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Assomption de la Vierge Marie

Assomption

1 Cor 15,20-27a 2ième lecture

20 Mais non ; Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts.
21 En effet, puisque la mort est venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts :
22 comme tous meurent en Adam, en Christ tous recevront la vie ;
23 mais chacun à son rang : d’abord les prémices, Christ, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de sa venue ;
24 ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance.
25 Car il faut qu’il règne, jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds.
26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort,
27 car il a tout mis sous ses pieds. Mais quand il dira : « Tout est soumis », c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui a tout soumis.

Si Marie est glorifiée dans toute sa personne, c’est à la suite du Christ victorieux de la mort. Paul explique que c’est à cause du Christ que les croyants connaîtront la victoire sur la mort : « Chacun à son rang », écrit-il. Nous pouvons croire que, vu sa docilité à l’Esprit et sa participation à la réalisation du plan de Dieu, Marie occupe un rang privilégié après « en premier le Christ ». En disant que ce qui est périssable deviendra impérissable et que ce qui est mortel revêtira l’immortalité », Paul suppose que notre corps sera mêlé à la participation à la victoire du Christ qui sera la nôtre, comme elle est celle de Mare.

La foi chrétienne est tout entière fondée sur l’événement pascal attesté par les disciples du Ressuscité.
Pour les Grecs la seule idée qu’un dieu puisse mourir était hors de question, autant que pour les Juifs, croyants en la révélation.

Quand Paul annonce aux philosophes de l’aréopage d’Athènes la résurrection du Christ comme signe attestant et authentifiant la mission divine de celui-ci, il se fait remettre en place et est rejeté : « on viendra t’écouter une autre fois »
Pour les Grecs l’idée de résurrection est un non-sens. Selon leur conception, le salut de l’homme se définissait plutôt comme libération de l’âme qui, emprisonnée dans la caverne du corps, s’en dégageait pour s’envoler vers le monde éternel des Idées.
Pour eux, parler de résurrection était perçu comme un retour à la servitude, un retour dans ce dont ils espéraient se libérer définitivement.
De plus, un Messie crucifié était un scandale pour les Juifs et une stupidité pour les Païens. Le « mais non » du v. 20 veut balayer d’un coup toutes les objections faites par les Corinthiens pour mettre en place l’affirmation de la Résurrection du Christ.
Paul doit réagir avec force, aussi atteste-t-il avec puissance le fait de la résurrection, pour en tirer ensuite les conséquences qui s’imposent pour les chrétiens : s’il n’y a pas de résurrection, notre foi est vaine, sans fondement !
En effet, la résurrection du Christ n’a d’intérêt ni de sens que dans la mesure où elle est la garantie de la nôtre. Ce qui est arrivé à l’un de nous nous concerne tous.

On ne comprend le mystère de la résurrection que dans l’histoire du salut : elle est la réponse de Dieu au refus de l’homme. Le refus de l’homme a engendré une histoire de mort dont nous sommes héritiers. _ La résurrection du Christ engendre une nouvelle histoire qui est source de vie nouvelle. La réponse de Dieu, nous dit Paul, c’est que « tous reprendront vie dans le Christ. » Si le Christ est mort et ressuscité ce n’est pas pour lui seul mais il entraîne à sa suite tous ceux qui ont mis leur foi en lui et avec Lui ils sont devenus « uns. »
Pour se faire comprendre Paul utilise la notion juive de « prémices ». Dans le judaïsme, les prémices désignent la part des premiers produits de la récolte offerts en primeur au Seigneur en réponse à sa libéralité. C’est le Christ « prémices » qui nous sort de l’impasse en ressuscitant des morts et nous avec lui.

L’idée qu’une partie consacrée puisse exercer une influence sanctifiante sur l’ensemble se retrouve à travers toute la bible comme dans la tradition chrétienne.
« En s’incarnant, le Fils de Dieu s’est fait l’un des hommes ; comme les prémices de la moisson font partie de la moisson et ne peuvent en être dissociées, ainsi du Christ par rapport à l’humanité » G. Gaide
Le Christ réveillé d’entre les morts est « prémices » de ceux qui se sont endormis : tous ceux qui croient en lui sont tous associés à la force transfigurante de son Esprit d’amour.
Vient ensuite, v. 22, une comparaison et, plus encore, une opposition Adam-Christ : comme le premier a entraîné la mort pour lui et toute l’humanité, par le second tout a basculé dans le sens opposé. Le Christ dans sa mort-résurrection exerce un pouvoir absolu sur la mort et le mal, les puissances de la mort et du mal sont abolies. La mort et le mal sont encore à l’œuvre, mais pas d’une manière absolue, Dieu ne peut abandonner à l’emprise de la mort ceux qui se sont endormis dans le Christ. Pour eux, il a ouvert le chemin de la vie, la voie de Dieu.

L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en eux ; ils possèdent déjà les prémices car, dans le Christ, ils participent déjà au rayonnement de son Amour transfigurant.
Par sa résurrection Christ est le prélude pour tous ceux qui se sont endormis dans la mort, il est devenu le garant de notre résurrection. Mais il faut qu’il règne cad que les forces du mal se soumettent au Christ et que son Esprit nous ouvre pleinement à sa loi évangélique et nous introduise dans son Royaume d’amour.

Montloubou écrit dans « l’Evangile de Luc » : « La résurrection est le terme du salut de Dieu, le point oméga vers lequel tout converge, en fonction duquel tout prend sens. Tout ce qui ne semblait, jusque là, que geste de salut insuffisant, incomplet, partiel, perpétuellement remis en cause par un Mal sans cesse renaissant, apparaît enfin achevé. La résurrection atteint l’humanité entière, dans le prolongement de celle de Jésus. Elle est le signe de l’autorité universelle de Jésus qui introduira ses fidèles dans son triomphe, au temps fixé »

« Alors tout sera achevé » (v24) ensuite viendra la fin : Paul se situe déjà à la fin comme si ce que nous vivons actuellement est passager, intermédiaire entre la résurrection de Jésus et la fin. Alors Dieu sera tout en tous : le Ressuscité sera pleinement présent aux croyants dans la plénitude de son Etre. Le projet initial de Dieu déjà réalisé totalement dans le Christ, dans sa mort-résurrection, est en train de se réaliser en plénitude dans les hommes.

La fête de l’assomption de Marie est une première illustration des fruits de la résurrection dans le monde des humains.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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