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5e Dimanche de Pâques

10 mai 2009

5ème Dimanche de Pâques -B-

Après avoir suivi les premiers pas de l’Eglise avec les Apôtres Pierre et Jean, la liturgie nous fait rencontrer Paul. Dans le texte des Actes des Apôtres, lu aujourd’hui, il se trouve dans une situation humiliante.
Converti, il est arrivé à Jérusalem pour entrer dans le groupe des disciples mais on lui ferme la porte au nez.
En découvrant ce que le livre des Actes dit de saint Paul et ce qu’il dit de lui-même quand il parle de sa vie avant sa conversion, on comprend la réaction des chrétiens de Jérusalem
*
Tout a commencé avec la lapidation du diacre Etienne. Elle a été comme le déclencheur d’une persécution. Tous les chrétiens, sauf les apôtres, se dispersent. Saul, le pharisien intransigeant, plus connu sous le nom de Paul, a tout de suite flairé le danger que représentait la nouvelle secte qui cultivait la mémoire de Jésus. Il fut un persécuteur actif et méthodique.

Et donc que dit-on de Saul ? « Il ravageait l’Eglise. Il pénétrait dans les maisons, en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. » (Actes 8, 3)

« Ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur, il alla demander au grand prêtre des lettres pour les synagogues de Damas. S’il trouvait là des adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amènerait enchaînés à Jérusalem. » Act 9 1-2

Ce que Saul dit de lui-même : Un jour, il doit se défendre devant les Juifs de Jérusalem qui veulent sa mort après sa conversion :
« C’est ici, dans cette ville à Jérusalem, que j’ai reçu aux pieds de Gamaliel une formation stricte à la loi de nos pères. J’étais un partisan farouche de Dieu, persécutant à mort cette Voie, j’ai fait enchaîner et jeter en prison des hommes et des femmes. (Actes 22, 1-5)

Un autre jour, il est en prière dans le Temple, le Seigneur lui demande de quitter Jérusalem. Voilà sa réaction : « (Les juifs) savent bien que c’est moi qui allais dans les synagogues pour faire mettre en prison et battre de verges ceux qui croient en toi. Et lorsque le sang d’Etienne, ton témoin, a été répandu, moi aussi j’étais là, j’approuvais ses meurtriers et je gardais leurs vêtements. » (Act. 22,17-21)

Devant le roi Agrippa, de passage à Césarée : « . Pour ma part j’avais cru devoir combattre par tous les moyens le nom de Jésus, le Nazôréen . Et c’est ce que j’ai fait à Jérusalem. J’ai en personne incarcéré un grand nombre des saints en vertu des pouvoirs que je tenais des grands prêtres. J’ai apporté mon suffrage quand on les mettait à mort. Parcourant toutes les synagogues, je multipliais mes sévices à leur égard pour les forcer à blasphémer et, au comble de ma rage, je les poursuivais jusque dans les villes étrangères.(Actes 26, 9)
Dans sa lettre aux Galates : « Vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme : avec quelle frénésie je persécutais l’Eglise de Dieu et je cherchais à la détruire. (Gal 1,13)

La rage, la frénésie, la technique en toute légalité. Voilà l’homme qui cherche à entrer dans le groupe des chrétiens de Jérusalem où peuvent se trouver quelques unes de ses victimes. On comprend leur réaction : « Tous avaient peur de lui car ils ne pouvaient pas croire que lui aussi était un disciple du Christ.. »
Après avoir frappé en vain à beaucoup de portes, Paul rencontre Barnabé qui témoigne en sa faveur. Argument de Barnabé : Paul a vu Jésus ressuscité qui lui a parlé. Après quoi, il a annoncé la résurrection de Jésus dans la ville qu’il voulait purger de ses disciples.
Après s’être heurté aux disciples de Jésus, Paul sera poursuivi par les juifs qui le considèrent désormais comme un traître qu’il faut supprimer. Les disciples de Jérusalem vont le prendre sous leur protection.

Remarques 1). Un chrétien qui s’isole ou se trouve isolé, est un chrétien qui s’écroule. On ne peut pas être missionnaire sans être relié à une communauté de foi. Il ne faut pas que la parole dite soit seulement la parole d’un individu mais la parole de l’Eglise. Destiné à évangéliser les nations, Paul cherchait donc à entrer dans le groupe des disciples de Jérusalem. Il a eu du mal.
On ne peut être chrétien tout seul mais il est parfois difficile de se faire accepter par les autres chrétiens.
2). « Ils ne pouvaient pas croire » . Au mieux, ils auraient bien voulu mais ils ne pouvaient pas. Il dut y avoir des tensions entre Barnabé et les chrétiens de Jérusalem. Finalement, Barnabé a réussi à introduire Paul. On lui a fait confiance. Le même Esprit qui a travaillé le cœur de Paul a travaillé aussi le cœur des disciples de Jérusalem.

Quand on arrive quelque part, ou bien personne ne vous connaît et personne ne s’intéresse à vous, ou bien on est précédé par une bonne ou une mauvaise réputation. L’accueil dans une communauté de foi est toujours difficile. Il faut trouver la personne qui vous ouvrira la porte.

_Aujourd’hui encore, nous avons du mal à croire au travail de l’Esprit dans le cœur de ceux qui frappent à la porte de nos églises. Forcément, ils dérangent.
« Il faut harmoniser l’élan de la nouveauté avec l’expérience des longues fidélités ».

3). L’évangile donne le mot de la fin : « Ce qui fait la gloire de mon Père c’est que vous donniez beaucoup de fruit. » Avant de donner du fruit, il faut accepter d’avoir été le fruit des générations qui nous ont précédés.
Paul, renversé par Jésus ressuscité, est aussi le fruit de la communauté qui l’a accueilli. L’accouchement a été difficile. Les fruits ont été nombreux.
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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