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7e Dimanche de Pâques- Apocalypse 22,12-14, 16-20

2ième lecture : Apocalypse 22/12-14.16-20

12 Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre.
13 Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin.
14 Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer, par les portes, dans la cité.
[15 Dehors les chiens et les magiciens, les impudiques et les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime ou pratique le mensonge !]
16 Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous apporter ce témoignage au sujet des Eglises. Je suis le rejeton et la lignée de David, l’étoile brillante du matin.
17 L’Esprit et l’épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Que celui qui a soif vienne, Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement.
18 Je l’atteste à quiconque entend les paroles prophétiques de ce livre : Si quelqu’un y ajoute, Dieu lui ajoutera les fléaux décrits dans ce livre.
19 Et si quelqu’un retranche aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera sa part de l’arbre de vie et de la cité sainte qui sont décrits dans ce livre.
20 Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Amen, viens Seigneur Jésus !


A propos de cette lecture :

Le philosophe danois Kierkegaard écrit : « Nous avons à recevoir la Bible comme une lettre d’amour envoyée par Dieu à l’humanité ». La liturgie de ce dimanche nous offre une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui ; à nous de décrypter le langage apocalyptique.
L’Apocalypse décrit le sens de l’histoire. Le livre s’achève en reprenant l’idée du départ : Jésus accomplit la pleine manifestation de ce sens : il est à l’origine et au terme du véritable courant de vie.
Ce passage de l’Apocalypse vient à point nommé pour creuser en nous le désir de Dieu et de l’Esprit que nous nous préparons à célébrer à la Pentecôte, cet Esprit qui nous fait vivre de la Parole amoureuse de notre Dieu.
L’auteur vient d’achever sa grandiose description de la Nouvelle Jérusalem. Avant de parachever son œuvre, il reprend en quelques formules lapidaires les thèmes de son Livre. Les derniers versets sont jetés pêle-mêle comme si l’auteur arrivé au point culminant de sa vision, ne parvenait plus à contrôler son discours : imminente est la venue du Christ ; elle coïncide avec la fin de l’Apocalypse.
C’est un cri extraordinaire d’espérance : « Viens »

Pour terminer le livre nous avons une suite d’appels, de sentences.
Il y a d’abord une annonce, l’annonce de la venue de Jésus. Après la description de la Nouvelle Jérusalem (dimanche dernier), Jésus annonce qu’il vient : « voici je viens bientôt », c’est ce qui fonde l’espérance de l’Eglise. Il faut savoir l’anxiété des petites communautés chrétiennes d’Asie Mineure, soumises aux multiples vexations venues de leur entourage et aux menaces de l’empereur qui exigeait d’être adoré, pour comprendre leur impatience : « jusqu’à quand Seigneur tarderas-tu à faire justice ? ». C’est le cri des chrétiens exposés aux dangers.
Le Seigneur répond par son prophète : « je viens sans tarder » ; la parousie du Fils de l’homme et le retour du Christ glorieux sont imminents.
Cette Eglise a comme mission de dire sans cesse « le Seigneur vient » et donc, d’être tournée vers l’avenir. L’Eglise de Jésus Christ doit annoncer non pas un retour, mais une venue, la venue de l’époux qui vient rencontrer et prendre avec lui définitivement son épouse. L’Eglise doit dire au monde que la vraie venue de Jésus n’a pas encore eu lieu, cette venue c’est l’avenir de l’humanité ! Nous ne devons nous souvenir de la première venue de Jésus que dans la mesure où sa mémoire nous rappelle notre mission de proclamer sa venue ultime. Notre mission est de faire mémoire d’un Dieu qui dit « voici, je fais toutes choses nouvelles ».
« La fonction du thème de l’imminence n’était pas d’annoncer directement la brièveté des échéances eschatologiques mais de souligner la contingence du temps présent et de mobiliser les fidèles […] ’ère eschatologique est déjà commencée en la Résurrection, le Royaume est inauguré, et le Christ glorieux est à la fois déjà là et celui qui vient. L’importance et l’urgence de l’engagement immédiat sont encore soulignés par la perspective de la sentence : la parousie ne sera pas seulement manifestation du Royaume mais jugement » ( Ponthot, Paroles sur le chemin. p.124.)
Le Christ ne vient pas les mains vides : « ma récompense est avec moi ». Il apporte le salaire, la récompense, à ceux qui ont œuvré pour le Royaume, aux saints, aux prophètes petits et grands, c.à.d. : la pleine réalité que nous recevons déjà dans les sacrements du baptême et de l’eucharistie.
« Il n’y a pas en ceci une lecture préconçue à faire de la théologie du mérite, mais il n’y a pas d’opposition non plus entre la gratuité du don de Dieu (la récompense) et le travail laborieux du chrétien au milieu du monde (l’œuvre). » (Charlier dans Comprendre l’Apocalypse.)

L’annonce de la venue est assortie d’une proclamation : il est le premier et le dernier, il est l’alpha et l’oméga : Dieu est le principe et la fin de toute création (1,8), ; cette fois l’expression est appliquée au Christ, le Messie annoncé par les Ecritures. Le Christ s’attribue des titres divins affirmant sa transcendance et son éternité. Le Messie est appelé alpha et oméga parce que son œuvre de rédemption se réalise dans le monde ; nous ne devons donc pas avoir peur de l’aboutissement. Mais l’œuvre du Christ est au delà du temps, dominant tous les temps, il est le principe et la fin de toute chose, de tout être.
Déjà les premiers chrétiens tout en se reconnaissant pécheurs attendaient le Christ et la cité céleste. « Le cheminement de l’histoire vers cette cité céleste passe par une série de cataclysmes et catastrophes. On comprend pourquoi l’apocalypse se termine un appel « viens, Seigneur Jésus ».

Au v 14 : la septième béatitude de l’Apocalypse concerne les baptisés, ceux qui ont lavé leur robe : ils accèdent à l’arbre de vie et à la ville sainte par une des douze portes. « Le baptême c’est l’entrée par la grande porte »
Ceux qui ont lavé leur robe et les ont blanchies dans le sang, ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve, qui ont manifesté leur engagement dans la foi au mystère de la mort de l’Agneau et ont vécu jusqu’au don de leur vie par la vertu du sang répandu par le Christ.
L’Ange envoyé par Jésus est peut-être Jean lui-même.

Après la proclamation, il y a un appel. « L’Esprit et l’Epouse disent : Viens ! ». L’Epouse, c’est l’Eglise. L’Eglise animée par l’Esprit dit : « Viens ». C’est une symphonie. L’’Esprit et l’Eglise, toute la création implore la venue du Seigneur.
N’est-ce pas étonnant ! « Dieu appelle Dieu ; l’Esprit appelle Dieu et il l’appelle par la prière de l’Epouse. Tout l’univers souffre l’angoisse d’un enfantement divin : Dieu doit pour ainsi dire naître de la création » Barsotti.
L’Esprit faisant monter la prière de l’Epouse la rend efficace, il nous fait comprendre toute chose à la lumière de Jésus et de son évangile.
C’est le cri de la communauté vivante qui ne peut vivre sans son Seigneur.
Nous sommes tous invités à reprendre à notre compte le cri de l’Epouse, signe de notre soif d’être au rendez-vous avec le Seigneur.
A cette prière Jésus répond : « voici je viens ».
Le Seigneur vient non pour que nous possédions mais pour raviver en nous, le désir de sa venue dans le monde. 1 Jean 5:4, « puisque tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi. »

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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