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Ascension du Seigneur .

Ascension

Parler de l’Ascension éveille spontanément l’image du Seigneur montant au ciel dans la gloire. Marc ne s’étend pas sur l’aspect spectaculaire de l’événement. Il note simplement à la fin du récit que Jésus « fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. » Ce qui est important pour Marc, c’est qu’à partir de ce jour-là, Jésus ne s’est plus manifesté à ses apôtres. En quel état les laisse-t-il ? Avec quelle consigne ?

Après le retour des pèlerins d’Emmaüs à Jérusalem, les quelques lignes qui précèdent notre récit disent ceci : « Enfin, il se montra aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leur cœur parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. »
On le voit, l’ambiance n’est pas particulièrement chaleureuse. Peu motivés, les Onze n’ont pas un dynamisme de militants. Le message de victoire est comme bloqué.
Que peut-il se passer maintenant ? C’est le texte d’aujourd’hui.

Ce que Jésus dit est tout à fait inattendu. Ces gens mal assurés dans leur tête, il ne les renvoie pas à la maison, il les envoie : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la Création. » Audace ou inconscience ? !
Personne ne sera jamais à la hauteur de la mission, mais on peut noter que les premiers chrétiens de la génération de Marc se savent appelés à porter l’Evangile à tous les hommes, à la création entière. Jésus est conscient de ce qu’il dit.

Avec la Résurrection, la Création n’est pas devenue un paradis. Dans ce monde que les apôtres devront parcourir, il y aura encore des démons, des serpents, des poisons et des maladies. Mais aucune de ces nuisances ne pourra les déstabiliser. Ils expulseront les démons, prendront les serpents dans leurs mains et boiront des poisons mortels sans dommage ; ils imposeront les mains aux malades qui s’en trouveront bien.
La Résurrection de Jésus a infiltré dans le cœur de humanité, toujours secouée par de nouvelles violences, un ferment, une source de vie, une espérance.
Par rapport à la masse de la pâte, le ferment n’est pas grand-chose mais il a une vitalité qui se remarque. Toutes les brutalités humaines, tous les mensonges ne réussiront pas à le neutraliser.

La même question se pose tout au long de l’histoire humaine : peut-on croire à l’effi-cacité de ce ferment ? La position de Jésus selon Marc est claire : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. »
Acceptons-nous de vivre dans notre monde concret avec cette vie de Jésus ressuscité dans le cœur, dans nos paroles, dans nos décisions ? Celui qui laisse cette vie de Jésus travailler sa vie vivra ; celui qui la refuse se condamne lui-même.
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Dans les Actes des Apôtres, Luc, lui aussi, nous présente Jésus à table avec les Onze. Dans la conversation, « il leur donne l’ordre de ne pas quitter Jérusalem et d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. »

Si Jésus donne aux Onze l’ordre de rester à Jérusalem, c’est qu’ils ont envisagé de
partir. Ne s’y sentant pas en sécurité, ils peuvent avoir envie de retourner chez eux. Jésus est mort ; il est ressuscité ; il se montre vivant ! Et maintenant !

Jésus leur demande ceci : attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Attendre la réalisation d’une Promesse ! Cela fait 2000 ans que le peuple de Dieu avance en traînant les pieds de promesse en promesse. Il faut attendre… encore !
Jésus précise : « Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Ce baptême, (ce plongeon dans l’Esprit Saint), leur donnera une force qui fera d’eux « des témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Ainsi Jésus ressuscité s’intéresse toujours à ce qui se passe sur la terre. Il donne aux Onze un programme d’action en trois points. Ils devront témoigner de sa Passion et de sa Résurrection d’abord à Jérusalem, c’est-à-dire à tous ces gens qui ont voulu sa mort, ensuite dans toute la Judée et la Samarie, c’est-à-dire aux Judéens et aux Samaritains qui ne savent que se mépriser mutuellement et enfin jusqu’aux extrémités de la terre, c’est-à-dire là où il y a des colonies juives et des païens qui se côtoient sans se fréquenter… et aussi là où il n’y a aucun juif.
La feuille de route étant claire, Jésus s’élève et disparaît dans la nuée.

Au passage, il a laissé dans les oubliettes la question des apôtres : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Les récits de Marc et de Luc nous font découvrir l’énorme décalage qui existe entre le projet de Jésus et le rêve des apôtres.
. - Marc nous présente des apôtres très étonnés de la présence de Jésus vivant, après sa mort et sa mise au tombeau : il apparait, il disparait ; il est insaisissable, imprévisible. C’est bien lui, mais il n’est pas comme avant. Les apôtres ne maîtrisent rien.
- Chez Luc, les apôtres perçoivent un avenir mais ils restent prisonniers d’une idée fixe : restaurer la royauté d’Israël, ce qui veut dire concrètement : chasser les Romains.
- Marc et Luc se rejoignent pour dire que Jésus est désormais assis à la droite de Dieu. Marc anticipe un peu quand il dit qu’ils s’en allèrent partout proclamer l’Evangile. Et Luc précise qu’il reviendra.
Pour l’instant, dociles, ils vont rester à Jérusalem ; ils vont attendre quelques jours,… quelques jours seulement !
D. Boëton

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