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6e Dimanche A

6ème dimanche du T.O. - A-

La vie d’un groupe, si petit soit-il, n’est pas possible, si chacun entend faire ce qu’il veut, quand il veut. C’est vrai pour un couple, une famille, un groupe de travail, une association, une nation. Il n’y a pas de vie de groupe sans Loi.
La Loi interdit, permet et oblige. Chaque individu a le réflexe de retenir ce qui l’arrange et de mettre en sourdine ce qui le gêne. Il arrive que la Loi soit perçue comme un carcan qui paralyse nos imaginations parfois débridées. Chacun est exigeant pour les autres et tolérant pour lui-même. Il arrive que détourner la Loi devienne un sport national. Or la Loi a d’abord pour objectif de construire une vie ensemble aussi harmonieuse que possible. Chaque pays a son histoire, sa culture et ses repères. Les dérives étant naturelles, revenir aux sources est un exercice que chaque société pratique depuis toujours.

Au 2ème s. avant Jésus Christ, les communautés juives installées en Egypte avaient pour repère évident la Loi de Moïse mais, plongées dans une culture païenne, elles se laissaient influencer et parfois séduire par le comportement des Egyptiens. Elles risquaient d’oublier l’originalité de leur foi juive.
Un petit-fils de Ben Sira, (un sage de Jérusalem), sentit le danger et traduisit en grec, (la langue couramment parlée à l’époque), un texte que son grand-père avait écrit en hébreu. Dans ce texte, il rappelle la chance pour les Juifs vivant en Egypte d’avoir comme point d’appui la Loi de Dieu, une chance qui se traduit par des exigences.
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Dieu a un projet d’Alliance : accueillir toute l’humanité dans sa divinité. Etant hors du temps, il ne change pas d’avis chaque matin mais il est obligé de tenir compte de la capacité de l’humanité, à tel moment de son histoire, de répondre à son projet.
Une maman interdit à sa petite fille de toucher aux ciseaux. Quelques années plus tard, elle voudra absolument lui apprendre à s’en servir.

Dans la liturgie d’aujourd’hui, Ben Sira parle des commandements. Jésus parle de la Loi et Paul de la Sagesse.

Regard sur Ben Sira.
Il est encourageant : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. » Observer les commandements n’est pas toujours facile mais c’est possible. La loi de Moïse devait être un chemin pour entrer en relation d’amour avec Dieu. En fait, elle a été au nœud des conflits perpétuels entre Dieu et son peuple. S’engager à l’observer, s’en écarter, l’interpréter en la desséchant, l’oublier et la redécouvrir, c’est l’histoire du peuple de Dieu… et la nôtre !
« Les regards du Seigneur sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. » Il est souvent question de la crainte dans la Bible. En restant au niveau de la sécheresse des mots de la Loi, craindre, c’est vivre dans la peur d’être puni. Mais il y a aussi la crainte de déplaire. C’est le comportement des amoureux. Les regards du Seigneur sont tournés vers ceux qui le craignent, vers ceux qui ont le souci de lui plaire.

Regard sur l’Evangile de Matthieu
Après l’appel des premiers disciples, la proclamation des Béatitudes, les réflexions sur le sel et la lumière, Matthieu nous présente des éléments d’un discours de Jésus. Le texte s’adresse à une communauté composée à la fois de chrétiens venant du paganisme et de chrétiens d’origine juive. Il faut répondre à une double exigence :
* Empêcher les chrétiens issus du paganisme de déprécier la Loi.
* Renouveler le regard sur la Loi des Juifs convertis. Elle a été une étape nécessaire mais il faut dépasser l’interprétation des scribes et des pharisiens. Quand des hommes compétents rédigent une Loi, ils sont tentés de se protéger contre les exigences qui les dérangent. Interpréter une Loi, c’est une manière d’exercer un pouvoir.

« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir. » Seul Dieu peut exprimer sans arrière-pensée sa Loi. Seul Jésus est capable de saisir le sens de ses exigences et de les vivre à la perfection.
Il a parfaitement accompli la Loi du début à la fin de sa vie. Les Béatitudes, c’est la Loi vécue par Jésus. La Loi, vécue comme Jésus l’a vécue, nous conduit au bonheur.
Mais nous, nous sommes toujours en train de marchander. Il y a en nous des forces contraires. Certaines nous poussent à respecter la Loi et d’autres à s’en libérer. Nous vivons le combat qu’a vécu le peuple de Dieu. La Loi en nous sera accomplie le jour où notre vie sera telle que Jésus l’a voulue.
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Regard sur la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens
- Paul évoque la Sagesse du monde. Elle développe l’égoïsme de chacun. Ses armes sont la calomnie, la médisance, les combines, les trafics d’influence, l’achat de complices. Tous ces éléments, se trouvent dans le déroulement de la Passion de Jésus.
Les chrétiens de Corinthe étaient divisés en coteries. Ils se disaient disciples de tel ou tel leader. Lequel va s’imposer à l’autre ? Lequel va neutraliser l’autre ? La Sagesse du monde organise la désorganisation de la société.
- La Sagesse de Dieu consiste à construire des ponts et pas des murs. Elle veut (selon l’expression de Paul VI) le développement de tout homme et de tout l’homme, c’est à dire le passage pour tout homme d’une situation moins humaine à une situation plus humaine.
« Heureux les hommes intègres dans leurs voies,
qui marchent selon la Loi du Seigneur. » Ps 118
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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