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Assomption

Assomption 09

Homélie

Il n’y a que Dieu pour bien parler de Dieu et dire Dieu.
Toute la vie de Jésus n’a été que cela : dire Dieu aux hommes par ses paroles, ses actes, sa croix, sa résurrection afin de les rapprocher les uns des autres.
Toute sa vie en fait disait Dieu, l’amour de Dieu pour les hommes de ce temps mais aussi à nous aujourd’hui…pour nous rapprocher de Lui et les uns des autres.
Cette irruption de Dieu dans la vie des hommes a été perçue comme un choc violent : on n’imaginait pas Dieu tel que Jésus le révélait…
Les prophètes, eux-mêmes avaient défrayé la chronique en disant Dieu et interpellant son peuple et l’appelant à la conversion et lui reprochant son péché et annonçant l’infinie miséricorde de Dieu.
Toute notre vie nous cherchons à percer le mystère de Dieu : nous sommes à son image, appelés à être saint comme lui, à lui ressembler. Comme si nous avions le désir de retourner à nos véritables origines, divines celles là.
Le mystère de l’Assomption de Marie nous apprend, nous révèle beaucoup sur Dieu et sur l’homme et son avenir.
Le texte de la visitation de Marie à Elisabeth nous en apprend beaucoup sur Dieu…
Le salut de Marie à Elisabeth provoque le tressaillement de son enfant en elle et Elisabeth elle-même est remplie de l’Esprit St et s’écrie d’une voix forte. Elisabeth devient prophétesse et proclame- sans en avoir été informée- ce qui s’est passé en Marie et la proclame « bénie entre toutes les femmes ».
C’est une véritable révélation –faite sous l’inspiration de l’Esprit – qu’Elisabeth nous fait : tu es bénie entre toutes les femmes, le fruit de ton sein est béni comment ai-je ce bonheur ? La mère de Dieu vient à moi ! Ta salutation a provoqué le tressaillement – heureuse celle qui a cru.
La salutation de Marie a déclenché cette prophétie d’Elisabeth qui nous révèle de manière unique le mystère de Marie et le mystère de Dieu- on ne peut les comprendre l’un sans l’autre : Le mystère de Dieu éclaire celui de Marie et le mystère de Marie éclaire celui de Dieu qui va à la rencontre et à la recherche de l’homme.
En Marie nous avons le prototype de la croyante, du croyant, le prototype de ce que Dieu veut réaliser en tout homme, en toute femme et l’Assomption ne fait que nous dévoiler l’aboutissement final.
Certes Marie a marché de manière exceptionnelle et toute particulière sur les chemins que Dieu lui traçait et lui proposait mais sa grandeur, nous dit Elisabeth, c’est d’avoir cru que tout ce que lui fut dit de la part du Seigneur se réaliserait certainement en elle.
Voilà le visage de Marie, sa grandeur : elle fut une croyante…comme nous sommes invités à l’être à notre tour.
Et combien il est difficile de croire : Marie n’a fait que croire que tout ce qui lui fut dit de la part du Seigneur se réaliserait certainement en elle.
Voilà le visage de Marie que nous fêtons dans son accomplissement.
Toute sa vie va nous montrer ce que ça veut dire « croire » et ce que Dieu réalise pour ceux et celles qui osent mettre toute leur foi et leur confiance en Lui et correspondent à son attente.
Marie répondant à Elisabeth révèle comment le mystère de Dieu se réalise en ceux mettent leur foi en lui et comment cela transforme leur vie, toute la vision du monde : comment sa vie, le monde est transformé, bouleversé chez ceux qui croient.
Elle dit comment la foi en la Parole de Dieu qui sauve a transformé sa vie et la rend pleinement heureuse : La rencontre avec sa cousine reprise dans l’évangile de ce jour en est une belle illustration et nous dévoile quel genre est son bonheur.
Elle ne revendique rien : c’est Dieu qui a fait tout cela en elle, la toute petite, l’humble servante.
Ce sont des merveilles d’amour que le Seigneur réalise en elle et en tous ceux qui le craignent.
Craindre n’est pas à comprendre au sens de peur mais au sens de la crainte amoureuse qui craint de ne pas répondre avec assez d’empressement à l’amour par l’amour.
Un amour de Dieu qui se moque des puissants qu’il renverse, des riches qu’il renvoie les mains vides, des superbes qu’il disperse : tous ces gens qui n’ont rien à attendre de Dieu et qui pensent se suffire à eux-même.
Marie n’est pas de ces catégories et dans sa petitesse elle a fait l’expérience de tout le bien que le Seigneur à fait pour elle..
Marie n’invente rien, elle ne fait que résumer ce qu’elle a expérimenté et que les prophètes avant elle ont perçu.
Elle nous révèle que la foi va à l’encontre de ce que le monde et les hommes proposent comme idéal qui ne peut combler que partiellement les aspirations des hommes…les laissant sur leur faim.
Ce que Marie chante c’est ce que Dieu réalise dans le croyant, dans tout croyant.
Et l’Assomption ? Nous contemplons l’accomplissement de celle qui a cru, qui a donné au monde le Verbe fait chair.
C’est l’accomplissement du projet de Dieu auquel aspire toute l’humanité à la suite du Christ le premier ressuscité.
Dans la troisième strophe, Marie exalte la fidélité de Dieu. Si Dieu est fidèle à ses promesses et se souvient de sa miséricorde à l’égard de son peuple, il est donc fidèle à sa Parole. Marie chante un Dieu qui prend parti pour les sans-voix, les sans-noms. Aujourd’hui nous mettons Marie à l’honneur parce que cette femme de Nazareth, sans gloire, a reçu toute sa grâce et sa beauté de l’amour gratuit de Dieu. C’est bien la bonne Nouvelle qui nous permet d’être en fête aujourd’hui.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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