8e Dimanche A

1 Corinthiens 4, 1-5

1 Qu’on nous considère donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu.
2 Or, ce qu’on demande en fin de compte à des intendants, c’est de se montrer fidèles.
3 Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Je ne me juge pas non plus moi-même.
4 Ma conscience, certes, ne me reproche rien, mais ce n’est pas cela qui me justifie ; celui qui me juge, c’est le Seigneur.
5 Par conséquent, ne jugez pas avant le temps, avant que vienne le Seigneur. C’est lui qui éclairera ce qui est caché dans les ténèbres et mettra en évidence les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient.

A propos de ce texte :

Paul a relevé les divisions de la communauté et révélé l’absurdité de telles positions qui ne s’expliquent pas dans le christianisme. C’est dans le Christ que nous avons été baptisés et il est indécent de se réclamer de tel ou tel apôtre qui les aurait baptisés. Ces attitudes ne font que diviser la communauté et répandre des thèses théologiques fausses. Nous sommes tous un dans Christ qui est la tête du corps et les apôtres en sont les ministres.
Ceux-ci n’ont donc aucun motif à se comparer : ce serait fausser le message du Christ et rendre vaine sa passion, sa croix et sa résurrection. Ce serait ravaler le christianisme au rang des philosophies. Or dit le Père Coune : « le christianisme n’est pas une philosophie mais une religion ; en d’autres termes : une communauté de foi et de vie qui relie à Dieu …avec leurs artifices, leur éloquence ou leur personnalité les prédicateurs ne doivent pas faire écran à la personne du Crucifié dont ils sont comme les hérauts ou ambassadeurs accrédités. » Assemblée du Seigneur 39, p.13

v.1 « Serviteurs et intendants des mystères de Dieu. » Paul met les choses au point, il clarifie la situation, la position des apôtres et responsables de la communauté : ils n’ont aucun motif de se prendre pour des maîtres ou des gourous. Avec leurs capacités et leurs talents ils n’ont, à la suite du Christ serviteur, qu’à être ses imitateurs.

v. 2 Paul donne une belle définition et un bel idéal de l’apôtre : « fidèles serviteurs des mystères de Dieu. » C’est déjà ce qu’il avait dit en 2,7 : c’est la sagesse de Dieu cachée dans le Mystère qu’ils proclament. Ils sont totalement au service de la révélation du Mystère de Dieu révélé par le Christ et tout particulièrement dans son mystère pascal. Il est important qu’ils soient fidèles afin de ne pas tomber dans les exagérations oratoires ou philosophiques qui dénaturent le mystère. C’est un trésor qui leur est confié et qu’ils doivent faire fructifier ; pour lequel le Maître leur demandera des comptes à son retour.
Leur fidélité ne concerne rien d’autre que le message et le témoignage que le Christ leur a laissés et confiés ; la Bonne Nouvelle qu’ils ont reçu mission d’annoncer par toute la terre. C’est une responsabilité d’intendants qui leur est confiée et dont ils ne peuvent être propriétaires tout en se sentant totalement intégrés au plan de salut de Dieu pour l’humanité.
On peut faire appel à Ephésiens 1,9-10 : « Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même 10 pour mener les temps à leur accomplissement : réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. »
Cette révélation n’est pas le fruit du hasard : « elle s’inscrit de toute éternité dans le « dessein bienveillant de Dieu » qu’il a conçu en lui-même avant la création. La révélation et la filiation, appartiennent à l ‘unique dessein de Dieu…Le Christ apparaît comme la raison d’être initiale, comme la clef de voûte finale de la création, au sens où il est à l’origine et au terme de celle-ci » Chantal Reynier dans l’Epître aux Ephésiens p. 56.
Telle est la mission d’annoncer, de proclamer l’Evangile dans toute son intégralité et non selon la conception de certains. Un intendant doit rendre des comptes, il n’est pas propriétaire du message et ses vues personnelles ne peuvent en aucune manière le modifier.

v. 3-5 « Je ne me juge pas, c’est le Seigneur qui me juge. » La conscience de Paul ne lui reproche rien, seul Dieu le jugera, et il connaît le triomphe de sa miséricorde. Trois jugements sont mentionnés dans ces versets : le jugement que les gens peuvent émettre sur Paul. Ce jugement ne connaît pas tout et peut être laissé de côté : « je me soucie fort peu de votre jugement sur moi ». Le second jugement est celui de notre propre conscience. Il lui manque certains éléments et donc il ne peut être parfait : « ce n’est pas pour cela que je suis juste ». Alors le troisième jugement, le jugement de Dieu le seul qui est parfait et définitif : « il mettra en lumière ce qui est caché. »
C’est devant Dieu seul que Paul est jugé responsable : « c’est au jour de sa venue en gloire que le Seigneur prononcera la sentence définitive révisant les faux verdicts que les hommes auront portés contre eux-mêmes ou contre autrui. Si Paul insiste sur ce jugement de Dieu c’est pour mettre en échec les jugements humains basés sur une sagesse humaine entachée de partialité, celle-là qui a dévié certains membres de la communauté et entamé son unité.

« Le jugement définitif aura lieu à la fin quand le Seigneur viendra et il sera l’œuvre du Seigneur. Paul conclut sur une note solennelle par l’annonce de la juste rétribution qui sera accordée à chacun. » Feu Nouveau 57/2 p. 62

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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