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6e Dimanche de Pâques C


6ème Dimanche de Pâques P.E.

J_ ésus a annoncé plusieurs fois ce qu’on appelle sa Passion. Il lui est arrivé d’en parler comme d’un départ motivé par un travail à faire. Quel travail ? Dans la maison de son Père, il y a de nombreuses demeures. Dans chacune de ces demeures, il doit préparer la place qui convient à chacun de ses disciples.
Il est pour chacun d’eux le chemin à prendre pour trouver sa place. Quand nous serons ajustés à la place qui nous attend, il viendra nous chercher.
Comment savoir si nous sommes sur le bon chemin ? Le texte d’aujourd’hui donne une indication : « Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles. »
On peut comprendre : il ne s’égarera pas.

Quelques réflexions
* Celui qui aime désire être aimé. Sa pensée devient une parole qui dit quelque chose de ce qu’il est, de ce qui le fait vivre. Si elle le fait connaître, sa parole est aussi un appel qui n’est pas lancé dans le vide. Il s’adresse à quelqu’un dans un langage qu’il peut comprendre et il attend une réponse.
* On aime quelqu’un dans la mesure où on lui fait confiance. Avoir confiance en ‘quelqu’un rend attentif à ce qu’il dit. L‘amour rend dynamique. Celui qui est amoureux vit dans la joie et, en même temps, il vit dans la crainte de déplaire, de blesser, d’être maladroit. Aimer quelqu’un, c’est prendre en compte ce qu’il dit.
* Celui à qui Jésus s’adresse entend par ailleurs beaucoup d’autres paroles qui veulent être séduisantes. Cela a toujours été vrai mais aujourd’hui nous sommes plus que jamais inondés de paroles. Tout le monde a le moyen technique de parler à tout le monde. Il y a des paroles qui ne font que traverser notre esprit. D’autres retiennent notre attention un instant et on passe à autre chose. Mais d’autres rejoignent en nous des vraies questions que nous n’avions pas encore formulées.

Un vieux monsieur qui allait à la messe tous les dimanches m’a dit un jour ceci :
"Quand, à l’église, j’entends un sermon, habituellement je dors. Mais un jour, j’ai en-tendu un prédicateur dire que le jeune homme qui épouse une femme qui a bon caractère a la plus grande chance de sa vie. Je me suis dis : Allons-y".
Ce jour-là, il a entendu quelque chose qui rejoignait obscurément son vécu et il a décidé de fonder une famille. Évidemment, le prédicateur n’a rien su de l’effet pro-duit par sa parole.
Les prédicateurs peuvent se faire beaucoup d’illusions sur la fécondité de leur art oratoire. Il peut arriver aussi qu’une de leurs paroles produise un déclic.

* Nous sommes toujours comme au temps où Jésus, venant de fermer son atelier de Nazareth, entreprit de parcourir la Galilée. On disait de cette Galilée qu’elle était le carrefour des nations. Parcourue par des armées aux uniformes les plus variés, par des commerçants venus de partout qui véhiculaient des marchandises et des informations, elle était devenue un lieu où se télescopaient les idées les plus diverses.
Jésus a glissé sa parole parmi toutes les autres. Elle a creusé son sillon. Sommes-nous attentifs à sa parole ?
.« Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole. »
* Pour que la Parole de Dieu donne du fruit en nous et par nous, il faut l’accueillir. Il ne s’agit pas de la répéter partout. Il faut la ruminer. Sa richesse se laisse découvrir dans le déroulement du temps. Pour qu’elle transforme notre vie, il faut de la patience et de l’endurance. Il faut vivre avec et introduire à l’occasion ce qu’elle nous inspire dans toutes les situations que nous sommes amenés à traverser, dans les divers en-droits où notre vie nous conduit.

Le 1er décembre prochain, ce sera le centième anniversaire de la mort de Charles de Foucauld dans le sud algérien. A l’adolescence, il a quitté l’Eglise. Devenu militaire de carrière il construit sa vie sur trois piliers : la charcuterie, la pâtisserie et la bagatelle. Très riche, il organisait des fêtes pour ses camarades et s’y ennuyait. A 28 ans, il retrouve la foi de son enfance.
Un jour, lui aussi a retenu une parole dans un sermon : « Jésus a tellement pris la dernière place que personne ne pourra la lui ravir. » (Abbé Huvelin). Fatigué de la richesse qui tourne dans le vide, il entreprend de partager la vie des pauvres. il se fait moine. D’un monastère à l’autre, ici et ailleurs, il cherchera sa place dans l’Eglise. Il lui faudra 18 ans pour la trouver au milieu des Touaregs avant d’être tué stupidement à Tamanrasset, le 1er décembre 1916.

* Nous parlons au Seigneur. Spontanément, nous attendons de lui qu’il nous dise ce que nous avons envie d’entendre alors que lui, il attend que nous devenions tels qu’il nous veut. Pour l’écouter, il faut l’aimer. Pour l’aimer, il faut garder sa parole. C’est un vrai chantier.

* Garder la Parole ne nous demande pas de jouer un rôle ou de faire ce que font les autres. Si nous avons un tempérament fort et entreprenant, on peut avoir envie de dire à Dieu : « Voilà ce que je vais faire pour vous parce que c’est de cela que vous avez besoin. » Plus modestement, on peut laisser à Dieu le soin de gouverner le monde en faisant, pour notre part, simplement ce qu’il attend de nous.

Ps 66
Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse !
Que son visage s’illumine pour nous !
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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