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5e Dimanche de Pâques B

6 mai 2012

5ème Dimanche de Pâques -B-

Dans sa 1ère lettre, St Jean vient de dire : « Si quelqu’un possède les biens de ce mon-de et voit son frère dans le besoin, et qu’il se ferme à toute compassion, comment l’a-mour de Dieu demeurerait-il en lui ? »
Et il conclut (c’est le texte d’aujourd’hui) : « Nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. »
Ce n’est qu’une coïncidence mais c’en est une. Pendant ces derniers mois, nous avons eu les oreilles saturées de paroles et de discours de la part de toutes sortes de gens qui nous veulent beaucoup de bien. Et il se trouve qu’aujourd’hui, en réponse à toutes ces paroles et à tous ces discours, 40 millions de citoyens doivent poser un acte sans pa-roles.
Dans tout bureau de vote, il y a un président et deux assesseurs. Un assesseur dit un numéro. Un autre dit le nom correspondant au numéro. Le Président dit « Peut vo-ter » et puis il dit « A voté ! » Le citoyen, lui, a déposé une enveloppe dans l’urne, apposé une signature sans dire une parole.
C’est ainsi que la Loi a prévu le rituel de l’élection.

« Nous devons aimer (…) par des actes et en vérité. » Déposer une enveloppe dans une urne, un jour d’élection, est comme on dit « un acte citoyen ». Peut-il être un acte d’amour et de vérité ? Question étrange !
Après tant d’exposés sur ce que nous vivons et ce que nous allons vivre, après une si longue préparation, une si longue mise en condition, ce geste ne peut pas être un geste vide de sens, vide de conséquences, vide d’avenir.
Voter est un acte humain. Il peut donc exprimer toutes sortes de sentiments.

Il peut être habité par l’évidence, le doute, l’hésitation, la résignation.
Il peut être habité par la conviction de faire Bien ou de choisir le moindre Mal.
Il peut manifester la répulsion ou l’adhésion, la haine ou l’amour.
L’amour de qui, de quoi ?

En prenant les choses par le commencement, on peut dire qu’au seuil de l’amour, il y a le respect.
Voter, c’est se respecter soi même. C’est prendre en compte le fait que nous vivons quelque part, dans un monde qui est ce qu’il est. En votant, le citoyen assume sa mi-nime part de responsabilité dans l’histoire de son pays.
Voter, c’est faire un choix en voulant respecter le choix des autres. C’est contribuer à la mise en route d’un avenir commun… ce qui conduit à un autre aspect de l’amour, la solidarité.
Voter, c’est ouvrir un chemin vers un avenir que chacun veut meilleur, un avenir qui profitera, non pas à quelques privilégiés, mais à l’ensemble de la nation.

Le vote peut aussi être habité par l’égoïsme, la peur, l’amour de soi. Dans ce cas, on veut avant tout protéger ses biens, ses avantages acquis, son mode de vie.
On peut voter aussi par amour des enfants, ce qui veut dire pour le bien des généra-tions à venir.
On peut voter par amour de son pays : on l’aime en l’enfermant dans son cocon, en le voulant supérieur aux autres ou partenaire des autres.

« Aimer par des actes et en vérité ». Pourquoi tous les actes de notre vie seraient-ils passés au crible de l’amour et de la vérité, sauf celui-là ?
*
En fait, nous ne votons pas tous les jours mais tous les jours nous faisons des choix.
L’acte de voter, qui est donc un acte silencieux, nous renvoie, dans notre vie, à tous les gestes silencieux qui finalement meublent la plus grande partie de nos journées. Nous ne sommes pas tout le temps en train de parler.

« Aimer par des actes et en vérité », nous invite à regarder toutes ces choses que nous faisons parce qu’il faut qu’elles soient faites et qu’elles soient faites convena-blement : le ménage, la vaisselle et les courses, les obligations de toutes les activités professionnelles, que l’on manie la pelle, le stylo ou le clavier d’un ordinateur, sans oublier l’élève qui apprend ses leçons.
*
St Jean continue : « En agissant ainsi, (en aimant par des actes et en vérité) nous recon-naîtrons que nous appartenons à la vérité…. »
Quand il y a accord entre ce que nous sommes et ce que nous faisons, nous pouvons dire que nous avons une vie harmonieuse. Tout acte de charité, accompli par qui-conque, est le fruit d’une vérité intérieure.

St Jean tire la conclusion :
« … et devant Dieu, nous aurons le cœur en paix ; notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît toutes choses. »
Aujourd’hui, quand nous avons fait ce que nous pensons devoir faire, nous ne disons pas que nous avons le cœur en paix, nous disons que nous avons la conscience tran-quille.
Nous savons bien qu’aucune décision n’est parfaite. Toute décision comporte des a-vantages et des inconvénients. Le monde étant ce qu’il est, la recherche du Bien n’est jamais finie et il est malsain de passer son temps à se lamenter ou à se culpabiliser.

Celui qui se veut concrètement au service des autres ne se laisse pas décourager par ses imperfections ni par les contorsions du monde. Il avance, comme il peut, avec ce qu’il est.
Un évêque des premiers siècles disait déjà : Il est quand même mieux d’aller en claudiquant dans la bonne direction que de galoper avec entrain vers la catastrophe.

D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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