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7e Dimanche B

22 février 2009
7ème dimanche du T.O. -B-
Is. 43-18-25 2. Cor. 1,18-22 Mc 2,1-12

En ce temps-là, Nabuchodonosor règne en Chaldée (Irak du sud). Il domine le Moyen Orient et envahit la Palestine. En 587 avant J.C., les survivants valides du second siège de Jérusalem arrivent sur leur terre d’exil. Ils découvrent le pays où il vont être contraints de demeurer… pour combien de temps !?

Le pays est merveilleux. Il est arrosé par deux fleuves. La capitale s’appelle Babylone. Les jardins et les monuments sont magnifiques. Et au milieu de tout cela, voici un temple dédié au dieu Mardouk, celui qui a triomphé du Dieu d’Israël. Comment cela a-t-il été possible ?
Le Dieu d’Israël, était-il vraiment moins capable que le dieu Mardouk ou bien les a-t-il abandonnés et pour quelle raisons ?

Les exilés vont ruminer ces questions avec des pics de haine et de honte quand ils sont témoins du culte fastueux qui se déploie pour glorifier le dieu Mardouk. Et pendant ce temps-là, le Dieu d’Israël se tait.
Les exilés sont plongés dans une nuit sans étoiles.
*
Et voilà qu’un jour, au milieu des déportés, une voix s’élève, celle d’un disciple d’Isaïe. Ce qu’il dit oriente la réflexion des exilés dans deux directions : vers le passé et vers l’avenir. Et ce qu’il dit est bon à prendre pour nous interroger sur la qualité de notre relation à Dieu.

1).Dieu dit : « Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. »
Traduction : Devant Dieu, il n’y pas de situation sans issue. Nous avons une manière de regarder notre passé qui relève de l’autodestruction. Le remords ronge notre vie et nous enferme dans une impasse. La valise de notre passé est plus ou moins lourde. Il faut la porter. La valise la plus lourde ne doit pas empêcher de regarder l’avenir.

2) Dieu dit : « Voici que je fais un monde nouveau. Il germe déjà, ne le voyez vous pas ?
Traduction : Plutôt que regarder ce que nous avons fait, il est mieux de regarder ce que Dieu fait. Le chantier qu’il est en train d’ouvrir comporte deux étapes.

a). Il met le doigt là où ça fait mal, notre péché. Le péché est un mystère. L’homme fait tellement corps avec lui qu’il ne peut le voir. C’est Dieu qui le lui révèle.
Il aurait pu dire des choses du genre : « Vous n’avez pas toujours observé le sabbat. Pour les sacrifices au temple, vous n’avez pas choisi les meilleures bêtes. Vous avez eu des distractions dans vos prières »
Ce langage nous aurait été familier. Les plus anciens parmi nous se sont souvent présentés au confessionnal avec des listes de péchés toutes prêtes à l’emploi : « J’ai manqué la messe du dimanche. Je n’ai pas fait maigre tous les vendredis. J’ai oublié ma prière ». Or Dieu ne nous parle pas de cela.
Dieu dit : « Tu ne m’as pas appelé. » Dans notre vie, nous appelons quelqu’un, quand nous sommes dans le besoin, ou pour partager quelque chose d’important. Appeler quelqu’un, c’est le faire exister. « Tu ne m’as pas appelé ». Autrement dit : « Je ne faisais pas partie de ta vie. Je n’existais pas pour toi. Ton intérêt était ailleurs. Tes relations, c’était avec tes idoles et pas avec moi. Tu n’avais rien à partager avec moi. »

Dieu dit :« Tu ne t’es pas fatigué pour moi. » Autrement dit : « Tu t’es fatigué pour beaucoup de choses mais tu pensais que moi, je n’en valais pas la peine. Tu ne m’aimais pas. J’étais pour toi comme une chose négligeable. »

Dieu dit :« Tu m’as traité comme un esclave » Autrement dit : « Je n’avais pas de prix à tes yeux. Tu m’as utilisé. Tu m’as mis à ton service et tu m’as méprisé. »

Dieu dit :« Par tes fautes, tu m’as fatigué ». Il nous arrive d’avoir à supporter tel ou tel qui nous encombre de ses maladresses à répétitions et de ses longs bavardages sans intérêt. Il nous arrive de lui dire « Tu me fatigues »
Dieu est fatigué d’avoir à côtoyer des hommes inconstants, inconsistants, satisfaits de leur médiocrité.
*
Voilà quatre expressions qui interrogent en profondeur la qualité de notre relation à Dieu. En gros, nous savons avouer des écarts dans notre vie. Ce sont des écarts par rapport à l’idée que nous nous faisons de notre vie réussie.
Mais nous avons du mal à nous reconnaître pécheurs devant Dieu. Nous sommes aveugles devant la défiguration que nous lui infligeons.

b) Quand Dieu met le doigt où ça fait mal, c’est pour sauver.
Quand un automobiliste est coincé dans sa voiture accidentée, il ne peut rien pour lui-même. Il ne peut qu’attendre l’intervention des pompiers. Ce sont des professionnels qui vont faire leur métier sans lui demander son avis. Quand, avec quelques douleurs, l’automobiliste sera désincarcéré. Il ne pourra dire qu’une chose : Merci !

Dieu dit : « Mais moi, oui moi, je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés. »
Autrement dit, le pardon n’est pas l’aboutissement d’une négociation entre Dieu et nous. Il est un don gratuit. Dieu a introduit un germe nouveau dans notre vie. Il fait passer une route dans notre désert, des fleuves dans nos sécheresses. Prendre conscience de la distance qui nous sépare de Dieu est un don de Dieu. Quand nos découvrons notre péché, nous découvrons son pardon et nous rendons grâce.

Au début de cette messe nous nous sommes reconnus pécheurs, entrons maintenant dans la prière de louange de Jésus à son Père.
Dieu dit : « Ce peuple que j’ai formé pour moi redira ma louange »

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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