots apprendre, péché, passions ... pour arriver au mot espérance.

Apprendre. Le jour de notre baptême, nous avons reçu la vie de Dieu. Il a fallu la mettre en œuvre. On peut dire que nos parents nous ont mis, de diverses manières, en apprentissage auprès de Jésus.
Au fil des ans, nous avons pris notre vie en main et en même temps, nous avons pris quelques libertés. Tout apprentissage connaît des dérapages. Notre docilité à Jésus n’a pas toujours été notre vertu première mais Jésus, lui, est fidèle. Il reste disposé à reprendre le chemin avec nous. Nous n’avons jamais fini de recommencer.

Tout apprentissage est un combat. Paul demande de « vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux. » Pour nous, le monde présent, c’est ce monde dans lequel nous n’avons pas choisi de vivre, mais c’est le nôtre.
Etre raisonnable. C’est prendre en compte la réalité des situations.
Etre juste. C’est prendre les bonnes décisions.
Etre religieux. Pour les chrétiens, c’est chercher le sens du comportement de Jésus.

L’apprentissage ne se fait pas en solitaire. Paul a chargé Tite de parachever l’organi-sation des communautés chrétiennes dans l’ile de Crête à partir d’un schéma simple : une ville, une communauté, un responsable.
C’est au sein d’une communauté que se fait l’apprentissage de la vie chrétienne. Or il n’y a rien de plus difficile qu’une vie communautaire. C’est là que se révèlent les signes distinctifs de chacun, les individualismes.
Se frotter à la parole de Dieu et se frotter au caractère des autres, c’est ce qui se fait dans tous les groupes qui se constituent au nom de la foi en Jésus Christ. Le résultat, c’est qu’une communauté devient un atelier d’humanité où se manifestent les péchés, les passions… et l’espérance !

Le péché. Quel que soit le genre de récit que nous propose la Bible, il est toujours une manière de présenter un aspect de notre relation à Dieu.
Le péché est un terme du vocabulaire chrétien. Nous avons connu autrefois des listes de péchés : « J’ai menti, j’ai désobéi, j’ai oublié ma prière, j’ai battu mon petit cama-rade. » Il est toujours temps d’essayer de dépasser les listes de notre enfance. Si je veux connaître mon péché, j’ai une solution : lire la Parole de Dieu et évaluer si ma conduite est conforme ou non à ce que Dieu demande.

Les passions. Elles peuvent être magnifiques, plus ou moins intenses. On peut re-prendre un mot de Paul : Dans toute passion il y a de l’ardeur.
Tout peut être objet de passion : le travail, la famille, la musique, le sport. Tous les collectionneurs de toutes sortes de choses sont des passionnés.
On ne fait rien de durable sans passion.
On peut dire que le jour où l’Eglise sera devenue « un peuple ardent à faire le bien », le monde finira par s’apercevoir qu’une vie humaine est possible pour tous.
A côté des passions qui canalisent l’énergie, il y a les passions qui deviennent des ad-dictions. Elles emprisonnent. Paul les appelle les passions d’ici-bas, elles ne se ré-duisent pas aux passions amoureuses incontrôlées. Il y a aussi la passion du jeu, du pouvoir, de l’argent, etc.
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L’espérance. Ce qui permet de tenir dans ce combat de l’apprentissage, c’est l’espé-rance d’atteindre l’objectif. C’est à dire : dans le monde qui est le nôtre, devenir dis-ciple de Jésus pour participer avec lui à la vie de Dieu. S’il arrive à l’apprenti en vie chrétienne de se décourager, Jésus, le maître d’apprentissage, ne se décourage pas. Dieu nous a sauvés non pas à cause de nos actes méritoires mais par pure miséri-corde.

« Puisque l’humanité de Jésus a été semblable à la nôtre, qu’il nous donne d’être transformés par lui au plus intime de notre cœur. » (Oraison du jour)

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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