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6e Dimanche de Pâques B

6ème dimanche de Pâques -B-

Actes 10,25-48 1Jean 4,7-10 Jean 15, 9-17

Le texte de l’évangile de Jean lu ce matin suit immédiatement le texte lu dimanche dernier. Nous sommes toujours à quelques heures de l’arrestation de Jésus. Il y a beaucoup de verbes dans ce texte. Le verbe aimer s’impose ; on le trouve trois fois.

Une première fois, dès le début du texte : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.. » Que Jésus soit aimé de son Père, c’est évident. Qu’on se souvienne du baptême : « Tu es mon fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie. » (Mc 1, 11) et de la Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le. » (Mc 9,8)

Aimer, c’est quoi ? Dans notre monde, il y a plusieurs manières d’aimer quelqu’un.
- On peut l’aimer à cause du plaisir qu’il nous donne. A la limite, l’être aimé devient un objet. On peut l’aimer aussi à cause des avantages que sa situation dans la société peut éventuellement nous procurer. Tout amour conduit au dévouement, mais être dé-voué à une personne peut être un calcul. En retour des services rendus, on espère, une promotion, une décoration, un avancement. C’est ce que font les essaims de courtisans dans tous les lieux de pouvoir.
- On peut aussi aimer quelqu’un de manière désintéressée. C’est ce que font les parents à l’égard de leurs enfants. Ils s’intéressent à ce qu’ils font. Dans la mesure du possible, ils leur facilitent les choses. Aimer quelqu’un c’est l’accompagner pour le faire grandir surtout dans les moments difficiles.

Quand Dieu le Père a envoyé son Fils sur la terre, on ne peut pas dire qu’il lui a facilité les choses. On sait les conditions de sa naissance, son exil en Egypte, son ni-veau de vie à Nazareth, ses relations difficiles avec les autorités religieuses du pays. L’amour de Dieu le Père pour son Fils ne lui a pas apporté que du plaisir.
Alors, comment le Père a-t-il aimé Jésus ? Cette question nous fait entrer dans le mystère de leurs relations. Quand le Fils est devenu homme parmi les hommes, il n’a rien perdu de sa divinité. De toute éternité, le Père a tout donné à son Fils. Le Fils a tout reçu de son Père…. En vue d’un projet !
A la suite des témoins qui ont préparé sa venue, Dieu le Père a donné à son Fils de voir ce qu’il fallait faire et de dire ce qu’il fallait dire dans les situations qu’il a affrontées. Il lui a donné la force d’être pleinement homme en étant pleinement Dieu.
Il lui a donné la force d’introduire le germe d’une humanité nouvelle dans un monde où les violences, les mensonges et les compromissions se perpétuent de générations en générations.
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Le deuxième verbe aimer est au milieu du texte : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Comment le Christ a-t-il aimé ses apôtres ? Comment nous aime-t-il ?
Il aime les hommes de la manière dont il a été lui-même aimé. A la suite des apôtres, nous n’avons pas à attendre une vie facile mais une vie féconde, féconde parce que nous sommes appelés, à participer au projet de Dieu : réconcilier Dieu et l’humanité.
Et donc, il nous aime en nous donnant la force de dire et de faire ce qui construit un monde nouveau.
Le troisième verbe aimer se retrouve à la fin du texte : « Voici ce que je vous com-mande : c’est de vous aimer les uns les autres. »
S’aimer les uns les autres n’est pas une option. C’est une obligation.
L’Eglise n’est pas un club où les membres se sélectionnent. Le baptisé ne choisit pas avec qui il va faire Eglise. Les premiers chrétiens ont eu du mal à accepter Paul dans leur communauté. Les premiers Juifs convertis ont eu du mal à accepter les païens.
Jésus nous demande d’avoir des relations vraies. Que nos paroles et nos gestes soient constructifs. Que Jésus, par nos paroles et nos gestes, continue son œuvre.
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Il est évident que la mise en œuvre du projet de Dieu nous dépasse. D’autres verbes dans le texte sont comme des étoiles qui scintillent autour de ce verbe aimer.
Demeurer, Garder, Donner.
- « Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements vous demeurerez dans mon amour. » Quoi qu’il lui soit arrivé, Jésus a demeuré dans l’amour de son Père. A nous d’essayer d’en faire autant. Ne rêvons pas. Il n’y a que Dieu qui puisse faire en nous le travail de Dieu. Notre premier souci doit être de rester uni à Dieu par la prière et les sacrements.
.- « Gardez ses commandements. » Ils sont comme des repères qui balisent la route.
Seuls, ses commandements permettent de demeurer dans l’amour.
. - Donner sa vie. On peut penser aux martyrs d’autrefois et d’aujourd’hui. Donner sa vie se fait tous les jours. Il s’agit quelquefois de donner ce qu’on nous prend : un peu de notre argent pour aider ici ou là ; un peu de notre temps. Accepter d’être dérangé de faire autre chose que ce qu’on avait prévu, c’est quelquefois agaçant.

Un dernier verbe à ne pas oublier :
Choisir. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez et portiez du fruit. »
Pourquoi nous a-t-il choisis ? C’est son secret. Il nous a pris comme nous sommes. A partir de là, il nous façonne, sans se décourager, sans nous décourager pour que nous puissions donner les fruits qu’il attend de nous. Jésus nous a choisis pour construire un monde neuf avec nos qualités et nos insuffisances.
Est-ce que cela nous déprime ou nous donne du tonus ?

Prière après la communion : Dieu tout-puissant, dans la Résurrection du Christ tu nous recrées pour la vie éternelle ; multiplie en nous les fruits du sacrement pascal ; fais nous prendre des forces neuves à cette nourriture qui apporte le salut.

.D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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