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7e Dimanche de Pâques - 1 Pierre 4, 13-16

1 Pierre 4, 13-16

12 Bien﷓aimés,… ce qui vous arrive n’a rien d’étrange.
13 Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
14 Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.
15 Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur.
16 Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom﷓là.

A propos de ce texte

l s’agit d’une lettre adressée à des chrétiens persécutés à cause de leur foi.
Maertens- Frisque ose dire à propos de ce passage qu’il s’agit d’un « petit traité théologique sur la signification de l’épreuve ». Pierre commente tout simplement et actualise la béatitude : « bienheureux les persécutés ».
C’est à leur intentions que Pierre adresse cette exhortation qui peut paraître étonnante par les paradoxes qu’elle contient : « réjouissez-vous…heureux êtes vous…l’Esprit de gloire repose sur vous… rendez gloire… »

Au tout début de sa lettre, ch.1, Pierre écrit déjà : « 3Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts…6Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; 7 elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or…. » et, ch. 3 : « 14 Mais s’il vous arrivait de souffrir pour la justice, heureux seriez-vous ! Comme dit l’Écriture : N’ayez aucune crainte de ces gens-là, ne vous laissez pas troubler. 15 C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez tenir pour seul saint dans vos cœurs. »
Enfin, 2, 21 « C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que
le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous
suiviez ses traces »

La souffrance ne peut être trouvée normale, ni humainement acceptable, cependant Pierre présente les souffrances du Christ comme un modèle, un exemple à suivre. La souffrance est inhérente à toute vie mais pour le chrétien elle devient une manière de communier au Christ afin de communier à sa gloire lorsque celle-ci arrivera.
Selon Feu Nouveau : « ce texte doit être replacé dans la dynamique de toute la lettre » : cf. les références citées ci dessus au chap 1, 2, 3.
Il s’agit bien de « communier aux souffrances du Christ » v.13. Il ne se s’agit pas d’imiter le Christ souffrant mais de participer, de communier à ses souffrances.
Cette participation trouve son explication dans le baptême qui nous incorpore au Corps du Christ et nous rend participants de tout ce qu’il a vécu ainsi qu’à sa gloire.
« Réjouissez-vous…dans la joie et l’allégresse » : voilà bien un paradoxe. La souffrance pour le Christ et avec lui devient cause de joie attachée à ses souffrances.
« Se réjouir en pareilles circonstances à partir de l’association au Christ, c’est préparer le second moment de la joie : l’exultation qui porte le sceau définitif au jour de la révélation de la gloire. La joie présente transfigure le temps qui reste à vivre dans la chair. Elle se fonde sur le passé et sur l’avenir, sur les souffrances du Christ et sur sa glorification » Feu Nouveau.

v.14 : « heureux êtes vous » : renvoie à la béatitude des persécutés alors que le verset 13 « évoque une joie eschatologique » ; le bonheur présenté ici est actuel.

« C’est en raison du nom porté par les chrétiens qu’ils sont persécutés. Le nom suffit à évoquer l’outrage. Pour le croyant l’attachement au Christ en est la cause profonde. Le macarisme (heureux) exprimé également en 3,14 signale une bénédiction déjà accordée. Cette situation ne dépend pas du sentiment de bonheur. Pierre donne un fondement à son affirmation : l’Esprit de la gloire repose sur eux…La communion signifie que les croyants font l’expérience des souffrances du Christ, qu’ils les vivent dans la persécution pour son nom. La Passion se prolonge en quelque sorte dans ce type d’épreuves. Cette communion s’étend également à toute la fraternité dans le monde. Pierre ne conçoit pas l’existence chrétienne en dehors de la souffrance » Feu Nouveau 57/4 p.37

Il faut quand même bien préciser qu’on ne peut mettre sous la « communion au Christ » n’importe quelle souffrance, ce qu’il explique v. 15 : « que personne n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur ». Il s’agit bien des souffrances endurées pour et à cause du « nom du Christ », c.a.d. qu’en portant le nom de chrétien, le croyant porte le nom du Christ et c’est à cause de celui-ci qu’il souffre persécution, rejet et tracasserie. Le croyant porte le nom du son Seigneur, le Christ, ce qui explique l’origine des souffrances qu’il endure avec Lui. Ce qui change absolument tout et permet d’aller jusqu’au don total, jusqu’au sacrifice de la vie, le martyre. « Le rapport aux persécutions se modifie dans la mesure où le martyre prend une signification théologique. Les croyants n’ont pas en eux la vie que le Père donne par le Fils s’ils ne sont pas prêts à mourir librement pour avoir part à sa passion ».

Terminons ces quelques lignes en reprenant l’assurance que donne Pierre v.14 : « l’Esprit de Dieu repose sur vous » : l’assistance de l’Esprit, celui qui reposait dans le Christ, leur est assurée.
Voilà une Bonne Nouvelle qui nous permet, quoiqu’il arrive, de porter le nom que nous donne le Christ.

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Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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