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5e Dimanche de Carême A

5ème Dimanche de Carême –A-

Nous connaissons ou nous entendons parler de personnes qui vivent dans des conditions misérables. Certaines ont envie d’en sortir et acceptent qu’on les aide. Elles participent à leur remise à flot. D’autres veulent absolument rester comme elles sont. Elles n’imaginent plus vivre ailleurs, autrement.

On trouve des exemples de ces comportements dans l’histoire des tribus de Juda et de Lévi qui vivaient autour de Jérusalem. En 597 av. J.C., le pays a été occupé par les troupes de Nabuchodonosor et la population déportée à Babylone. Pour les exilés, l’analyse de la situation est simple. Ou bien Mardouk, le dieu des Babyloniens, a vaincu le Dieu de l’Alliance (qui donc n’est plus crédible), ou bien Dieu, écœuré par les multiples infidélités de son peuple l’a abandonné et oublié.

Il se passe toujours autre chose au Moyen-Orient ! Une nouvelle puissance émerge, la Perse (Iran actuel). Cyrus, le roi, s’empare de Babylone (Irak du sud) en 539 av. J.C. Un frisson d’espérance parcourt le peuple de Dieu. Un prêtre du temple de Jérusalem, Ezékiel, exilé parmi les exilés, sent que le vent tourne : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir, ô mon peuple. »

De fait, dès l’année suivante, (- 538), le roi Cyrus, autorise tous les peuples déportés à rentrer chez eux. Cette décision concernait aussi les Juifs. Tous étaient habités par u-ne même conviction : ils n’avaient aucune capacité pour sortir par eux-mêmes de leur situation d’exilés mais certains avaient gardé au cœur une certitude : Dieu étant Dieu, il se devait de faire quelque chose pour libérer son peuple. Ceux-là n’hésitèrent pas. Dès qu’ils purent, ils prirent le chemin du retour.

Les autres, ayant pris acte de la défaite de Dieu, avaient, dans leur cœur, quitté le peuple de l’Alliance ou tout simplement oublié leur identité de Juifs en exil. Au fil du temps, ils avaient adopté les croyances des vainqueurs et participé à leur culte. Ils décidèrent de rester préférant la tranquillité, la sécurité de leur tombeau aux risques d’une nouvelle vie.
Dans les pires situations, il y a toujours ceux qui se battent et ceux qui se résignent.

Aujourd’hui comme autrefois, il y a dans le cœur de l’homme, une grande capacité d’espérance et de désespérance.
- Il y a des élèves, issus de milieux défavorisés, qui travaillent beaucoup et d’autres qui décrochent. Ils sont démotivés.
- A côté des chômeurs qui s’épuisent dans la recherche du travail, il y a ceux qui, tombés dans la misère, n’imaginent plus une autre vie.
- Notre pays traverse des moments difficiles. Une élection est une occasion offerte à chacun pour dire, à la face du pouvoir, qu’il existe. Il y a ceux qui expriment leur espérance ou leur mécontentement en mettant un petit papier dans une urne et il y a ceux qui, par leur abstention, disent leur démotivation, leur abandon. Atteints peut-être par le dégoût, ils n’ont plus la force de vouloir quelque chose.
- Il y a des baptisés qui partagent les difficultés de tout le monde. Ils continuent de croire que Dieu les accompagne. Et il y a des baptisés qui ont renié leur identité de chrétiens ou qui tout simplement l’ont oubliée. Ils se coulent dans le monde qui les entoure.

Un mort n’a plus la force de vouloir quoi que ce soit. Il n’a pas les moyens de sortir de son tombeau. Les Juifs à Babylone étaient dans cette situation. Un non-juif a été l’instrument de Dieu pour les libérer et les lancer dans une vie nouvelle.

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Dans l’évangile de Jean, Jésus est devant une grotte fermée par une pierre, la tombe où repose son ami, Lazare. Il demande qu’on roule la pierre. Quelqu’un (anonyme) la déplace. Jésus n’intervient que par la parole. Il s’adresse d’abord à son Père pour rendre grâce et pour souligner qu’il n’agit pas de sa propre initiative. Il est seulement mais totalement l’Envoyé du Père. Puis il s’adresse à celui qui est dans le tombeau en l’appelant par son nom : « Lazare, viens dehors »
Le mort fit les premiers pas ; il sortit les pieds et les mains attachés. Jésus dit « Dé-liez-le et laissez-le aller. » L’histoire ne dit pas ce que Lazare a fait de sa liberté retrouvée.
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Il appartient à Jésus et à Jésus seul de redonner la vie à ceux qui l’ont perdue.
Sur son invitation, il nous appartient d’enlever la pierre, de débloquer telle ou telle démotivation, de libérer tel ou tel qui se trouve enfermé dans une situation sans issue.
- Il se peut que la pierre qui l’enferme soit très lourde.
- Il se peut qu’on se demande s’il est utile de faire ce travail, la décomposition de la vie étant si avancée.
- Il se peut aussi qu’une parole soit perçue par le mort comme une invitation à faire un premier pas. Personne ne le fera à sa place. Le premier pas ayant été fait, il faut achever le travail : enlever les bandelettes qui paralysent. Et ensuite ! ?
Ceux qui ont participé à la libération ne deviennent pas propriétaires de la personne libérée. Ils l’accueillent et l’accompagnent sur la route nouvelle ouverte devant lui..
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Paul écrit aux Romains devenus chrétiens : « Vous êtes sous l’emprise de l’Esprit. » Vivre conduits par l’Esprit, voilà ce qui doit être notre souci. Cela veut dire : rendre grâces d’abord et ensuite … Que le Seigneur ouvre nos lèvres ! Qu’il guide nos paroles !
D. Boëton

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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