Accueil > Prier avec nous > Homelies > 6e Dimanche A - 16 février 2014

 

6e Dimanche A - 16 février 2014

Sir. 15, 15-20 1 Corinthiens 2, 6-10 Mt 5, 17-37

Ben Sirac était maître de Sagesse à Jérusalem. Entre 200 et 175 avant J.C., il ras-sembla l’essentiel de son enseignement dans un livre écrit en hébreu. Un demisiècle plus tard, à Alexandrie, son petit fils traduit en grec le livre du grand-père.
Il s’agit pour lui de transmettre la valeur de la Loi révélée à Moïse aux jeunes générations juives résidant en Égypte. Elles sont séduites par les idoles de la culture grecque. Connaître la Loi de Moïse leur permettra de prendre les bonnes décisions dans le marché de toutes les idées qui circulent. Ben Sirac affirme donc clairement la liberté de l’homme et sa responsabilité : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. »

Dans notre société, il y a autant de lois que de problèmes. Le but, dit-on, est d’accompagner, d’enregistrer les changements de mentalité. Les uns ne savent pas où ces changements vont les conduire, les autres le savent très bien sans le dire.
C’est du temps perdu d’essayer de trouver un compromis entre le bien et le mal. Les plus clairvoyants essaient de discerner ce qui est bien dans le marché des pro-positions d’où qu’elles viennent.

Comme au temps de Ben Sirac, le repère, qui reste premier pour les baptisés, est la Parole de Dieu qu’on trouve dans la Bible. Mais quand on parcourt ce livre on dé-couve des lois qui vont dans tous les sens. A certaines pages, on lit par exemple que Dieu demande d’exterminer tous les ennemis (1 Samuel, 15) et, à d’autres pages, il est demandé de tendre une joue quand l’autre a été frappée. (Mt 5, 39)

Quand Dieu entreprend d’éduquer son peuple, il le prend dans l’état où il est, rustre et mal dégrossi. Au fil des siècles, les exigences affinent l’humanité jusqu’à faire apparaître Jésus, un homme parfaitement équilibré dans sa relation avec Dieu et avec les hommes.

Notre société polluée, par l’omniprésence de l’argent, devient de plus en plus inhumaine. C’est une invitation pour l’Église à reprendre les choses par le commence-ment : prendre l’humanité comme elle est et y introduire avec persévérance quelques semences d’évangile. Cela demandera sans doute quelques générations et cela demande aussi que les chrétiens soient chrétiens ou tout au moins essaient de l’être en s’entraidant les uns les autres.

_« Si tu le veux ! » Est-on en capacité de vouloir ? Qui peut dire qu’il n’est pas influencé par le matraquage de tout ce qui est raconté par les canaux d’informations les plus divers ? Il est difficile de vouloir de manière personnelle dans une société qui veut s’aligner sur les idées à la mode et imposer la manière de se comporter dans le monde actuel.

Ces temps-ci, on veut légaliser la libre disposition de son corps et du corps des autres. Les adolescentes doivent pouvoir avorter sans difficulté quitte à se trouver plongées dans une autre détresse dont on ne parle pas. Aux garçons qui deviennent des jeunes papas, on ne parle que de préservatif. Serait-ce tout ce qu’ils ont à en-tendre ? Ils se trouvent confortés dans un sentiment d’irresponsabilité qui va se diffuser dans tous les secteurs de leur existence. Finalement le peuple risque de de-venir un peuple d’adolescents prolongés, manipulés par la Propagande.

La volonté, c’est autre chose que le caprice. « Si tu le veux. » Cette invitation con-cerne les adultes. J’ai le souvenir d’une conversation avec un adolescent. Il me disait qu’il passait tout son temps libre avec les copains à discuter de tout et de rien. Naïvement, je lui ai demandé qui était le chef de la bande. Il m’a répondu : « Il n’y en a pas. » Je lui ai affirmé le contraire. Le pouvoir ne reste jamais sans quelqu’un qui le prenne. « Il y a forcément dans ton groupe l’un ou l’autre qui influence la décision des autres. Essaie de le découvrir. C’est peut-être toi !
Tu commenceras à devenir adulte le jour où tu seras capable de dire au groupe : Pour ceci (ou cela), je vais (ou je ne vais pas) avec vous. Ou bien : « Je vais ici ou là. Venez-vous avec moi ? Non ? Eh bien j’y vais tout seul. »

Vouloir suppose un projet. Le choix du projet dépend des dispositions de la personne, de ses goûts. Imposer un objectif peut provoquer des blocages. Au départ le projet peut être flou. Les succès et les échecs donneront des indications sur les routes qu’il est possible de prendre. A propos d’éducation, un proverbe indien dit ceci : « Tant qu’ils sont petits donne-leur des racines ; quand ils sont grands donne-leur des ailes. »

On peut noter dans l’évangile une parole qui revient comme un refrain : « Vous avez appris… Il vous a été dit… Et moi, je vous dis ; »
On reproche aux cathos d’être des hommes du passé. Pas de chance ! Jésus n’est pas un homme du passé. Il est toujours vivant ! C’est en se mettant à son écoute et à sa suite que les baptisés trouveront les sentiers qu’il faut parcourir pour permettre à l’humanité de redevenir plus humaine.
Tout le monde parle de valeurs. Quelle est la source de ces valeurs ? Quelle est la qualité de notre relation personnelle avec Jésus ? Prenons-nous nos décisions avec lui ?
D. Boëton
Ps 118
Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres :
A les garder, j’aurai ma récompense.
Montre-moi comment garder ta Loi
que je l’observe de tout cœur.

.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

Abbaye du Port du Salut - 53260 Entrammes | tél : (33) 02 43 64 18 64 - fax : (33) 02 43 64 18 63

 
>>>>