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7e Dimanche B - Isaïe 43, 18-25

Isaïe 43

18 Ne faites plus mémoire des événements passés,
ne songez plus aux choses d’autrefois.
19 Voici que je fais une chose nouvelle :
elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ?
Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert,
des fleuves dans les lieux arides.
20 Les bêtes sauvages me rendront gloire
– les chacals et les autruches –
parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert,
des fleuves dans les lieux arides,
pour désaltérer mon peuple, celui que j’ai choisi.
21 Ce peuple que je me suis façonné
redira ma louange.
22 Ce n’est pas moi que tu as invoqué, Jacob,
car tu t’es fatigué de moi, Israël !
23 Tu ne m’as pas apporté de petit bétail pour l’holocauste,
tu ne m’as pas glorifié par des sacrifices.
Je ne t’ai pas asservi en réclamant des offrandes,
je ne t’ai pas fatigué en réclamant de l’encens.
24 Tu n’as rien dépensé pour m’offrir des aromates,
tu ne m’as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices.
Au contraire, tu m’as asservi par tes péchés,
tu m’as fatigué par tes fautes.
25 C’est moi, oui, c’est moi qui efface tes crimes,
à cause de moi-même ;
de tes péchés je ne vais pas me souvenir.

A propos la 1ère lecture :

Il y a toujours du nouveau chez Dieu ! Lorsque le Seigneur passe dans une vie rien n’est plus jamais comme avant.

Il s’agit dans ce passage, de la libération imminente d’Israël de son exil à Babylone.
Etonnante la façon dont le prophète fait parler Dieu et exprimer son amour au début du chapitre : « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi.
Quand tu traverseras les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne te submergeront pas. »43. 1-2

Le texte de la liturgie de ce dimanche commence par une invitation à déplacer notre regard et notre mémoire, souvent tournés vers le passé, et à les poser sur la réalité du présent.
Il oppose le passé et le présent : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois ».

Cette opposition il l’étend à ce que l’homme a fait, ou
négligé de faire, face à tout ce que Dieu a fait, réalise actuellement et fera dans l’avenir : parce que c’est LUI qui efface les crimes et oublie les péchés, non à cause des pécheurs mais « à cause de MOI-MEME »

Tout ici est basé sur la miséricorde de Dieu et son regard sur le pécheur et ses actes.
Un Dieu qui parle : « lui qui fit une route à travers la mer, un sentier au milieu des eaux formidables, mit en campagne chars et chevaux […], ils se sont couchés pour ne plus se relever, ils s’éteignirent comme une mèche et se consumèrent . Ne vous souvenez plus d’autrefois, n’y pensez plus, ne vous attachez pas à ces souvenirs vous ne pourriez qu’en garder du ressentiment.
« Voici que je fais du nouveau , qui est en train de naître, « cela germe déjà » et appelle une croissance. v. 16-19
Voilà ce qu’il fit pour son peuple malgré toutes leurs révoltes qui ne l’arrêtent pas car il est Dieu : « c’est MOI qui efface ». Telle est sa façon d’être Dieu, il efface les crimes et ne se souvient pas.

Le chemin mis dans la mer a permis le passage et la fuite devant l’ennemi, chemin de salut.
Depuis ce passage, plus rien n’est comme avant. Bien sûr, la toute puissance de Dieu s’est révélée dans cet événement pré-pascal. Le prophète invite à vérifier les fruits du salut : regardez, voyez, v. 19. « Cette espérance doit donner des ailes aux captifs et les préparer au retour. Rentrer d’exil n’était pas une sinécure : plus de mille kilomètres à franchir, un désert à franchir… » Radermackers dans Feu Nouveau.

Si le Seigneur a déjà mis un chemin dans la mer, il fera de même dans le désert. Dans les tressaillements, l’adversité comme dans le vide le Seigneur met toujours un chemin qui nous conduit au delà, vers le neuf, la vie.

Comment comprendre ce texte ?

M-N Thabut écrit : « il faut prendre la mesure de ce qu’a été l’Exil pour ce peuple qui avait tout perdu : on pouvait réellement se demander où donc est Dieu …et tenté de se demander si Dieu ne l’avait pas abandonné »
Il avait sans doute des motifs de douter en raison de ses infidélités : « ce n’est pas moi que tu as invoqué, Jacob, car tu t’es fatigué de moi, Israël ».
Il pouvait penser que ce n’était que punition de la part de Dieu disant : « tu n’as fait que m’accabler de tes péchés ». Israël ne peut, ne doit pas s’engouffrer dans cette logique toute humaine. A ses péchés, à ses fautes, Dieu répond : « c’est MOI qui efface tes forfaits à cause de moi ». « Son pardon va permettre aux exilés de mesurer la profondeur et d’éprouver l’inouï de la miséricorde divine » Radermackers.

Le Dieu d’Isaïe est un Dieu libérateur. C’est ainsi qu’il veut être connu. Non comme une réalité inaccessible, mais comme une force qui libère. Le souvenir des agissements passés de Dieu doit nous donner pleine confiance car nous ne devons pas oublier qu’il n’est pas prisonnier du passé, et qu’il est toujours prêt à faire du neuf. Il nous est demandé de croire que Dieu s’adapte aux données toujours neuves de la réalité. Il s’adapte même au péché de l’homme qui compromet son œuvre, œuvre qu’il ne peut reprendre et ne poursuivra qu’en accordant son pardon.

Prenons conscience que Dieu suscite sans cesse une force neuve, quelque chose de nouveau peut sans cesse commencer parce qu’il est fidèle à son œuvre. Selon Isaïe, il s’agit bien d’une nouvelle création. La fidélité de Dieu demeure active même si n’avons pas pu faire de lui notre invité ou que nous avons cru qu’il suffisait de se fatiguer à lui présenter des offrandes.
Il s’agit de reconnaître le Dieu Vivant qui fait l’histoire et nous donne toujours un avenir.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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